William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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(sans deduction) 8 centimetres i/2.

La patiente, d'une assez bonne constitution, est de petite taille, et n'a
marche que fort tard ; les membres inf6rieurs pr6sentent quelques leg^res
traces de rachitisme.

La vie de I'enfant me paraissant en danger, je fais de suite nine applica-
tion de forceps, en 6vilant de saisir le Cordon avec Tinstrument ; pas de r6-
sultats malgre de fortes tractions. La malade est replac^e dans son lit.
Pouls kiiO; les pulsations du cordon sont, k ce moment, k peine appre-
ciables.

A 10 heures du soir, mftme etat; la tftte est toujours trSs-elevee, k peine
engagee au detroit sup^rieur; aucun bdttement dans le cordon ; la femme
se plaint d*6tre fatigu6e; les douleurs sont un peu moins rapproch6es. Per-
foration du cr^ne et application du c6phalotribe fenfttre. Le chlorofornie n'a
pas 6te administre. Latetefutsaisie etbroy^e du premier coup; I'extraction,
qui a necessity des efforts soutenus, se Gt neanmoins sans que I'instrument
perdit prise. Enfant volumineux, du sexe masculin. Poids 3 kilogrammes
660 grammes, sans le cerveau.

La mere est sortie de chez Mme Fargues le neuvi^me jour apr^s ses cou-
ches, en fort bonne sant6. (Gommuniqu6e par M. leD' Pignol),

Obs. XIII. — Mme G..., 30 ans, primipare, est une petite femme presque
naine, non rachitique. Son bassin mesure 9 centimetres au plus d'avant en
arriere. Elle est i terme . Le 15 juillet 1875, apres un travail de pres de
soixante heures, n6cessaire pour obtenir une dilatation du col ut6rin qui
permit d'intervenir sans crainte de le rompre, Tenfant ayant succombe, je
pratique la cephalotripsie avec Taide de M. le D' Emile Dubois. Apres la
perforation et levacualion du crAne, j'applique la c6phalotribe fenetre, qui
n'6crase le crAne que particUement. La tete reste volumineuse, et des efforts
d'une certaine energie ne parviennent pas iTextraire; cependant Tinstru-
ment tient bon. Ne voulant pas m'exposer k I6ser les parlies maternelles par
des tractions trop fortes, je retire le cephalotribe, et le reapplique de suite.



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«U MISMOIRES ORIGINAUX.

Cette fois la tfite, mieux saisie et bien broy6e, est facilement extraite par
M. le D"" Dubois.

A la suite de cette operation, la malade est prise de retention d'urine qui
persiste pendant une semaine et d'une sciatique traumatique assez dou-
lou reuse. Mais aucun accident inflaramatoire u'est survenu, et le pouls n'a
jamais d6pass6 92 pulsations. Cetle femme est aujourd'hui parfaitement
r6tablie.

La lecture des observations pr^ceJerites convaincra, je pense, les
accoucheurs de la sup6rioritc du cephalotribe fen^tr^ sur le omphalo-
tribe commun, au double point de vue de la facility de la prehension
de la tete, et de la soliditc dvec laquelle cette t^te, une fois broyee,
reste saisie par Finstrument. Je sou Liens que, quelle que soit Thabilite
du chirurgien, il ne lui est pas ordinairement donn^, de terminer une
c 'phalotripsie, avec le cephalotribe ancien sans que, dans le cours de
Topdration, la tSte n'echappe une ou deux fois k Tetreinte de Tinstru-
ment. Si Ton obtient parfois d'embl^e un succ5s complet, combien plus
souvent Taccoucheur se voit contraint de multiplier ses manoeuvres,
parce que, dans le rapprochement de cuillers droites, qui ne saisissent
le criLne qu'incompl^tement, celui-ci fuit en avant, en arri^re ou en
haut; ou bien parce que la t6te n'a ele broyee que partiellement, et
conserve trop de volume pour I'ranchir le passage r^tr^ci du bassin ; ou
bien enfin parce que, pendant I'extraction, les mora du cephalotribe
glissent sur les cdt^s du crAne, et sortent sans rien amener. Que les
accoucheurs qui ont de frdquentes occasions d'op^rer veuillent bien
faire appel h leurs souvenirs, et ils conviendront que, dans la moiti^
des cas au moius, la c^phalotripsie est une operation pleine de dilB-
eult^s, de len Leurs et d'ennuis pour Taccoucheur, de fatigues et de
dangers pour la femme. Ces difQcult^s, ces lenteurs ne sont plus k
craindre aujourd'hui, jeTaffirme, et, quant aux dangers que court la
femme, si le c<^phalotribe fen^tre n'a pas le privilege de les ecarler
complfetement, je suis persuade qu*il les att^nue du moins dans une
tres-large mesure.

Les op(5rations rapport^cs dans ce travail sont les seules, h ma con-
naissance, qui aient 616 taites jusqu'ici avec mon c(5phalotribe. S'il en
est d'autres, j'exprime aux confr5res qui les ont pratiqu^es, le d^ir
d'en connattre le r^sultat. Celui des faits que je relate est, comma on
a pu s en convraincre, on ne pent plus satisfaisant : treize succ^ sur
treize operations, il est impossible de demander plus.

Ce r^sultat favorable pouvait d'ailleurs 6tre pr6vu. Une experience,



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CfiPHALOTRIBE FEN^TRfe. 615

aujourd*hui s(5culaire, a prouv6 combien le forceps, en vertu de la
forme concave de ses cuillers, qui lui permet d'embolter le crAne,
exerce une action solide sur la t6te qu'il a saisie. Les plus fortes trac-
tions ne peuvent lui faire lecher prise quand il a ^t^ bien applique. II
6tait done prc^sufnable qu'un cdphalo tribe se rapprochant du forceps
par sa forme, c'est-^-dire pouvant, comme lui, circonscrire presque
enti^reraent Textr^mit^ cephalique, pr^enterait les m^mes avantages
au point de vue de la solidity de la prehension. L'exp^rience a jus-
qu*ici, pleinement justiQ^ ces pr^somptions.

D'une autre part I'application de Tinstrument ne pr^sente pas plus
de difficult^s que celle du forceps. Elle a 616 sans doute facile entre les
mains de trois operateurs exerc^s, mais j'ai la conviction que tout m6-
decin sachant appliquer le forceps reussira tout aussi bien ^ se ser-
vir de mon c^phalotribe, en prenantla precaution tr^s-essentieJle de
porter d'abord Textr^mite d'une main jusqu'au dessus du d^troit su-
p^rieur pour guider I'introduction des cuillers, qui doivent aller saisir
la lete dans le grand bassin, et aussi de faire soutenir I'extremite mo-
bile du fcBtus par les mains d'un aide appliqu^es sur les c6tes de Thy-
pogastre.

Ainsi done, au r^sumd, yo\\h un instrument qui, k une puissance
sufflsante pour briser la base du crftne d'un foetus h terme, r^unit Ta-
vantage d'une application facile, d'une prise sftre et solide; qui pr6-
vient par 1^ les lesions maternellesproduites trop souvent par le glis-
sement des mors et les applications ordinairement reiter^esde I'ancien
cephalotribe, ou par Tengagement force dans les voies g^nitales d'une
tfite broyde partiellement et, par consequent restee volumineuse. Eh
bien, je dis qu*un instrument qui poss^de cet ensemble dequalites de-
vait necessairement abaisser le chiffre de la mortality chez les ope-
rees, et que ses bons effets dans la pratique etaient chose facile ^ pre-
voir.

Le cephalotribe fenStre suflira pour terminer Taccouchement, dans
la grande majoriie des cas. 6 centim5tres 1/2 representent en eflet la
limite extreme de son champ d'action, et cette limite est fort rarement
atteinte dans les faits de la pratique. C'est presque toujours entre 7 et
9 centimetres qu'oscillent les retrecissements pelviens pour lesquels la
cephalotripsie est rendue necessaire, et Ton voit que, dans les treize
faits cites plus haut, le diametre sacro-pubien du bassin n'apas etein-
ferieur au premier de ces deux chiffres.
Je dois faire intervenir ici, relativement au cephalotribe fen6tre,une



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616 MEMOiaES ORIGINAUX.

observation importante, c'est que je ne reconnais, comme 6tant mon
instrument, que c^elui qui reproduit exactement le type d^crit ci-des-
sus, et dont le specimen original se Irouveentre mes mains. C'est le seul
dont jeveuillegarantir lesavantages, etdonton puisse attend re lesser-
vices quTB j'ai indiqu^s. Ces reserves me sont suggerees par les copies
inex'acLes qui me sont tomb^es sous les yeux et dans lesquelles il m'est
impossible de reconnattre mon cephalotribe. II ne suffit pas, en effet,
pour avoir ce dernier, de diminuer le volume du forceps et d*en ac-
croitre la solidity, il faut que les mesuresque,fai donnees soient scru-
puleusement reproduites. Une difKrence, en apparence l^gere, dans
la force des branches, dans la profondeur, la largeur, la courbure ou
la longueur des cuillers, change notablementlesconditions dufonction-
nement deTappareil, et suffit pour Faire, d'un bon outil, un instru-
ment d^fectueux ou inutile. Je ne saurais done trop insister pour que
ceux de mes confreres qui seraient disposes ^ faire usage do cephalo-
tribe fen6tre, s'attachent h poss^der un appareil enti^rement conforme
^ mon module.

Je ne terminerai pas cette notice sans r^pondre^ deux observations
critiques dont le cephalotribe fen^tre a 6t6 1'objet. La premiere est que
jusqu'ici je n'en ai fait usage que dans des r^tr^cissements mod^res
(7 centimetres i/4 ^ 9 centimetres), et que son epaisseur minimum
(56 millimetres) le rend incapable de servir dans des retr^cissements
extremes du bassin. La second est que, dans nos ouvrages pubiies h
Tetranger, on trouve des figures de cephalotribes fen^tres comme le
mien, et qu'en consequence mon instrument n'est pas nouveau. La re-
ponse k ces critiques me paralt facile.

Et d'abord, relativement k la premiere, je repete que mon but, en
faisant construire un cephalotribe different par sa forme du cephalo-
tribe ordinaire, a ^i6 uniquement d'obtenir un instrument pouvant
mieux que ce dernier, saisir et (^eraser tr^s-silrement la t^le foetale,
puis Textraire ensuiteavec le moins de difficultes et de dangers possi-
ble, dans les retrecissements moyens du bassin, c'est-^-dire dans les fails
ordinaires de la pratique. Dans les bdssins de cette categoric mon ce-
phalotribe a fait suffisamment ses preuves d'efficacite ; j^esp^re qu'on
voudra bien le reconnaitre. Je ne me suis done nuUement propose
d'arriver k produire un ecrasement considerable du crane et k faire
passer celui-ci k travers un cercle osseux tr6s-etroit, par la raison
qu*une telle operation me paralt des plus dangereuses, et qu'ilest pre-
ferable, dan5 c^s conditions d'etroitesse du bassin, de renoncer h ope-



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REVUE SCIENTIFTQUE ETRANGtlRE. ' 6!7

rer soi-m6me Textraction de Tenfant. En resume le omphalotribe fen6-
tr6 a 6i6 fait pour lesretrecissements moderns dubassinetnes'adresse
qu'^eux. II se pr^sente commcunauxiliaireduc^phalotribe ordinaire,
sans pretendre le supprimer compl^tement. Je crois du reste que les
cas uniquement justiciables de ce dernier seront desormais exceplion-
nels, comme le sont d'ailleurs les bassins assez etroits pour offrir
moins de 6 centimetres i/^ dans leur plus petit diam^tre.

Reste la remarque relative au d^faut d'originalit^ du c^phalotribe

fen^trc et ^ sa ressemblance avec certains c^phalotribes etrangers.

Cette ressemblance, il me semble impossible d'en bien juger quandon

n'a sous les yeux que des figures dt^pourvues de toute indication de

mesures, et qui ne peuvent en consequence donner une idee exacte de

ce qu'elles repr^sentent. Si Ton veut bien se reporter aux instruments

eux-m^mes, et non pas seulement h leur reproduction graphique, on

n'aura pas de peine, je crois, h saisir les differences qui les distinguent

de mon c^phalotribe. II me paraitrait par trop extraordinaire que, di-

rig^s par nos seules inspirations, n'ayantete guides par aucun dessin,

aucune figure, nous fussions pr^cisement arrives, M. Collin et moi, k

construire un appareil semblable ^ ceux qui existc-nt d^ja h Tetranger.

J*ajoute que si pourtant, par un hasard assez strange, on en convien-

dra, je n'avais fait que r^editer ce qui se voit ailleurs, je me contente-

rais bien volontiers du m^rite d*avoir introduit dans la pratique fran-

Qaise un instrument utile etcompldtement inusite, sinon inconnu, cbez

nous. ,

REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGERE.



Bu souffle ut^rin, par le Dr James Gumming, d'Edimbourg.

M. Lejumeau de Kergaradec, en auscultant une femme enceinte,
pour rechercher les battements du cceur foetal, entendit un bruit
synchronique avec les pulsations de la mere, qui sembla se produire
dans un grand- nombre de vaisseaux, et qui etait caracleris^ par un
bruit semblable h celui que Ton entend dans certaines maladies du
coBur, ou des gros vaisseaux. Get observateur 6mit alors cette opinion
que ce bruit avait quelque rapport avec le lieu d'implantation du pla-
centa dans I'uterus. Ce fut le premier auteur qui,en 1821, lit la d^cou-
verte du bruit de souffle; il s'agissait d'une femme enceinte avanc^e
dans sa grossesse, et chez iaquelle il cherchait, avec le D*" Breheret,



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CI 8 REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGERE.

les battements du coeur fetal. Ces derniers ne furent pas entendus,
mais ces deux observateurs pergurent le souffle. Cette femme accoucha
deux jours apri^s d*un enfant mort et putrefi^.

La plupart de ses recherches sur ce bruit de souffle furent faites
avec son ami La^nnec, ^ I'hdpital Necker.

Le souffle a 6ie compare au sifflement, aux vibrations d'une corde
basse, au roucoulement d'une tourterelle (Cazeaux), au souffle
anevrismal ou cardiaque (Leishman), aux vibrations d'une grosse
corde m^tallique, au souffle sibilant, aux rAles sonores de la poitrine,
au souffle d'une tumeur Erectile (Velpeau), au bruit des art^res ca-
rolides et brachiales (Lafinnec), au bruit produit par Pair qui sort d*un
soufflet (Von Siebold), au vent qui se pr6cipite au travers' des bran-
ches d'un arbre sans feuiiles (Matthew^s Duncan)(i), a un bruit sifflant
et soufflant d'une intensity variable (Schroder) (2). Queiques auteurs
]e d^signent par le nom de bruit de diable, etc. II augmente au d^but
des douleurs, devient plutdt sibilant et disparait ^ Tapog^e de la con-
traction uterine (parce que le sang ne passe pas alors h travers Tut^
rus).

II y a trois theories sur les causes de ce bruit de souffle :

I. Qu'il se produit dans la circulation ut^ro-placentaire, ct de Ih
appel'^ souffle utdro-placentaire. Cette manifere de voir a ^t6 soutenue
par Kergaradec (3), Every Kennedy (4), Ulsamer, Laennec, M. de
Lens, OUivry, Cazenaveet Hohl (5).

Every Kennedy, qui, peu de temps apres Kergaradec, s'occupa
beaucoup de ce bruit, a d^clar^ que le souffle ne s'observe que lorsque
la circulation placentaire existe, et cesse quand les vciisseaux qui ela-
blissent les rapports avec cet organe ne sent plus permeables.» Et plus
loin il ajoute qiie quand Tutdrus est vide et contracte apr^s la d6li-
vrance, ou lorsque le foetus est mort dans Tut^rus, le souffle ne s'en-
tend plus longtemps. II ne m'a pas 616 possible de savoir si cet auteur
est reste fiddle \ son opinion bas^e sur plus de cinquante observa-
tions. La plupart des auteurs modernes consid^rent que cette th6orie
sur la cause du bruit de souffle est erron^e.

Voici quelques-uns des arguments qui ont 6t6 souleves centre cette

(1) Notes of Lectures on Midwifery and Diseases of Women, 186T.
(-2) Lehrbuch der GeburtshUlfe, 1872.
(3) M6moire sur rauscultation, par J. de Kergaradec, 4822,
■ (4; Observations on Obstetric Auscultation,
(o) Die Geburtshulfliche Exploration.



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REVUE SGIENTIFIQUE ^TRANGERE. 61 9

maniSre de voir : Depaul (1) a entendu ce bruit de souffle dans trois
points differents et h ]a tbis. Beau a entendu ce m^me bruit chez une
lemmeafTectee d'un kyste de I'ovaire. Le souffle a dte egalement pergu
dans des cas de sarcdrae vasculaire, de volumineuses tumeurs de I'ab-
domen, etc. (Montgomery) ("2).

Nagle (3) cite un cas d'une femme qui regut, au septi^me moisde
sa grossesse, une blessuj^e. Les battements de coeur fcetal cess^rent
d'etre entendus. Mais le souffle ut^rin resta distinct jusqu*^ la fin.
Elle fut delivree peu de temps apres d'un enfant mort, deja tr^s-
decompose, et chez lequel la mort remontait d6j^ h trois semaines en-
viron auparavant. En outre, si ce bruit depend du placenta, il doit
6tre proportionne h I'etendue de ce dernier organe. dependant, on peu^
entendre un bruit de souffle fort et retentissant, alors que le placenta
est petit et malade. Sur 295 cas, Depaul entendit ce bruit distincte-
ment de chaque c6l6. Dans 185 de ces cas, le mfime auteur a d^lar6
que la mort du fostus, dans I'ut^rus, ne determine aucune difference
dans I'intensile de ce bruit. On I'a entendu dans des cas oh le cordon
faisait procidence, alors que le cceur fcetal avait cess6 de battre.

Velpeau (4) mentionne un cas dans lequel la t^te d'un enfant hydro-
c^phale a 616 ponctionnee, et quelque temps apr^s le souffle fut pergu
fortotbien distinct. II dit egalement que chez une femme admise
h rh6pital Saint-Antoine, en 18^9, on entendit tres-bien le souffle, en
rafime temps que I'apparence exterieure faisait croire h une grossesse
arrivee entre le quatrieme et le cinquieme mois. L'examen direct
des parties fit reconnaitre I'existence de deux volumineux fibrdmes
ut^rins.

Co m6me bruit a 616 entendu dans des cas oti les enfants 4taient
macer^s, alors que le placenta et les vaisseaux ^taient remplis de
sang epais et coagule.

Lagnnec, qui est partisan de la th^orie utero-placentaire regut de
OUivry, de Quimper, lalettre suivante : « J'ai reconnu bien positive-
ment, sur quatre femmes, la verity des observations que vous m'avez
communiqu^es. Je me suis assurd, en introduisant la main dans la
matrice, iramediatement apres la sortie de I'enfant, que le point oh

(1) Traite theorique et pratique d'auscultation obst6tricale.

(2) Signs and Symptoms of Pregnancy.

(3) Lancet, 1830-31.

(4) Trait6 complet de Tart des accouchements.



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620 REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGftRE.

j'avais entendu les pulsations avec souffle avant raccouchement, cor-
respondait exactement k celui oil le placenta ^lait implants. Je fus
tellement convaincu de cette v^rit6, que je ne rep^terai plus cette re-
cherche qui est assez p^nible pour la nouvelle accouchde. S'il yous
fallait une nouvelle preuve & Tappui de Topinion que vous avez mani-
festee relativement h la cause qui produit ce bruit de souffle, vous la
trouveriez, comme moi, dans sa cessation^ « Vimtant meme ou fon
coupe le cordon ombilical, n Cazenave et Monod sont egalement du
mSme avis. £n opposition k cette mani^ie de voir, je rappellerai
bri^vement que Carri^re entendit le souffle vingt-quatre heures, et
Collins (1) quarante-quatre heures apr^s Texpulsion du placenta. II
r6sulte de ces observations que le souffle ne depend pas de la circu-
lation utero-placentaire.

II. Dans la seconde th^orie, on admet que le bruit de souffle est dii
k la compression des gros troncs art(^riels situ^s post^rieurement
(raorte ou les art^res iliaques), de \k le nom de souffle abdominal;
cette th^orie a et6 soutenue par Bouillaud, Hans, Kivish et Nagle.
Bouillaud a fondd son opinion sur ce fait quUl a entendu le souflle
dans un cas oil une volumineuse tumeur abdorainale exergait une
compression veritable sur los vaisseaux de Tabdomen. Cette tumeur
avait ^t6 prise par erreur pour une grossesse. Cusack de Dublin
soutient la m^me theorie, se basant sur ce qu'il a entendu un bruit
semblable dans un cas d'hypertrophie considerable de la glande
thyroide.

Si cette theorie est la veritable expression de ce ph6nom5ne, nous
devons entendre le souffle ^imultan^ment des deux c6t6s et dans des
points fixes del'abdomen. En outre, d'apr^s cette mtoe opinion, le
bruit de souffle doit disparaitre, si Ton suppose la femme plac^ ^plal
ventre, mais cela ne diminue pas le bruit.

III. On a dit encore que ce bruit 6lait produit dans les vaisseaux
qui se ramilient dans les parois ut^rines, de \k le nom de souffle ute-
rin. Cette opinion a6t6 soutenue par Dubois, Depaul, Cazeau (2), Mat-
thews Duncan, Tanner, Tylers Smith (3), Leishman (4) et Schroe-
der (5).

(I) Dublin Medical Journal, 1838.

"i) Traits theorique et pratique de Tart des accouchBments.

(H) Manual of Obstetrics.

(4) A System of Midwifery.

(5) Lehrbuch der Geburtshulfe.



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REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGfiRE. 621

Quelques mots sur le systfeme vasculaire de Tul^rus. — Les art^res
viennent de deux sources : -r— io Lesart5res uterines qui proviennent
des divisions anl^rieures des iliaqiies internes, passent enlre les
feuilletsdu ligament large, et envoient des branches qui se ramiHent
dans la substance de Tut^rus; 2® desarteres ovuriennes, provenant de
la partie ant^rieure de Taorte, un peu au-dessous de Foriginc des ar*
t^res renales, et passent entre les feuillets du ligament large, sous le
bord inf(6rieur des ovaires auxquels ces art^res se distribuent, puis,
en outre, envoyent des branches h Tut^rus. L'artere uterine fournit
fr^quemment une branche au vagin qui pent s'anastomoser avec une
branche de Tiliaque interne. Ses veines se distribuent d'une serablable
faQon et se terminent dans les plexus ut^rins. Elles ont un large vo-
lume, et, en dehors del'ut^rus, elles prennent le nom deveri tables vei-
nes, mais dans I'^paisseur de Tuterus, elles perdent leurs parois veri-
tables et ne sont plus constituees que .par leur membrane interne qui
adhere aux canaux creus^s k travers la substance de Puterus. Ces
vaisseaux (art^res et veines) sont remarquables par leur trajet tor-
tueux et leurs nombreuses anastomoses.

Cours du sang maternel. — Le sang est transporte dans les cavit^s du
placenta par lesarteres h^licjnes (qui viennent desartires de Tuterus)
et il retourne par des troncs droits, larges et courts, qui passent obli-
quement h travers la s^rotine et conduisent leur contenu dans les
grands sinus ut^rins.

Cours du sang foetal, — II vient par les deux art^res uterines j usque
dans les villosit^s, et retourne^ reni'ant par la veineombilicale.

La forniation du placenta commence dans la derni^re partie du se-
cond mois de la gestation, et il acquiert ses caracteres propres dans le
cours du troisieme mois. Albinus, Hunter, Dubois et Mareschi, on fait
des recherches sur I'anatomie des rapports du placenta avec Tut^rus.

II paralt Evident que la th^orie qui admet que le souffle est produit
par les vaisseaux qui se ramiflent dans les parois uterines, thf^orie
soutenne par les auteurs les pluscomp^tents qui ont dcrit sur ce sujet,
est la seule admissible. Matthews Duncan attribue ce bruit « au sang
qui se pr^cipite h travers les sinus malernels. » Schroeder dit qu'il
n'est pets douteux que le souffle ne soit produit « dans les larges vais-
seaux de I'ut^rus et qu'on ne pent tirer aucune conclusion certaine
pour la production de ce bruit dans le lieu d'implantation du pla-
centa. 9 Sice souffle est, dans bien des cas, entendu plus distincte-
ment dans le point de I'ut^rus qui correspond^ Tinsertion placentaire,



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622 REVUE SCIENTIFIQUE 6TRANGERE.

cela tient tr5s-pi'obablement h ceque lesvaisseauxsonl en ce point en-
core plus largesqu'aille'jrs, et peut-^tre cela peut expliquer comment
des horamestr^s-dminents ont pu attribuer ce soufTle h la seule circu-
lation ut(5ro-pIacentaire.

IV. Andral et Scanzoni pensent que le souffle est dii h « I'alt^ration
du sang pendant la grossesse. » Comme dans la chlorose (diminution
des globules rouges).

V. Lastly dit que ce bruit est dt « ^ la multiplicity des couranls
sanguins dans Tint^rieur desparois ulerines, » opinion soutenuepar
de La Harpe.

A quelle p^riode de la grossesse le souffle s*entend-il pour la pre-
miere fois?

Voici quelques-unes des opinions, ^mises h ce sujet, par les princi-
paux auteurs.

i<> A la fin de la dixi6me semaine. — Evory Kennedy (1).

2o Du milieu de la onzifeme h la fin de la douzi^me semaine. — De-
paul (2).

3o A la fin de la douzi^me semaine. — Tanner (3).

4© Entre le troisi^me et quatri^me mois. — Carri^re.

5® Durant lequalrifeme mois. — La6nnec (il, Tyler Smith (T).

6o A la fin du qualri^me mois. — Dubois, Monod, Kennedy, Meiss-
ner et Nagle, pensent que ce souffle est un signe h peu pres certain
de grossesse. Elliotson, Fergtis?on,Forrestier5 Dug6s, Ryan (6) etLe-
normand, d'autre part, n'ont que peu de confiance dans ce signe.

En resum6, le souffle utdrin est un sympt6me, mais non un signe

de grossesse.

(A mihre,)

{Edinburgh Medical Journal]

Sur la structure de la muqueuse uterine dans ses changemests
p^riodiques, par John 'Williams.

L'auteur fait d*abord remarquer combien Tetude des modifications
quesubit la muqueuse dans le laps de temps qui s'^^coule depuis la



(1) Observations on Obstetrical Auscultation*
(^) Loc cit,

(2) The Signs and Disease? of Pregnancy.

(4) De rauscultation mediate.

(5) Manual of Obstetrics.

(6) Manual of Midwifery.



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REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGERE. 623

cessation d'une ^poque menstruelle, jusqu'k la terminaison des regies
suivantes. En effet, la plupart des femmes qui meureiit pendant la



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