William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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L'etat general est d'ailleurs satisfaisant.

La perforation du cr&ne est oper6e avec le craniot6me de Blot, et la moi-
tie au moins de la masse encephalique est evacuee avaut rapplication du ce-
phalotribe fen6tr6, que j'emploie pour la seconde fois. Les cuillers de Tin-
stpument saississent du premier coup la tete et Tecrasent. J*en opere ensuite
r extraction sans difficulte et constate k ce moment, avec tons les assistants,
que le crAne est saisi regulierement par ses c6tes, chaque cuiller couvrant
une oreille etrepondant parson extremite k la partie anterieure du cou, qui
se trouve elle-mftme saisie. Sans retirer I'instrument je mesure avec M. le
D' dc Soyre, chef de clinique, le diametre de la tete, du milieu d'uno fenfi-
tre k r autre ; il est de 56 millimetres, juste Tepaisseur totale du c^phalo-
tribc quand ses branches sont rapproch^s.



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609 MEMOIRES ORIGINAUX.

L'enfant (fille), d'un volume ordinaire, p^se 2,700 grammes, non compris
le poids du cerveau presqu'enli^rement extrait du crAne. An point de vue de
la facility des manoeuvres, de la surety de r6crasement, de la solidity da la
prise du crAne, cette operation n'a rien laiss^ a d6sirer; telle fut, je crois
rimpreasion des personnes pr6sentes. »

Apr^s dix jours 6coul6b' sans qu'aucun accident fiit survenu, la femme
H... quitte la Clinique sur sa demande.

Obs. Ill — Mme X..., ag6e do 30 ans, a ete maladive dans sa premiere
cni'ance, et n'a marche qu'^ d ans.

En Janvier 4871, elle accouche pour la premiere fois, a terme, d'une iille
vivante, apr6s un travail de trente heures, fortp^nible et pendant lequel
de I'ergot de seigle fut administr6. Au dire de la sage-femme ce premier
enfant se pr^sentait par la face.

De nouveau enceinte vers la fin de Tannic 1872, Mme X... commence a
soufTrir le 6 septembre 1873, dans la soiree. Ces douleurs persistent avec
une intensity m6diocre pendant lesjourn6es des 9 et 8 septembre, Appelele
iendemain m&tin, vers les 10 heures, par M. le D*" Dunoycr, son m^decin,
je trouve une femme petite, brune, d'apparonce frfile. Sur les membres abdo-
minaux on voit les deformations caract6ristiques du rachitisme. La mensu-
ration du bassin assigne au diam^tre sacro-pubien 85 millimetres d'^tendue
(apr^s deduction). Le cr^ne est maintenu fort ^\e\(' par le d6troit abdominal;
la fontanelle ant6rieure occupe a peu pres le centre de cette ouverture ; le
front r6pond au pubis gauche. L'enfant vit.

A ce moment (10 heures du matin) les douleurs sont fortes, rapproch6es,
expulsives, la dilatation comi)16te, les membranes intactes. A 2 heures de
Tapr^s-midi, mSme 6tat: M. le D''Dunoyer rompt les membranes.

A 10 heures du soir, la tSte ne s*engageant pas, j*applique le forceps;
mais malgr6 de puissants efforts d'extraction, reit6r6s pendant une demi-
heure, le crAne reste immobile. D6sesp6rant d'amener Tenfant entier, je
pratique la cr&niotom'e, et j*applique le c6phalotribe fenStr^. La tete est
saisie du premier coup et facilement extraite. Elle est prise de \'x mani^re
suivante : la cuiller gauche (branche a pivot) couvre le parietal droit de l'en-
fant, la portion 6cailleusc du temporal, et s'incruste dans le cou par sa
pointe, tandis que la branche droite comprime la bosse frontale et la joue
gauche dans toute son 6tendue. Lebord concave des cull lers regarde la face,
qui s'est d6gag6c en avant sous les pubis. L'enfant (garden), d*UQ volume
plus que moyen, n'a pu ^tre pes6. D61ivTance naturelle.

Des tranch^es douloureuses, accompagn^es d'un certain degr6 de ballon-
nement du ventre et frequence du pouls, qui m'avaient un instant inqui6t6,
disparaissent compl^tement apr^s I'expulsion de caillots volumineux que
renfermait la matrice. A partir du troisi^me jpur, les couches n'ont cess6
d'etre naturelles, et, deux semaines apr^s son accouchement, Mme X...,
d6ja forte, commengait k se lever.

Obs. IV. — Madeleine L..., 34 ans, primipare, e?t amende k la Clinique, en
douleurs d*accouchement, le 25 septembre 1873, k 10 heures du matin. Elle



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CEPHALOTRIBE FENAtRE. 607

souiTrait dcpiiis trenle-six heures, et les personnes qui rassislaient, frai)-
pees des leateurs du travail et soupQonnant un obstacle m6canique, no;is
Tadressaient pour purer aux difficult^s qui pouvaient se produire. Gelle
I'cmrfje, d'une taille ordinaire, d'une constitution Ibrtc et r^gulieremei.t
conform^e en apparence, a march6 de bonne heure. A son arriv6e, la dila-
tation commence a peine, et la t6te de I'^nlant est encore Ibrt 6lev6e, ce qui
me fait soup(;onner un peu d'^troitesse du bassin"; pourtant, I'indicateur
n atteint ni le promontoire ni ra^me la partie sup6rieure du sacrum.

Le lendemain, -26 septcmbre, k 1 heure de I'apr^s-midi, npres un travail
de soixante-tiois heures, complique d'une attaque d'erlampsie, la dilatation
du col 6tant complete, j'appliquc le forceps au d6troit sup6rieur.
Des tractions fortes et soutenues, renouvelecs plusieurs fois pendant

vingt-minutes, ne parviennent pas ^ engager le cr&ne dans rcxcavation. La
prolongation de ces efforts me i)arai?sant dangcreuse pour la m^re, et bicu

que I'enfantvive encore, je pratique la craniotomie, puis la cephalotripsic,

et am6ne sans dinicult6 au dehors un fort ear(,'on de 3 kil. 480 gr., non

comprise la mas^e enc6phalique, compl^tement evacu6e pendant rop6ra-

tion.
La t^te, saisie cette fois moins r^guli^rement que dans les operations pre-

c6dentes, a 6te ecras^e dans sa portion crAnienne seulement;^a face a 6chapp5

a Taction direcle do Tinstrument; pourtant, celui-ci a tenu bon jusqu*a la

fin et oper^ facilement I'extraction.
Une double phlegmatia dolens^ compiiqu6e d'une eschare au sacrum, re-

tient Madeleine L... k la GUnique jusqu'au 13 d^cembre 1873. A cette date,

ellequitte rh6pital compl^teraent r6tablie.

Obs. v.— Marguerite G..., femme L..., Ag6e de 30 ans, entre, le 30 sep-
tembre 4873, k la GUnique, oix on Famine k cause de la longue dur6e et des
difQcult6s du travail. N(^e h. Paris, de parents indigents, cette femme a 4t6
6lev6e dans les conditions hygi6niques les plus deplorables; aussi est-elle
devenue promptcment rachitique et n*a march6 qu'^ (i ans. Kile est fort
petite, d'apparence ch6tive, et pr6sente une forto incurvation des femurs et
des tibias. Le bassin, mesur6 avec soin k I'aide du doigt, offre 8i milli-
metres de diam^tre sacro-pubien (apr^s deduction).

Premier accouchement d'une fille vivante, il y a cinq ans et demi, apices
une application de forceps longue et laborieuse. Nouvelle grossesse vers la
fin dfc raiin6e'18T2. D6but du travail le *28septembrei873, au matin; rupture
spontan^^e des membranes le lendemain, k 8 heures du matin. LeSOseptem-
bre, k 4 heures du soir, date de rarriv6e a I'hOpital, je trouve le ventre
extr^mement pro^minent; Ic col presque compl^tement dilate, assez sou*
pie; le crd.ne en position 0. I. G. A., non engage dans le d6troit abdominal 5
pulsations cardiaques nuUes, 6coulement abundant de meconium; douleurs
fortes et rapprochees; alteration des traits, pouls petit et frequent, agita-
tion extreme. Gc mSnie jour, 30 septembre, k 10 heures du soir, je pratique
la c6phalotripsie, en presence de M. le D"" Gharpentier, mon collogue k la
Faculty; de M. Chantreuil, aujourd'hui professeur agr6g6, et de plusieurs
tieves. Apros avoir 6vacu6 la plus grande quantity pos'iiblo de substance



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608 M^MOIRES ORIGINAUX.

c6r^brale, la t6te est saisie facilement avec le c6phalotribe fen6tre, 6cras6e
du premier coup, puis extraite sans efforts. Elle est saisie dans le sens de
sa longueur, et a peu pr6s r6guli6rement par ses c6t6s. Gar^on volumi-
neux, du poids de 3 kil. 500 gr. (sans cerveau j. Le volume considerable des
6paules rend I'extraction du thorax assez difficile et exige le d6gagemcnt
pr6alable des deux br:is. D6livrance naturelle. Suites de couches absolu-
ment simples ; rop6r6e 'quitte Phdpital le 3 octobre suivant. Je I'ai revue
depuis parfaitement r6tab/ie.

Obs. VI.~ Mme G..., 165, boulevard de la Villette. 30 ans, brune, petite,
replete, d'une bonne sant6. Elle n*a march6 qu'i 2 ans. Une soeur cadette,
plus petite encore, a march6 h 3 ans seulemenl.

Premiere couche spontan6e, k terme, apr^s trente- quatre heures d'un
travail des plus p6nibles; Tenfant, mort-n6, aurait succomb6 pendant Tac-
coucbement.

Arriv6e au terme de sa second egrossesse, Mme G... ressent les premieres
douleurs de Tenfantement le 8 novembre 1873, dans la matinee. Le lende-
main, k 8 heures du matin, quand je la vois, appel6 pr^s d'elle par notre
regrettable et distingu6 confrdre Lempereur, je constate T^tat suivant:
1® r6tr6cissement du bassin (8 cent. 1/2 de diam^tre sacro-pubien) ; 2<» pre-
sentation du crtoe encore tr6s-6lev6 ; 3** dilatation du col de 4 cent, envi-
ron ; 4° contractions 6nergiques ; 5° enfant vivant.

La dilatation du col ne se complete que le 9 novembre, 'dans I'apr^
midi, eti 5 heures et demie du soir, quand je revois Mme G..., je la trouvc
dans un 6tat d*agitation qu'expliquent sufRsamment deux jours de travail
soutenu et vingt-cinq heures d*efforts expulsifs infructueux. La malhea-
reuse change de place k chaque instant; la face est pAle, alt6r6e, les l^vres
fuligineuses, le pouls petit, k 120. Les contractions ut6rines sont toujours
fr^quentes et tr^s-fortes. OEd^me considerable de la t6te fcetale, qui n'est
nullement engag6e. Enfant vivant. Une application de forceps, suivie de
tractions 6nergiques, 6tant rest6e sans effet, et ne voulant pas exposer cette
femme aux graves l6sions qu'on produit trop souvent quand on engage de
vive force le crAne k travers un bassin retr6ci, je me decide k r^duirele vo-
lume de la t6te. L'enfant, d'ailleurs, avait succomb6 pendant ces demi^res
tentatives d'accouchement, et je n'avais plus rien k manager de ce c6t6. La
perforation et r^vacuation du cr&ne 6tant op6r6es aussi compl6tement que
possible, le c6phalotribe fenetr6 amena sans difficult^ I'enfant, dont la t^te
se trouvait obliquement saisie de Toreille gauche &. la bosse frontale droite.
La face tout enti^re disparaissait entre les mors de rinstrument;.une partie
du crAne, au contraire, 6tait rest^e en dehors du champ d'action du c^pha-
lotribe; mais, pr6alablement vid6e avec le perforaleur, cette portion de 1?
t6te ne formait plus qu'une coque fragile, qui s'affaissa facilement par la
pression du bassin et s'aplatit sur le bord convexe des cueillers, de maoiire
k ne gfiner en rien Textraction. Dix minutes apr^s Top^ration, M. le D' Lem-
pereur retirait le d61ivre entier. Mon confrere, quelques jours tard, tae
donnait des nouvelles do mon op6r6e : les suites de couches avaient 6t6 aussi
simples que possible.



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GEPflALOTRIBE FEN£tRE. 609

Obs. VII.— Mme F..., 27, rue Basfroi, 30 ans, sant6 bonue. N6e et 6lev6e
k Paris. La rn^re, rede venue promptement enceinte, avait dii sevrer sa fille
vers 5 mois, et, k partir de cet Age, I'enfant a 6t6 nourrie de mauvais lait et
de potages, dout I'effet a 6t6 de la rendre rachitique. Elle n'a effectivement
raarch6 qu'k 5 ans.

Mm9 F... mesure i mdtre48 cent, de taille, la hauteur du pubis aux talons
6tant de 65 centimetres seulcment. EUe est brune, trapue, fortement mus-
cl6c. Les membres inferieurs sont courts et ramass^s, le squelette de ces
parlies sensiblcmcnt d6formt* par le rachitisme. Le bassin, mesur6 apr^s
raccouchement, donne 8 centimetres de diam^tre sacro-pubien (apr^s de-
duction).

Primipare et k terme, Mme F... commence, le mercredi 26 novembre 1873,
a soufTrir assez fortement pour ne plus pouvoir reposer ni jour ni nuit.
Rupture spontan6e des membranes, le 28 novembre, k 2 heures de Tapr^s-
midi. Ge m6me jour, k \i onze heures du soir, la dilatation du col otant
complete, M. le Dr Mouton applique le forceps et fait des tractions puissantes
sans engager la tete. A sa demande, je vois Mme F... le 29 novembre a
1 hei>re du matin, Le crAne se pr6sente en position 0. I. G. A.; il est en-
core contenu dans le grand bassin, bien qu'un cedeme prononc6 du cuir
chevelu le fasse tout d*abord supposer moins 6lev6. Contractions expulsives
assez fortes, toutes les cinq ou six minutes; pouls r6gulier, k 92. L*enfant
vit. Comme la patiente est un peu futiguee par I'application du forceps
faite deux heures auparavant, je renvoie k 8 heures du matin une nouvelle
tentative d'extraclion.

29 novembre, 8 heures. Mdme etat; les douleurs survenues depuis ma
visite de la niiit n'ont point abaisse le crd,ne. La malade ayant et6 chlorofor-
miiSee, j'appliqiie le forceps ordinaire; le crane r6siste absolument; en con-
sequence je le perfore et le vide aussi compietement que possible, puis
j'applique le cephalotribe sur les cdL6s du bassin. La tete, bien saisie dans
toute sa longueur, est facilement 6crasee puis extraite par I'instrument.
L'enfant est une lille d*un volume ordinaire, dont la tete est fortement ossi-
fiee. Examen fait des rapports de Tinstrument avec le cr^ne, je trouve celui-
ci saisi du menton k Tocciput par le cephalotribe, dont la cuiller gauche
couvre la bosse f ronto- pari6tale droite, tandis que la cuiller droite est ap-
pliqu6e sur Tapophyse mastoide et Toreille gauches. Les extr6mites des
cuillers d6passent le menton et sont en contact immediat. Done I'epaisseur
totale de cette tete 6crasee est exactement celle de I'instrument ferme, soit
56 millimetres.

Apres Paccouchement h6morrhagie notable, arretee par Textraction du
deiivre.. Suites de couches normalos.

Obs. VIII. — Mme M..., 89, faubourg Saint-Antoine, 23 ans, est d'une
taille ordinaire et en apparence bien conformee. Cependant, en examinant
avec soin les jimbes, qui sont longues et greles, on constate une courbure
exagtree des tibias, disposition qui Concorde avec Petroitesse du bassin, qui
mesure 8 cent, un quart d'etendue dans le sens du diametre sacro-pubien.
Cette jeune fern me, n^e a Paris et fort n6glig6e pendant le temps qu*elle a
Archives de Tocologie, — octobre .1875 39



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610 MEMOIRES ORIGINAUX.

pass6 chez sa nourricc, n'a march6 qu'i deux ans, en un mot cilc est rachi-
tique. Elle est k terme et commence h souffrir le mardi, 2 d6cembre 4813,
k i heure du matin. Ce m6me jour, k midi, rupture spontan6e des mem-
branes; la dilatation du col 6tait complete. A minuit la t6te, qui se pr6sen-
tait, ne s'engageant pas, M. Ic l)f Mouton fait une application de forceps et
tire de toutes ses forces, sans abaisser la partie fcctale.

3 d6cembre, k 9 heures du matin, le cran6 est toujours aussi 61ev6, le cor-
don ombilical fait procidence en arri^re et k gauche du bassin. L'enfant a
succombd.

Apr^s avoir perform et 6vacu6 le crAne, j 'applique mon c6phalotribe et ex-
trais difficilement une fille d'un d<5veloppement moyen. La t6te est compri-
m6e dans toute sa hauteur de la face k la nuque. Suites de couches tout^
fait simples.

Obs. IX. (Gommuniqu6e par M. le D' Ghantreuil, professeur agreg6). —
Dans la nuit du 3 au 4 avril 1874, je fus mand6 d'urgence, en I'absence de
MM. Tarnier et Gu6niot, i I'hdpital de Lariboisi^^re, dans le service de M. le
D>" Siredey.

Je trouvai, k mon arriv6e, une jeune femme primipare, k terme et en
travail. Celui-ci durait, me dirent les internes, depuis plusicurs jours. La
patients avait 6t6 assist^e d'abord par une sage-femme, puis par deux me-
decins de la ville, qui avaieut fait trois applications de forceps sans pouvoir
extraire Tenfant. C'est alors que cette femme entra i I'hdpital, od Tintenie
de garde fit avec le forceps une nouvelle tentative d'extraction qui resta
6galement infructueuse, Je cherchai ^ me rendre compte de la cause des
difficult6s 6prouv6es par mes confreres, et ne tardai pas k reconnattre qu*il
s'agissait d'un vice de conformation dii au rachitisme. Cependant jc dois
dire que les traces laiss6es par cette maladie n'6taient pas tr Js-apparentes ;
il fallait quelque attention pour les d6couvrir. Ainsi cette femme n'6taitpas
tr6s-petite, la colonne vert6brale 6tait droite ; les jambes et les cuisses,
examinees superGciellement,* le paraissaient 6galement. Mais, en d^primant
les teguments, puis en saisissant la crdte du tibia entre le pouce et I'index,
et en le suivant de haul en bas, on reconnaissait une courbure anormale dc
cetos. Les f6murs me parurent aussi plus arqu6s qu'5. r6tat normal. Enfin
on atteignait Tangle sacro-vert(^'bral. Le diam^tre sacro-pubien, mesur6avant
et apr^s raccouchement, nous parut Stre de 8 centimetres.

L'6tat g6n6ral de cette femme n'6tait pas satisfaisant ; la peau 6tait chaude,
la langue s^che, et le pouls k 1-20. Les contractions ut6rines 6taient tr^s-
douloureuses, et revenaient k intervalles rapprocb6s, mais restaient sans
resultat. La dilatation 6tait complete, les membranes rompues; la t^lc se
pr6sentait et se trouvait appliqu6 au d6troit sup6rieur, mais non engagfee
dans Texcavation. Je pratiquai I'austultation, et il me sembla encore en-
tendre les battements du coBur du foetus ; aussi je crus devoir, dans I'int^r^t
de ce dernier, tenter une cinqui^me application de forceps. Les cuillers fu-
rent plac6es surlesparties lat6rales du bassin sans difficulty notable*. L'ar-
ticulation fut assez facile ; il n'en fut pas de m^me de Tex traction. J'exercai
des tractions 6nergiques, et mfime je me fis aider par un des internes les



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CEPHALOTRIBE FENETRE. 611

plus robustes de rh6pital; mais, malgr6 ces efforts, nous ne ne r^usslmes
pas a faire eagager la t6te. Je me df^cidai alors k perforer le cr&ne avec Ics
ciseaux de Blot, et h T^craser avec le c6phalotribe de Baillv.

L'introduction des branches s§ fit avec lentcur et sans plus de difflcultes
que pour le forceps. L'articulation fut facile. Le broiement du crAne fut
pouss6 aussi loin que possible, et Textraction, cette fois, ne n6cessita pas
detractions bien 6nergiques.

LecrAne sV^tait bien vid6 et se trouvait aplati compl^tementdela base au
sommet, car les cuillers de I'instrument avaiont pu 6trcplac6es conveuable-
ment sur les parties lat^ral^s du bassin, ct avaient saisi la t6te aussi com-
pl^tement que possible. L'instrument n'avait aucunement gliss6, ni .au
moment oh Ton approcha les branches pour articuler, ni pendant les trac-
tions.

La d6livrance fut naturelle. II n'y eutpas d'h6motrhagie apr^s I'expulsion
du placenta.

Suites de couches enti^rement naturelles. L'accouch6e quitte Thfipital et
retoume k pied chez elle, le 17 avril, treize jours apr^s reparation.

Obs. X. — (Extrait d'une observation r6dig<^e par M. Petit, Interne des
li6pitaux). La nomm6e G... L6onie, Agee de 25 ans, entre lo lundi, 24 aofit
1874, k rh6pital Saint- Antoine, salle Sainte-Marguerite, service de M. le
D' Peter, pour y accoucher.

G'est une femme de petite taille, a Tair un peu vieillot. Elle ne pr6sente
pas d'incurvation des tibias ni des clavicules, mais les femurs paraissent
plus arqu€8 que normalenient, et ses poignets sontun peu volumineux. Elle
ne sait pas si elle a rnarchj do bonne heure ou tard. Regl6e ^ 18 ans, elle a
toujours vu r6guli6rement depuis lors. Elle est devenue enceinte pour la
premiere fois vers le mois de novembre dernier, et la grossesse s'est pass^e
sans aucun accident.

La petitesse de cette femme et son aspect g6n6ral me firent penser de
suite k un r6tr6cissement du bassin, et de lait, le toucher m'en r6v6la un
assez considerable. Cette exploration, r6pet6e plusieurs fois, donnait pour le
diami^tre sacro-sous-pubien 8 centimetres et demi k 9 centimetres, soit,
defalcation faite de 1 centimetre et demi, 7 centimetres a 7 centimetres et
demi pour le diametre sacro-pubien.

Le travail debuta le dimanche, '23 aout, dans la soiree. La malade conti-
nua el soufFrir mod6r6meni dans la journee du lundi et dans celie du mardi.
Le roercredi et la nuit suivante, les douleurs devinrent plus fortes, mais la di-
latation ne marcbait qu'avec une lenteur excessive. Le col n'avaitgudre que
ies dimensions d'unc piece de 5 francs en argent. La poche des oaux etait
intacte et I'enfant vivant.

Ce meme jour, k 9 heures du soir, la dilatation du col etait complete.
Apres une double application infructueuse du forceps, pendant laquelle deux
personnes exercent simultanement des tractions energiques sur Tinstru-
ment, M. Chantreuil, re<loutant d'exposer la mere en insistant plus lon-
guement sur I'emploi du forceps, se decide a pratiqaer la cephaloti*i[)^ie.

Le perce-crlne de Blot fut introduit entre les branche du forceps laiss •



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6 1 2 MEMOIRES ORIGINAUX.

en place, et le cr^ne fut perform. Une tentative d'extraction effectu6e ensuite
avec le forceps 6tant demeur6e sans r6sultat, M. Chantreuil enleva cet ins-
trument et fit une seconde perforation. Le c6phalotribe de Bailly fut alors
app!iqu6sans accident digne d'etre not6, et quelques instants plus tard, on
amena un enfant du sexe f6minin, bien conform6 et paraissant i terme. Les
cuillers avaient saisi trSs-solidefnent la tdte dans toute sa hauteur, suivant
le diamfttre bi-auriculaire, k peu pr6s, et leur bee 6tait profond6ment im-
prim6 sur Jes c6t6s du cou. Un 6coulement sanguin assez abondant s*6tait
produit pendant ces manoeuvres. La d6livrance tardant k se faire naturelle-
ment, on dut aller chercher le d^livre avec la main.

Ce travail, compliqu6 d'op^rations multiples et fatigantes, fut suivi de
retention d*urine, de m6trite et d'autres accidents inQammatoires. L'op6r^c
se r6tablit pourtant, et pouvait quitter Thdpital k la fin du mois de sep-
tembre.

Obs. XI. (Communiqu6e par M. le D' Pignol).. — Je fus appel6 le iO no-
vembre 4874, au matin, par Mme P6rignon, sage-femme, aupr6s d*une de
ses clientes, la femme X..., en travail d'accouchement depuis six heures.
Cette femme, ftg6e de 24 ans, de petite taille et d'apparence ch6tive, paralt
bien conform6e et jouit d'une bonne sant6. Elle est primipare et k terme.
Les douleurs, qui s'6taient succ6d6 jusque-l&, commengaient k s*espacer
au moment de mon airiv^e, et I'^tat g6n6ral de la paliente se ressentait de
ce travail infructueux : pouls k 115, vomissements verdAtres incessants.
Presentation du vertex, en position occipito-iliaque droite post6rieure. T6te
au d6troit sup^rieur, dilatation incomplete. Rupture des membranes depuis
le 18 i 10 heures du soir. Enfant vivant.

r Apr6s avoir d6brid6 le col par trois incisions, je fais une premiere appli-
cation de forceps qui reste sans effet malgr6 des tractions 6nergiques. Une
seconde application fut faite le lendemain matin, k 8 heures, sans plus de
succ^s. La malade est agit^e et vomit continuellement. Pouls & 120.

II y avait 6videmment, chez cette femme, une 6troitesse du bassin, mais
le degr6 du r6tr6cissement ne pouvait 6tre exactement appr6ci6, car la men-
suration etait rendue impossible k ce moment par le volume de la bosse
86ro -sanguine, et Tengagement au d^troit sup^rieur d'une petite portion du
sommet.

Jugeant qu'il n*y avait plus k compter sur la vie de 1 'enfant, donl les bat-
tements du cceur s'entendaient faiblement, et conform6ment aussi k Tavis
de M. Bailly, qui voulut bien, dans cette circonstance, m*aider de ses con-
seils, jeme d6cidai & faire la c6phalotripsie. Apr6s Tad ministration duchlo-
ro forme et la perforation du crAne, j*appliquai sans difticult6 les branches
du c6phalotribe fen6tr6. L,a t€te, parfaitement saisie, fut broy6e du premier
coup, ce qui me permit de faire assez facilement Textrs^ction d'un enfant
volumineux, du poids de 4 kilogrammes.

Le diam^tre sacro-pubien a 6t6 6valu6 h 9 centimetres, par M. le D'
Bailiy. Suites de couches normales.

Obs. XIL — La nomm6e A. Gh..., modiste, Ag6e de 21 ans, est accouch6e



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CfiPHALOTRlBE FEN^TRE. 613

de son premier enfant h ThApital St-Louis, le 7 octobre 1873, apr6s deux
jours de douleurs. Get enfant n'a v6cu que quelques heures par suite de son
pen de d6veloppement, bien que la m^re pr6tende 6tre accouch^e k terme.

De nouveau enceinte, elle est envoy^e de ThApital St-Louis, oCi elie se
pr6sente pour faire ses couches, le 9 f6vrier 1875 au matin, chez Mme Fargues
sage-femme.

Malgr6 de vivos douleurs, le travail ne faisant aucun progr^s, je suis ap-
pel6 & 6 heures du soir pour examiner cette femme et terminer raccouohe-
noent, s*ily a lieu.

Voici ce que je constate :

Presentation du vertex, en position 0. I. G. P.; t6te au d6troit sup6rieur;
col dilatable; procidence du cordon apr6s la rupture de la pocbe des eaux
qui s'6tait faite k 5 heures 1/2 du soir. Les douleurs sont toujours fortes, et
les pulsations du cordon assez faibles. Le doigt attcint tr^s-facilement
Tangle sacro-vert6braI ; le diam^tre ant6ro-post6rieur du bassin mesure



Online LibraryWilliam H. (William Henry) PowellArchives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] → online text (page 65 of 82)