William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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Mais pr^cisement je consid^re que cette contagiosity est loin de don-
ner les r^sultats qu'on lui attribue.

Le rdle de la contagion, dans certaines conditions, ne me paraitpas
contestable ; mais il ne faut pas imaginer que ses effets soient pris sup
le fait k tout instant et m6me commun^ment, comme pour la variole,
par exemple.

Je connais tons les faits merveilleux sur la contagiosity puerperale.
11 me parait difficile de les rejeter, mais plus difficile de les interpre-
ter, qu'on ne Pa dit; ils ont ete souvent pr^sentes d'une manieretrSs-
habile, avec de faciles deductions, avec des chifFres group^s de fagon
a attirer la conviction. Beaucoup d'auteurs en ont ^i& emus. Ceux,



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596 M6M0IRES ORIGINAUX.

surtout, qui ont 6tudi6 la[66vre puerp^rale, sans en voir que peu ou

point, y ont puis6 des convictions in^branlables.

Je trouve le-cas plus difficile; car, quiconque a passe dans les ma-
ternit^s, a suivi les accouchements, vivant en quelque sorte au nciilieu
des ^pid^mies, a dH [6tre frapp^ des fails n^gatifs, dont on ne park
jamais, et Ton pourrait, h ce sujet, rapporter des histoires aussi cu-
rieuses que celles auxquelles je faisais allusion.

Pour ma part, j'ai tenu registre, dans une maternity, de tous les
incidents propres h favoriser la contagion, et, pendant une ann^e, j'ai
recueilli surtout des faits n^gatifs. Qu'on me permette de citer, entre
autres, le fait suivant recueilli en 1867 k la maternity de Cochin.

Un jour de mardi-gras, deux infirmiferes eurent I'id^e singuli^re de
sed^guiser en homme, pour simuler la visite dans les salles; elles
prirent pour v^tements les habits que le chef de service et rinterne
destinaient aux autopsies. A cette ^poque, il 6tait de rfegle, k la ma-
ternity cit^e, de ne jamais aller k Tamphith^Atre avec les habits de
visite.

Pr^cisement parce qu'on portait k I'amphith^&tre des habits sp6-
ciaux, on ne prenait pas de soin de les garantir de taches, m6me ils
n'6taient gufere nettoy^s. Je puis affirmer que sur les manches de
ces habits, qui servaient depuis longteraps, il y avait du pus et des
r&idus organiques de toutes sortes, provenant de femmes mortes de
fidvre puerp^rale.

Les deux inflrmiferes parcoururent les trois salles oh se trouvaient
les nouvelles accouch6es, au nombre de 25^ 30; Allant|au lit des fem-
mes, palpant le pouls, palpant le ventre. Enarrivant pour faire
une visite le soir, je surpris la mascarade; je suis done sAr du
fait. Je pris mes notes avec anxi^t^ les jours suivants, et, dans la
quinzaine qui suivit, toutes les femmes pr&entes ce jour dans les
salles 6taient parties sans avoir pr^sent^ d'accident.

D me serait facile de citer des faits analogues, oil des femmes out
616 soumises k des causes de contagion qui devraient amener, k
coup stir, la fifevre puerp^rale, si on croyait k la contagiosity quand
m6me.

Aussi, j'admets la contagion; je la trouve sufBsante pour qu'il soit
du devoir de Taccoucheur de prendre centre elle toutes les pr^utions
raisonnables; j'admets surtout son rdle comme cause d^terminante
dans une 6pid^mie, mais je rejette les id6es sur la subtilit^ de cette
contagion merveiUeuse, sans pareille dans Thistoire pathologique.



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LES LYMPHATIQUES UTERINS. 597

Lamaladie est contagieuse ; toucher le col ut^rin avec des doigts
maJpropres, Tengendrera probablement. Mais cette contagion n'a rien
que de compatible avec une maladie organique ,et non myst^rieuse.
Dans un milieu infects, dans un temps d'^pid^mie, les caract&res
gdn^raux du mal prendront une importance inconnue, en d'autres cir-
constances, aux complications puerp6rales lymphangitiques.

La gravity extrfime des accidents puerp^raux peut d^pendre du fait
du mal, de la lymphangite, dans un r^seau lymphatique prodigieuse-
ment d^velopp^. II se passe Ih quelque chose d'analogue k ce qui se
voit pour certaines dilatations lymphatiques dont les blessures ont
dt^ suivies d'accidents formidables, presque foudroyants; Nekton,
M. Tr^lat ont cit6 de ces faits.

La gravity peut tenir au caract^re dpid^mique, k la malignity de la
lymphangite. On observe bien ce caract^re sur les membres, k plus
forte raison I'observe-t-on sur I'ut^rus.

La gravity peut d^pendre dans d'autres cas de Textension de la p6-
ritonite; dans d'autres cas, enfin, des complication^ communes sur les
sdreuses, p^ritoine, p^ricarde, arachnoide, synoviales.

Peut-on admettre Pinfection directe sans inflammation des lympha-
tiques par transport dans le sang de mat^riaux putrides. La possibility
en est 6vidente. Remarquons toutefois que les curieuses observations
lie retention du placenta, rapport^es par moi, montraient combien ra-
pidement le pus se d^veloppe dans les lymphatiques, combien ils s'en-
flamment vivement.

Que par ces lympathiques enflamm^s, Tindividu s'intoxique rapide-
ment, cela n'est pas douteux.

Faut-il croire pour cela au poison prot^en, absorbable par toutesvoies
qui se transforme en toules lesions pathologiques depuis la p^ritonite
jusqu'aux abc^s m^tastatiques; certainement non, la chose est trop
simple ou trop compliquee. Trop simple, k cause du mode non v^rifi^
deT intoxication; trop compliquee par la division k Pextrtoe des ma-
ladies, qui ne peuvent 6tre consid^r^es comme jdes maladies primor-
diales, mais comme des complications. Les progr^s de la pathologic
justifient rarementles subdivisions trop multipli^es.

En quelques mots, et, pour conclure, une accouchee est une bles-

s^, d'une region speciale oh les lympathiques sont nombreux et oh

les liquides stagnent, Elle est susceptible d'accidents divers, maissur-

lout de la lymphangite.

En temps ordinaire, celle-ci n'est pas rare et communement beni-



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598 MEMOIRES ORIGINAUX.

gne. Sous des influences de lieux ou d'^pid6mie, la gravilx^, la mali-
gnity de celle-ci se d^veloppe. Mais le syst5rae lymphatique avecsa sus-
ceptibility parliculi5re a presqiie toujours^te le point de depart; el la
predominance de ces accidents est telle que I'on pourrait dire, sans
grande exageralion, que si rut(5rus n'avait pas de lymphatiques, les
6piddmies de fi^vra puerp^rale n'existeraient pas.

APPLICATIONS PRATIQUES DES ETUDES SUR LA LYMPHANGITE.

Des d^veloppements thdoriques d'une ^tendue pareille manqueraient
leur but s'ils n'amenaient pas h des applications pratiques. Ceux-ci me
paraissent particuli6rement fertiles en deductions utiles.

Je me r^^serve d'exposer dans un travail plus complet ce qui a trait h
la therapeutique, me contentant d'indiquer cette fois dans quel sens
est pousse Taccoucheur ou le gynecologue qui veut 6viter ou guerir
les accidents lymphangitiques. Ce n'est pas innover sans doute mais
attirer une fois de plus Tattention sur des points de haute importance.

Plus que toute autre tWorie celle-ci nous pousse h prendre des soins
prophylactiques et ^ redouter le^ moindres accidents locaux.

Pour la femme grosse et la femme en couche, que Ton ait ioujours
present h Tesprit Timminence de la lymphangite, et on respectera le
col de Tut^rus, on nele tourmentera pas de manoeuvres intempestives.
Une fois raccouchement termini, s*il est sage de veiller h ce que Tut^
rus se vide des matieres putrides, il est encore important de ne le
point tourmenter. L'exc6s de la propret(5, des lavages, des injections,
des extractions de caillots, est aussi nuisible que Texc^s de la negli-
gence. Avec la th^orie du poison puerperal, il suf'firait d'^tablir un
courant d'eau dans rut(5rus ?i titrc de prophylaxie. Rien ne serait plus
contraire h ce que nous observons tons les jours.

J'ai d^j^ dit, au point de vue opdratoire, que lorsque le travail ^
prolongeait, amenant des compressions du col, du \'agin, il etait sage
d'aider les forces de la nature ; Tapplication du forceps par une main
prudente et exercde, est moins nuisible que la prolongation du travail
exag^rant la contusion des plaies naturelles. J'cn ai eu de beaux exem-
ples en appliquant le forceps pendant une Epidemic, ^ plusieurs repri-
ses; ceci est contraire ^ce qu'on pense gdndralement du traumatisme,
maispourtant trfes-rationnel.

Que raccouchement [ait (5te naturel ou terrain^ artiQciellement, s'il
survient des accidents douloureux,, ils doivent 6tre attaqufe sans re-



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LES LYMPHATIQUES UTERINS. 599

tard, car ils annoncent des lesions qui peuvent 6tre le point de depart
de complications locales ou g6n^rales.

Contre ces sortes^d'accidents, les revulsifs, les evacuants, sont d'im-
portance capitale ; Ih, comme pour les lymphangites externes.

Lavaleurdu sulfate de quinine contre les accidents de lafidvre et de
riatuxicalion a ete contestee k tort, et surtout parce que les doses n'a-
vaient pas et^sulfisamment 61ev6es.

En tenant compte des moindres faits qui surviennent dans le sens
que j'ai indique, on ^vitera les complications des accidents b^nins et
la Idgion des accidents uterins ulterieurs qui en est la consequence.

Pour toute la pathologic utt^rine, si^on admet la lymphangite, on se
gardera de negliger les dcchirures et les lesions du col de I'ut^rus; on
les soignera quoiqu^en veuillent les pathologistes qui tiennent peu de
compte des lesions locales du col pour concentrer tout traitement sur
r^tat gent§ral.

Mais aussi faudra-t-il renoncer h cette tWrapeutique brutale, qui,
Dieu merci, tend h disparaltre, et qui ne s'arr^te que, lorsque sur le
col etautour de lui, elle acre^ des lesions irr^parables.

Ou congoit d pnori toute rimportahce de bien des details de thera
peutique impossibles h exposer ici. Tout ce qu*il est possible de dire
c'est que si ces d^veloppements sont accept^s, ils contribueront &
favoriser une thdrapeutique de moderation. lis apprendront aussi h
^viter une partie des accidents communs de la chirurgie uterine, ainsi
qu'ilsera facile d'en donner des preuves.

DBS PROORES ACCOMPLIS DANS l'KTUDE DE LA LYMPHANGITE.

J'avais souhaite d^etudier, dans une revue bibliographique, tons les
documents r^cents sur le mSme sujet. Us sont si rares que cette revue
sera rapidement faite.

Comma je Tai dej& dit, j'ai constamment trouv^, depuis mon pre-
mier m6 moire, les preuves directes de ce que j'avais avanc6, dans des
autopsies, dans des observations nouvelles. J'ai constamment retrouv6
ce que j'avais avanc^ relativement h, la frequence de la lymphangite;
m§me, comme je Tavais pr^vu, je n'ai eu que de rares occasions
d'etudier la phlebite.

Beaucoup d'amis, de contemporains, de mes 616ves, ont fait les
mdmes recherches, et lous ceux que j'ai interrog^s ne m'ont pas si-
gnaie de faits n6gatifs^ Tout r^cemment, mon excellent ami, le doc-



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600 MEMOIRES ORIGINAUX,

teur Guichard (d'Angers), me disait qu'il avail observe une ^pid^mie
Ji Angers, oh il avail Irouv^ identiquement les mfimes fails. On voit
que le changement de lieu ne change pas la nalure des lesions. Les
observations de M. Siredey, avec qui j'ai souvenl Iravaille, nous ont
associ6 dans des conditions communes, el je montrerai plus loin com-
ment, reprenant la question, il a developp^ Thistoire clinique et le
diagnostic difKrentiel signalant des faits tr^s-importants.

De plusieurs c6t6s sont pr6par6s des travaux int^ressants sur le
mtoe sujet, dontje ne puis encore parler. Parmi ceux publics, illaul
citer presque tons ceux qui ont 6t6 Merits sur la fl^vre puerp^rab dans
ces derni^res ann^es; on a vu des auteurs faire jouer h la lymphangite
un role trts-important. Dans la r6cente discussion de la Soci^t^ obst^-
tricale de Londres, on pent retrouverexprirc^ cette opinion.

P'autres, comme le D' d'Espine, dans sa thfese sur la septictoie
puerp6rale (1), ont 6tudi6 les lymphatiqaes comme voie d'absorpticn
pour les matiferes putrides intra-ut^rines. Nous retrouvons presque
partout, et siirtout dans cette derni^re thfese, la distinction etablie
entre les phl^bites avec abc^s m6tastatiques, et les ly mphangites oh Ton
observe les vaisseaux purulents et point d'abc^s m^tastiques.

Un seul parmi les auteurs qui ont 6crit r6cemment, a n\6 Texac-
titude des faits que j'ai avanc^s. Je dois en dire un mot, h cause de
rimportance de son livre sur les maladies puerp^rales. On peut, du
reste, signaler, Ji ce sujet, de singuliferes contradictions dans son
texte. M. Hervieux (2) a emprunt^ k ma thftse, qu'il cite, toutes les
descriptions des lymphatiques et de la lymphangite. Puis il afiirme
que j'ai exag^r^, que c'est une maladie si rare qu'il ne I'a presque
jamais vue en dix ans d'observations ^ la Maternity.

II est vrai que pour qu'il admette un lymphatique, il faut qu'il soil
diss6qu6jusqu'^ son ganglion!

Cette restriction sufQt k juger Targumentation. Je ne sache pas
qu'il vienne k Tid^e d'un chirurgien ou d'unanatomiste, pour lierune
artfere ou une veine, de les suivre jusqu'au coeur pour ^tre assur^ de
leur nature, dependant, la pretention ne serait pas plus exag^r^. Si



(1) D'Espine, contribution k r6tude de la septic6mie puerp6rale, thfee,
Paris 1873.

(-2) Ilorvieux. Traile clinique et pratique des maladies puerp6rales. A. De-
labaye, 4870. 2 vol.



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LES LYMPHATIQUES UTISRINS. 601

j'ai quelque m^rite, ce n'est que pour avoir 6tudi6, avec beaucoup de
precision, les caractferes des lymphatiques, peu d^termin^s aupara-
vant. 11 est facile de voir, en lisant les observations de phl^bite de
M. Hervieux, qu'il ne s'est pas pr^occupe de ces caract^res difKren-
tiels. Je puis lui affirmer que pour les veines purulenles qu'il a d^
crites, non-seulementon neles aurait pas suivies jusqu'au coeur, mais
11 n'auraient pas pu les conduire h un gros vaisseau veineux.

Le chiffre de mes observations ^tait, du reste, beaucoup plus consi-
derable que M. Hervieux ne semblait le croire. J'avais fait environ
100 autopsies, sur 59 desquelles j'avais conserve des notes. J'avais
observe des epid^mies difierentes de temps et de lieu.

On me permettra, h cet ^gard, de signaler un fait trfes-int^ressant :
c'est que M. le professeur B^hier, qui a tant etudie la phl^bite, n'a
point ainsi rejete d priori mes descriptions. L^ oh il a signals de la
phiebite, il admet qu'un scalpel patient d^montre la nature lympha-
tique d'un vaisseau purulent; il ne le met pas en doute; mais ce qu'il
veut qu'on retienne pap-dessus tout, c'est qu'il y a un vaisseau puru-
lent quel qu'il soit, c'est qu'il y a une lesion; car on n'a point trouv^
la fi^vre puerp^rale sans 16sion.

Ceci nous m6ne k parler de la brochure de M. Siredey, La fievr-
puerperale nexiste pas (Annates de Gynecologies 1875) (1). Montrant
qu'il n'y a pas d'entite morbide de ce nom, M. Siredey rapporte les
maladies des femmes en couche h diverses lesions parmi lesquelies
la lymphangite joue le principal rWe, et il s'est attache h en determi-
ner la syraptomatologie, surtout pour faire le diagnostic differentiel
avec la phlebite.

La douleur est plus marquee dans la lymphangite, les frissons se
montrent plus t6t, plus prds de Taccouchement et ne se rep^tent pas ;
ils manquentquelquefois.

La temperature de I'angioleucite s'eieve brusquement et reste au
fastigium. Dans la phiebite, elle s'eifeve moins vite,;et, subitdes alter-
natives de tres-haut et d'abaissement.

Les douleur des culs-de-sac et Pcedtoe pericervical du d6but ap-
partient a I'angioleucite.
La marche de la phebite est moins rapide.



(I) Siredey. La fievre puerp6rale n'existe pas. Lauwereyns, 1873, bro-
chure de 31 pages.



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602 M^MOIRBS 0RI6INAUX.

Rien qu avec ces donn^es le diagnostic peut presque toujours 6lre
fail avfjc s0ret6, les autopsies en t^moignent et pour notre part nous
croyons bien d(§montr^es les conclusions de M. Siredey, et nous signa-
Ions son travail comme leplus important sur la lymphangite.

Le dernier et le plus considerable parmi les travaux que je veux
signaler , c'est le m^moire de M. Tilt h la Soci^te obst^tricale de
Londres (1).

L'eminent gyn6cologue a accepts dans leur sens le plus large toutes
noB descriptions. Son mdmoire intitule : De la lymphangite dans lapa-
thologie pelvienne, est d'une grande port^e. U a beaucoup insists sur
rabsorplion et le transport des matieres septiques infectantles parlies
periphdriques, sans suppuration des vaisseaux. IJ a, dans le traitement
insists beaucoup sur la valeur dePinjection antiseptique intra-ut^rine
pour enrayer les accidents. Sur presque tous les points, je suis en
accord complet avec M. Tilt, sauf peut-6tre sur le processus de Tin-
flammation de Tovaire qui complique les accidents puerp^raux, et je
ne doute pas que les nouveaux developpements donnas dans le travail
actuel ne soient agr^ds par lui; je suis heureux d'avoir rapprobation
d'une semblable autoritd, et jecroisqu'on trouvera dans la classifica-
tion des accidents lymphangitiques donnas par M. Tilt des renseigne-
menls qui montrent bien toute Textension et toute Timportance n^ces-
saires de ces doctrines.

II adraet une lymphangite bdnigne. Une lymphangite septic^mique
qui comprend les lymphangites ichorr^miques, (traumatiqueset pue^
perales) blennorrhagiques, syphilitiques, canc6reu8es.

II divise les Idsions de la lymphangite en primitives et secon-
daires.

Les primitives comprennent lacellulite, Tinflammation p6ri-ut^rine,
abc^s pelvien, abcfes iliaque, bubons pelviens, peritonite, ovarite, sal-
pingile. Les lesions secondaires sont les inflammations des s^reuses,
les inflammations des synoviales; I'inflammation de la rate.

Ayant beaucoup parld au d^butdu mtooirede M. Gerhard Leopold,
je me contente de le citer en terminant (2).



(1) On lymphangitis in Pelvic pathology. Ed ward -Gaston Tilt. Transac-
tions of the obstetrical Society of London 1874, 38 pages.

(•2; Gerhard Leopold. Les lymphatiques de I'ut^rus normal, non gravida.
Arch. 6, Gynack.



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CEPHALOTRIBE FENfiTRE

Par le D' Ballly, agrege libre.
(Extrait de la Gazette des Hdpitnux.)



Gectiphalotribe, dont oil voit la figure ci-contre, et que M. le pro-
fesseur Depaul a bien voulu presenter en mon nom h TAcad^mie de
m^derine, stance du 4 f^vrier 1873, a 616 construit, au mois de mai
1872, snrmes indications, par M.Collin, fabricant d'instruments de
chirurgle h Paris. En le enfant, j'ai eu pour but d'obtenir un instru-
ment qui, tout en resLant assGZ puissant pour broyerla t^te d*un fa3-
tus a terme, put la saisir dans uneplus grande 6tendue et surtout avec
plus de silretd que ne le fait le omphalotribe ordinaire, dont les mors,
dtroits etpresque droits suivant les faces, saisissent mal et^glissent
trop souvent sur les c6i6s du crdne. Cette idde s'est offerte sans doute




plus d'une fois h I'esprit des praticiens, frappes comme moi des incon-
v6nientsduc(^phalotribe ordinaire; cependant, quclque simple qu'elle
paraisse, il ne semble qu'elle ait 6i6 jusqu'ici, du moins en France,
realisee d'unefacon satisfaisante, puisqu'on ne trouve aucun modele
courant d'un instrument de ce genre chez nos fabricants d'instru-
ments de chirurgie. Celui que je propose aujourd'hui tient ^la fois,
par sa construction, du cdphalotribe et du forceps. II a la force du pre-
mier, les cuillers courbes suivant les faces et fenStr^es du second. Son
appareil de compression est la vis a dcrou mobile du cephalotribe de
Blot. La longueur des mors, mesuree de Tarticulation k I'extrdmit^
des cuillers, est de 25 centimetres ; leur plus grande largeur, de 48 mil-
limetres, Quand I'mstrument est articul^ et fermd, son 6paisseur la



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604 MEMOIRBS ORIGINAUX.

plus grande, prise d'une face externe h Tautre des cuillers, ne d^passe
pas 55 millimetres, et Tespaceelliptique quecirconscrivent celles-ci entre
leurs faces internes, offre un diametre transversal de 47 millimetres.
En consequence, ce c^phalotribe pourra convenir dans les r^tr^cisse-
ments du bassin qui oscillent entre 65 et 95 millimetres, et qui fer-
ment la classe, de beaucoup la plus nombreuse, deS r6tr6cissements
pelviens.

Bien qu'au-dessous de 65 millimetres on ne puisse gufere esp6rer
terminer Top^ration avec cenouveau c^phalotribe, il pourra cependant
etre encore utilement employ^, dans les bassins de cette categoric,
pour pratiquer un premier broyement qui facilitera singulierement
ensuite I'application du c^phalotribe ordinaire. Ce dernier, si Tavenir
justifie mes provisions, devra etre reserve dorOnavant pour les r6tr6-
cissements excessifs du bassin.

Je donne ci-dessous la relatipn, par ordre de dates, de treize cepha-
lotripsies pratiqiides avec mon instrument. Toutes ont eu un plein sue-
ces.Ces treize faits sufBsent, je crois, pour juger d6Qnitivement mon
cephalotribe, et permettent dks aujourd'hui d'affirmer que, sufBsant
sous le rapport de la puissance, il se montre, au point de vue de la fa-
cility k saisir la tete et de la solidite de la prise, trfes-superieur au ce-
phalotribe ordinaire, et, par consequent, realise pleinement Tidee qui
Pa inspire, k savoir de rendre la cephalotripsie aussi facile et presque
aussi simple que Papplication du forceps.

Obs. I. — Mme F..., 29ans, mesure seulementl m. 40 de hauteur. Cette
bri^vete de la taille ne peut 6tre attribute qu'h un simple arrdt de d6velop-
pement, car elle a march6 t6t, et Ton ne d6couvre cbez elle aucune d6for-
mation rachitique des os.

Premiere couche k terme, sans operation, il y a quatre ans. Uaccouche-
ment dure quatre jours et se termine par la naissance d'une fille mort-n6e,
tu6e par la longueur du travail. En 1872, deuxi6me grossesse, aujourd*hui
^ terme.

Premieres douleurs ressenties le 24 Janvier 4873, dans la matin6e; rup-
ture ^pontanee des membranes ce mdoie jour» k 11 beures du soir. Con-
tractions soutenues pendant la journ6e du 22 Janvier, impuissantes toute-
fois k engager la t6te foetale dans le d6troit abdominal, qui mesure 9 centi-
metres au plus d'avant en arriere. AprSs avoir essaye en [vain d*extraire
Tenfant au moyen du forceps, MM. les D^ Cotard et Thierry, appel^s dans
la 8oir6e, se d6cident i pratiquer la c6phalotripsie. Un omphalotribe ordinaire
est ais6ment appliqu6 par M. Thierry, chef de clinique adjoint d'accouche-
ment k la Faculte, aujourd'hui professeur k Tficole de medecine de Rouen;
mais, malgre la precaution de fixer aveo la main la tete sur le d6troit, celle-



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CfiPHALOTRIBE F^NftTRfi. 605

ci glisse et 6chappe d^s qu*on rapproche les mors du c6phalotribe.Tpoi8 ap-^
plications successives ont le mSine insuccds.

MM. Cotard et Thierry m'ayant fait prier, vers 9 heures du soir, de
me joindre a eux, je saisis cette occasion de faire Tessa i du c6phaiotribe
fen6tr6. Apr^s avoir perfor6 largement le cr^ne et Tavoir vid6 autant que
possible, mon instrument est appliqu6. Je pus de suite me convaincre que ce
premier temps de rop6ration est, en raison de la forme des cuillers, plus
facile qu'avec le omphalotribe ordinaire et diff^re peu de Tapplication du
forceps. LatSte fut, du premier coup, saisieet broy6e dans toute sa longueur,
etquand je Teus amende au dehors, une cuiller du c^phalotribe couvrait la
joue droite jusqu'k la conjmissure labiale, tandis que Tautre cuiller, plac6e
derri^re Toreille gauche, s*6tait avanc6e jusqu'k lapartie sup^rieure du cou.
L*6crasement 6tait parfait, la Ute prise avec la plus grande solidity, et ce
premier r6sultat compl^tement satisfaisant.

L'enfant(garQon), tr^s-volumineux, n*a pu 6tre pes6 faute de balances;
j*6value son poids k pr^s de 4 kilogrammes, cerveau non compris. 0611-
vrance naturelle ; suites de couches heureuses,

Obs. II. — B..., femmeR..., 41 ans, petite, constitution mediocre. Defor-
mation rachitique du squelette des membres inf^rieurs. L'empreinte de
cette maladie n'est pas moins 6videntc aux avant-bras, sur le cr&ne et sur
le bassin. Longueur du diam^tre sacro-pubien : 87 millimetres (apr6s de-
duction) .

Trois accouchements pr6matur6s spontan68, aux termes de cinq, sept et
huit mois. Trois couches k torme : Tune en presentation du si6ge, les deux
autres par le crAne apr^s un travail prolong6 et une application de forceps.
Les trois enfants, compromisparles difficultes de Taccouchement, n'ont v6cu
que quelques minutes. Arriv^e cette fois au terme de lasepti^me grossesse,
la femme R... commence a souffrir le !•' septembre 1873, k 2 heures du
matin. Les contractions se succddent avec force jusqu'au 2 septembre, k 3 h.
du soir, date de I'arrivee k la salle d'accouchement, k la Clinique. A ce [mo-
ment, le col est completement dilate ; le cr^ne, k peine engage dans le de-
troit sup6rieur, est reconvert d'un vastecEddme qui masque la position; leg
pulsations cardiaques sont nulles, et les liquides vaginaux exhalent cette
f6tidit6 particuliere qui denote un commencement de putrefaction du foetus.



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