William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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not6 si souvent en pareil cas, en grande partie d6faut. Au bout de deux se-
maines, il n*y paraissait plus sous ce rapport, et la sant6 g^n6rale redevint
rapidement ce qu'elle n*avait jamais cess6 d'etre, aussi excellente que pos-
sible ktous les points de vue. Les regies repamrent au bout de cinq k nit
eemaines, accompagn6es comme jadis de fortes migraines, moins violentes
toutefois qu'avant cette attique d'^clampsie, qui restera grav6e dansle sou-
venir de tons ceux qui en ont 6t6 les t6moins.

Aujourd'hui, 28 d6cerabred874, apr^s six mois 6coul6s et un examen fr6-
quemment renouveld, je puis affirmer que depuls cette 6poque cette femme
est demeur6e dans un 6tat de sant6 aussi florissant que possible.

Reflexions. — Cette observation me paralt interessante h un haut
dogr^ et k diffi^rents points de vue.

D'abord au point de vue du traitement, qui a ^t^ institu6 pour com-
battre les accfes ^clamptiques, si frequents, si graves et si prolong^,
qui mettaient h chaque instant, en si grand p^ril les jours de la malade.
Malgr^ toutes les recherches que j'ai pu faire, je ne suis pas parvenu
& trouver un seul cas d'^clampsie puerp(5rale qui, jusqu'4 ce jour, ait
6i6 combatfu exclusivement par le bromure de potassium Ji haute dose,
et ce qui m'a d^termin^, je dois le dire sans la moindre hesitation, k
m'adresser h ce puissant agent th^rapeutique, h coup s(!ir une des plus
grandes d^couvertes de ce siecle, c'est que je me suis laiss^ guider par
la plus imp^rieuse des indications qui s'offrait k moi dans le casque
j'avais sous les ycux.

Si le lecteur veut bien se reporter aux conditions dans lesquelles je
me trouvais, en prfeence dece facies cyanos6 et vultueux ; en un mot,
de cette veritable asphyxie, non pas au d^but, mais tr&s-avanc6e, il
comprendra que la premifere indication k remplir 6tait, si faire se pou-
vait, de dicongestionner le cerveau, De Ik k employer le medicament
qui, par excellence, remplit ce but quand il est pur, le bromure de po-
tassium, — et pounle m§me motifs rejeter Temploi du chloroforme,
le moyen si employ^ centre I'^lampaie puerp^rale, et m6me le chloral,
qu'on pretend se transformer dans r^conomie en chloroforme, il n'y
avait qu'un pas ; car il me paralt bien difficile de contester que Tanes-
th6sie produisant la detente g6n6rale du syst^me musculaire, n'est
produite elle-mfime qu'en determinant la congestion du cerveau. Done,
en employant chloral ou chloroforme, J'aurais produit une plus grande
congestion des centres nerveux, et porte, par ce seul fait et en quel-



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632 REVUE DES SOGIllTISS SAVANTES.

ques minutes, le coup de gpAce h la malade. Si j'avais eu recours au
traitement par le chloroforme, qui est de beaucoup le plus employ^
dans r^clampsie, j'aurais trfes-correclement peut-6tre, mais tr^s-sftre-
ment obtenu, comme r^sultat imm^diat, le d^cfes de la malade.

II est impossible d'ailleurs de contester au bromure, et au bromure

seul, le merite du r^sultat; car, avant son administration, 47 acc^s,

tous h peu pr^s d'une gravity 6gale, et par la dur^e et par Tin tensity

symptomatique, avaient eu lieu successivement. Rien n'annongait que

cet 6tat de choses si compromettant pour la vie allM prendre lin,

quand subitement, sans autre modification^ cette situation ddsesp^r^

que ringestion de 20 grammes de bromure tr^s-pur dissous dans

200 grammes d*eau distill^e, les acc^s deviennent et beaucoup plus

rares et beaucoup plus faibles, puis disparaissent pour ne plusrevenir.

Aprfes avoir vaincu les acc6s 6clamptiques, il restait k provoquer

Taccouchement. Au sulfate de quinine seul revient ^videmment le m&

. rite du r^sultatsi compl^tement obtenu. Quelle confirmation ^clatante

des propri^tds abortives du sulfate de quinine, sur lesquelles M. le

D' Dubou6 (de Pau), apr^s le D' Monteverdi (de Crtoone), ont rendu

le tr^s- grand service d'appeler Tattention du monde medical ! D^ji, h

difldrentes reprises, me trouvant dans Timpossibilitd de me procurer

rapidement de I'ergotde seigle, le sulfate de quinine m'avait rendu de

vdritables services, et c'est ce qui me donna Tidde, dloignd comme je

Petais alors de toute pharmacie, de faire appel ^ ses propria tds abor-

tive?, et on a pu constater que ce n*a pas 6te en vain.

Enfin, au point de vue dtiologique, il est v^ritablement digne de
remarque que^ cbez cette femme, Toed^me des paupieres et desjambes
s'dtant manifesto deux mois avant Tdclampsie, aucune trace d'albu-
mine n'a pu 6tre trouvde dans les urines, traitdes neuf Jours avant I'ac-
cidentpar Tacide nitrique, ni irois jours apr^s, trait6es par Tacide
nitrique et par la chaleur combines. [Union midicale.)

REVUK DES SOGIETES SAVANTES.

agademIb des sciences.

stance du 30 ao^t 1875.

Ddviations utdrines; traitement et garrison par la myotomie
uterine Ign6e sous-vaginale.

M. le D' Abeille a pr6sent6 h TAcad^mie des sciences de Paris, un
memoire sur ce sujet tr6s-int6ressant, qu'il termine par les conclu-
sions sui van tes : 1° Les deviations et inflexions ut^rines extremes ont



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REVUE DES SOClfeTlSS SAVANTES. 633

6t6 jusqu'ici r^puWes incurables, et les malades 6taient vou63 leur vie
durant, h subir ces infirmit^s avec toutes leurs consequences, dont

quelques-unes rendent Texistence insupportable. Les moyens pour les
gu6nv ont 616 insufQsants, souvenl illusoires, parfois tr^s-dangereux,
et 11 reste encore ofDciellement profess^ qu'^ cet ^gard il faut s'en
tenir k Tapborisme legu6 par Velpeau : « Les deviations ut^rines ne
tuent pas, mais on ne les gu^rit pas. »

2o Une pratique qui repose sur neuf ann^es d'experiences et qui se
resume en 73 observations, me perniet d'^tablir que les deviations et
inflexions ut^rines, comme les accidents auxquels elles donnent lieu,
ou dont elles sont la consequence, guerissent dans la grande ma-
orite des cas par ma methode de traitement, et guerissent sans
que les malades aient h redouter le moindre danger. A cet egard, il
faut distinguer de suite les deviations en celles qui sont libres de tou •
tes adherences, ou brides intra-pelviennes et qui, par consequent,
sont susceptibles de reduction, et celles qui, mainlenues en position
par des adherences des brides, ne sont pas susceptibles de reduction
complete. Lc nombre de ces dernieres est relativement minime, puis-
que sur 73 je n'en ai observe que 6, et encore, dans ces dernieres,
on obtient un demisucces, en ce sens que les malades sont gueris
des erosions, granulations, exulcerations , phlegmasie catarrhale
chronique et engorgements plus ou moins etendus qui, en somme,
sont les causes immediates des troubles fonctionnels, locaux et gene-
raux, et qu'elles ont, avec certains moyens de contention, la possibi-
lite d'une existence exempte de toute souffrance, avec la liberte de la
marche et du travail.

3o La methode que je propose comprend deux parties distinctes :
!• le traitement general, qui a pour but la reconstitution des forces
organiques, qui s'adresse aux diatheses, cachexies, vices de constitu-
tions, etc. ; 2" le traitement local dont Toperation, precedee etsuivie de
soins et pansement locaux, est la clef de voAte.

Le precede operatoire auquelj'ai recours est la myotomie uterine
ignee sous-vaginale. II ne pent etre mis en pratique avec des instru-
ments tranchants h froid, h cause des hemorrhagies incoercibles qui
en result'^ruient et de la trop facile production de la resorption putride
oil purulente, les orifices de vaisseaux sectionnesjrestant alors beants.

11 ne pourrait eire pratique non plus au moyen de la galvano-caus-
tique, ^ cause de la multiplicito de formes des sections h executer, et
ccla k travers un etroit espace compris entre les parois du sp6culum



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634 REVUE DBS SOClftTSS 8AVANTES.

cl le col engage dans le champ de rinsirnment. II n'est, extentable
quavec des tenotomes chaufKs au rouge bnin, ou rouge cerise, trfes-
exceptionnellement au rouge blanc, et, dans ce cas, il faut ensuite es-
carrifier la surface avec un tenotome au rouge brun pour arrfiter le
moindre 6coulement de sang, point essentlel,

Ces tenotomes,- fix6s k Textr^miW libre de leup longue tige & un
manche en bois, sont de formes multiples et varices pour toutes les
indications h remplir : mousses ou ac6r6s h leur extr^mit^, courbes
sur plat h droite, h gauche, droits ou obliques, recourbfe sur tran-
chant ou sur dos, h angle plus ou moins ouvert, en col de cygne
m6me, pour s'adapter h Tespace compris entre les parois du speculum
etle col, et poCir pouvoir agir sur les points precis. lis sont done por-
t6s sur ces points et n'agissent que dans le sens, la direction, P^ten-
due et la profondeur que Ton veut, chose indispensable pour la bonne
execution.

5^ Les sections doivent atteindre la couche musculaire moyenne de
Tut^rus, centre d'action; dans Tant^version et la retroversion, il faut
faire trois sections Iranversales vers la Jonction du col avec le globe :
une h un centimetre ou un centimetre et demi du museau de tanche,
et une interm^diaire ; il faut ensuite faire deux incisions longifudi*
nales de forme elliptique, allant de la section transversalie sup^eure
h rinf^rieure, puis abraser superficiellement les tissus compris enlre
celles-l&. Dans le cas oil le museau de tanche est incurve en col de
cornue, on fait, avec un secateur, par emporte-pifece, unefexcision en
V renversi dont la base embrasse le rebord de la 16vre qui forme la
courbe, et le sommet se termine h la section transverse inf(6rieure.
Avec des caut^res de diverses formes on fait disparattre ensuite les
exulc^rations, Erosions, granulations, quand il en existe, et on va jus-
que dans la cavity cervicale d^truire les granulations et la muqueuse,
si^ge de phlegmasie catarrhale chronique.

60 Dans Tante version, les sections doivent porter sur la face ant^
riuure de Torgane; elles doivent Atre ex6cut6es sur la face po8t6rieure
dans la retroversion. Quand les ant^versions ou retroversions sont
obliques h droite ou h gauche, on op&re en avant, h droite ou k gau-
che, pour avoir les cicatrices retractiles dans le sens du redressement
ii obtenir.

7« Quand on opere un abaissement de matrioe, le proc6de operatoire
difi^re du precedent. II faut alora faire deux sections, une k droite,
I'autre k gauche, vers la jonction du col aveo le globe; puis, de char



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SOGlirtS SAVANTES. 635

que angle de section, faire partir una incision allant obliquement
Tune en arri^re, Tantre en avant, pour aboutir aux culs-de-sac ren-
verses. Ces incisions, profondes ^sur le col, se lerminent superficielle-
ment sur les culs-de-sac. Avec le secateur forme ciseaux, courbe sup
plat vers la pointe k angle presque droit, on fait Texcision d'une par-
lie des l^vres du museau de tanche; cette excision porte plus profon-
deinrnt sur la 16vre pro6minente s'il y en a une. Si, en mftme temps
qu'ahaissoment, il y a fort engorgement du col, il faut faire sur cha-
que face lateraje de cette portion de Torgane une incision longitudi-
nale allant de la section transversale sup^rieure h un demi-centim6tre
du Touverture du museau de tanche.

8° Quand Tabaissement de I'ut^rus se complique de deviation, le
globe est n^cessairement abaiss6 dans le sens oil il d6vie, et la partie
oppos^e ou n*a pas boug6, ou est remont^e. En cas pareil, on op^re
d'abord ponr obtenir le redressement comme dans les deviations;
puis, en pratiquant sur les angles de la section sup^rieure transverse les
deux incisions obliques allant aboutir au cul-de-sac renvers^, on est
s(ir d*obtenir le redressement.

9^ ^operation n'expose h aucun danger, n'est suivi d'aucun acci-
dent, si on a le soin d*obtenir I'escarriQcation sur tous les points sec-
tionn^s; elle n'est jamais suivie d'inflamraation chromatique vive,
grAce h cette escarrification et h Tapplication consecutive de la glaco
sur le bas-ventre. Une seule fois, sur 73 cas, j'ai eu h combattre un
commencement dMnfection putride due h quelques vaisseaux section-
nes resits brants et fournissant du sang. En escarrifian tees surfaces
uvec un tenotome au rouge brun, j'ai tari la source de la resorption
et ai pu facilement me rendre maitre ensuite des accidents apparuB.
10" Quand on explore les malades apr^s gu6rison complete, on
trouve sur le planoher vaginal et correspondant aux sections sup6-
rif.ures transverses ou obliques, de fins replis en saillies resultant de
cicatrices inodulaires de la muqueuse qui servent d6sormais de liens
de maintien, tandis que toute la surface du museau de tanche pr^-
sente un tissu uni comme k retat normal et comme si aucune incision
n'avait ete pratiqu^e.

11* Enfin, non-seulement les fonctions gdnitales n'^prouvent aucun
trouble ulterieur par suite de I'operation, mais dans trois observa-
tions, les malades sont devenues enceintes peu de temps apr^, de
trois ^ cinq mois, et mene la grossesse ^ bonne fin quand elie n'avait
pu 6tre fecondees depuis trois ou quatre ans. (Scalpel.)



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936 REVUE DES S0GI&T1SS SAYANTES.

SOCIETE NATIONALS DE MBDECINE DE LYON.

Seance du 19 juillei i875.

M. BoucHACouRT commuTiique la premifepe partie d'un travail mr les
h4morrhagies uierines consecutives a P accouchement.

M. BouchacQurt 6tudie d'abord les causes^ et signale :

1° La retention d'urine, sur laquelle il ne craint pas d'insister avec
Schroeder; le cathet^risme fait alors cesser I'Waiorrhagie;

2" La laxity des parois abdominales, moins importante peut 6tre
qu'on ne Ta dit, mais qui veut 6tre consid^r^e. M. Bouchacourt in-
sisLe sur Tutilit^ du drap alsacien pour pr6venir les h^morrhagies
secondaires;

3° Le changement de lit trop prompt; ce changement ne doit pas
6tre op^r^ avant cinq ou six heures ^coul^es depuis raccouchement;

4* La tendance h enlever trop tdt les linges souill^s ;

5*» La chaleur du lit ou de la chambre et mSme les applications chau-
des sur le ventre^ que font certaines gardes ;

6" La multiparit^ et les grossesses rapproch^es, qui sont des causes
pr^disposantes incontestables ;

7*» Les fibromes ut^rins. Sur ce point la pratique n'a pas justifi^
compl^lement les apprehensions th^oriques.

Quant ou iraiiement, M. Bouchacourt n'nsiste pas sur les moyens
classiques, mais s'^tend sur ceux qui ont pris r6cemment de Texlen-
sion, sp^cialeraent sur les injections et le tamponnement au perchlo*
rure de fer. A ce sujet, il cite la tres-interessante observation d*une
jeune femme prise au troisi^me jour des couches d'une endom6trile
violente consecutive k un tamponnement du vagin et.de Tuterusavec
des bourdonnets imbibes de perchlorure. Trois mois apr^s, il y avail
h trois centimetres de la vulve une bride circulaire h ouverture cen-
trale laissant h peine passer une sonde de femme ; la dilatation n'a pu
^tre obtenue complete qu'au bout de cinq mois, et on trouva alors un
col h peu pres disparu, sans la moindre trace d'oriflce. Cette commu-
nication devant donner lieu h une discussion dans la prochaine seance,
Tauteur se reserve de la completer alors.

Seance du 2 aoiit 1875.

M. Bouchacourt continue sa communication sur les himorrhagies
uierines consecutives a raccouchement,
L'auteur, parlant de revacuation du sang contenu dans Tut^rus,



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REVUE DES SOCIETES SAVANTES. 637

dit qu'il a longtemps, comme tout le monde, suivi cette pratique, la-
quellene doit pas ^tremise en OBuvre d'unc fagon banale et n'est pas
sans danger, ainsi que les faits le lui ont montr^. II a reconnu quel'in-
troduction de la main dans Tut^rus est souvent la cause de metrites,
de m^tro-vaginites et mSme de pdritonites. II cite Texemple d'une
jeune femme de vingt-quatre ans, prise d*h6morrhagie apr^s Taccou-
chement, chez laquelle on dut introduire quatre fois la main pour vi-
der Tul^rus, et qui eut une pdritonite. On doit du reste respecter les
caillots qui font TofQce d'obstructeurs. Ge qui est utile, c'est la con-
traction de I'utdrus r^v^lee par des douleurs de reins, ce sont les tran-
■ch^esut^pinesquiam5nentr^vacuation spontanee des caillots. M.Bou-
chacourt est du reste tr6s*port6 k conseiller I'examen du col apr5s I'ac-
couchement, soit au point de vue de T^tude du retrait de Tut^rus, soit
au point de vue de la recherche des sources d*une hemorrhagic.

L'auteur est convaincu que le seigle ergots est le meilleur des
moyens h^moslatiques. Mais que faut-il en penser comme moyen pre-
venlif de Th^morrhagio, et, dans ce ca?, h quel moment doit-on le
donner? II attache une telle importance h Tadministration du seigle
ergots comme moyen pr^ventif des h^morrhagies ut^rines, qu'il irait
jusqu'^ le prescrire sur la (in du travail, au moment oti la tSte est sur
le point de franchir la vulve. Mais il faut y joindre, aussit^t la femme
d^livr^e, les frictions sur Tabdomen; ces frictions ne doivent pas §tre
trop douces; il faut limiter Tut^rus avec les mains, et faire une s^rie
de pressions ; ces excitations peuvent conduire h Texpression uterine;
M. Bouchacourt ne peut s'empficherde faire en passant quelques re-
flexions sur ce que devient le sang reste dans Tuterus. Les caillots, de
meures longtemps dans lacavite uterine, peuvent-ils degenerer ? Les
preiendus polypes fibrineux n'ont pas, d'apr^s lui , cette origine, mais
se developpent sur des portions de placenta ou de membranes restes
dans Tuterus. Les caillots peuvent etre le point de depart d'alterations
desparois, de metrites internes ou parenchymateuses ; les hemorrha-
gies se retroiivent souvent dans reiiologie des affections uterines.

A cdte des hemorrhagies dont il vient d'etre question, il en existe
un second groupe, les hemorrhagies secondaires, bien etudiees il y a
quelques annees par M. Pomies dansun excellent memoire, et qui peu-
vent se produirent un certain temps aprfes Taccouchement. M. Bou-
chacourt cite le fait d'une jeune femme, accouchee depuis plusieurs
semaines, qui fut prise de petites hemorrhagies repetees; unjour, une
hemorrhagie un peu plus abondante amena une syncope et la mort.



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638 REVUE DES SOGIETES SAVANTES.

Doit-on aussi, dons ces cas, faire r^vacuation de TuleruB? II est pr6K-
rable de pratiquer avec la sonde ^double courant de SLoliz des injec-
tions intra ut^rines qui nettoient la cavity. Quant ^ la curette de Pa-
jot, c'est un instrument h avoir pour le montrer, mais non pour s'en
servir.

IJ est enfin une forme d'h^morrbagie qui n'a pas ^te assez eludiee,
c'est I'h^morrhagie secondaire desnourrices. Elle se montre un certain
nombre de jours, dix, quinze, vingt jours apres Taccouchement, se re-
nouvelant chaque foig que Tenfant prend le sein. L'examen local fedt
reconnaitre dans cescas-I^ que le col est gonfl^, entr'ouvert; en mSme
temps le corps de Tuterus est plus mou, moins revenu sur lui-mtoe
qu'il ne dfivait r^tre, Dans ces h^morrhagies de nourrice, il ne faut
pas craindre de laisser lever les malades* La cessation de rallaitemeiit
fait cesser ees h^morrhagies.

M. Pbrrin s'^tonne de cette derni^re assertion, et demande si ces
mftmes femmes, atteintes d'hemorrhagies etant nourrices, n'auraient
pas eu d'hemorrhagies plus abondantes si (?lles n'avaient pas nourri.
Tons les accoucheurs s'accordent h dire que les femmes qui allaitent
oat moins d'accidents que celles qui ne le font pas.

M. DiDAY rapporte unfaiti Tappuide I'opinion de M. Bouchacouri,
fait oil la contre-^preuve existe. Une jeune femme ne nourrit pas son
premier enfant et n'a pas d'h^morragie secondaire ; apr^s sa seconde
couche, elle nourrit et a une hemorrhagic.

M* I^couft tient h appuyer aussi ce qu'a dit M, Bouchacourt; les
b^iporrbagies secondaires sont Tobstacle le plus s6rieux au nourris-
sag^; on les fait cesser eii supprimant I'allaitement.

M. Lavirotte cite un fait dans le m6me sens ; une jeune femme ac-
couche deux fois, nourrit deux fois et a deux fois des h^morrhagies;
elle accouche une troisifeme fois, ne nourrit pas et n'a pas d'hemorrha-
gies secondaires.

M. Favbb, h propos du fait de tamponnement au perchlorure cite
par M. Bouchacourt daps la premiere partie de sa communication, dit
avoir observe un fait analogue : on fit un tamponnement au perchlo-
rure pour arr^ter une hemorrbagie apres raccoucbement ; il y eut des
douleurs vives^ oo oraigoit m6me une peritppite, majs 1^ malade
guerit*



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REVUE 0ES SOGI^TES 8AVANTES* 639

M. BoucHAcouRT ne peut accepter I'opinion deM. Perrin sur I'inno-
cuit6 de rallaitement. U est certain, il ressort d'une serie de r«'cher-
ches, specialement de celles de M, Jacquet, un de ses anciens chefs de
cliuique, que le retrait uterin se fait moins bien, plus leaLement cbez
les femmea qui nourrissent, et que les tranch^es sont chez ellefi plus
frequenteset plus intenses. Uncertain nombre defemmes oat degdou-
leurs ut^rines chaque fois que Tenfant prend le sein. II y a enfin une
anteflexion speciale qui est causae par le nourriswge.

M. Perrin. Ce que vient de dire M. Bouchacourt indique une ten-
dance h une moindrd aptitude au nourrissage, une sorte de deg^n^res-
cence de la race.

M. Lacour appuio ce qu'a dit M. Bouchacourt sur Tabus des manceu-
vres faites dans Tut^rus; il croit qu'on abuse sou vent de la deJivrance
artificialle.

M. P. Meynet demande si, en donnant le seigle ergots comme prd-

ventif au moment des derni^res douleurs, on ne risque pas de provo-

quer des douleurs trop violentes et de trop fortes pressions sur le pd-

rin^e; ne vaut-il pas mieux le donner apres la sortie de Tenfant et

avant celle du placenta? II demande h M. Bouchacourt ce qu*il pense

de I'administration de Tergotine h une nouvelle accouch^e que Ton

quitte apr^slad^livrance, ets'il croit que, dans lescas d'h^morrhagie,

ergotlne peut remplac^ le seigle ergots? Enfln, puisqull a 6i6 ques-

'tion des polypes fibrineux, n'est-ce pas h leur presence que sont dues

^certaines h6morrhagies secondaires, souvent pcu abondantes mais fr6-

quemment r^p^t^es, et n'esi-il pas indispensable d'aller cherchet' et

d*enlever ces polypes?

M, Soulier demande aussi des renseignejnents Bur le moment de
radministration de Tergot de seigle; M. Bouchacourt Ta-t-il souvent
doBn4 vers la ftn du travail, et n'a-t-il pas eu d'accidents? Pour c»^ qui
est de la valeur comparative de Tergot de seigle et de rergoliiie,
Mr Soulier d^clarp qu'iJ n'a pa9 QopWaooe dans Tergotine, et croit le
seigle ergots beaucoup plu» s<ir.

M. Bouchacourt, pour le moment de Tadministration du seigle, ac-
corde h MM. Meynet et Soulier qu'il est prudent do le donnm^ imme-
diatement apr5s la sortie de Tenfant; mais ilne faut pastarder plus, de
peur d'toesurpris par une htoorrhagie. II pr6Rre dans ces cas I'er-



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640 REVUE DES SOCIETES SAVANTES.

got puiv6ris6 r^cerament h Tergotine, Regardant celle-ci plut6t comme
un support de la retraction uterine que comme un veritable et puis-
sant h^mostatique. II donne le seigle k la dose de 50 centigrammes en
une prise, toutes les quinze ou vingt minutes, et Tergotine h la dosede
50 centigr. ^ 1 gr. au plus dans une potion additionnde de 4^5 gram-
mes de teinture de cannelle.

Quant aux h^morrhagies produites par des polypes (ibrineux,
M. Bouchacourt pense comme M. Meynet; du reste, tous les corps
strangers ut^rins donnent lieu k des hemorrhagies; on doit done y
songer, et, comme I'a dit tr^s-bien Marion Sims^ on de doit pas per-
mettre k Tutdrus de perdre une certaine quantite desang sans lui de-
mander pourquoi. Quand les polypes fibrineux am^nent des hemor-
rhagies r6p6t6es, on doit aller les enlever, sauf k dilater d'abord le col
si Ton est un peu loin de Taccouchement.

{Lyon medical,)



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE



Le Bassin dans les sexes et dans les races, par M. Verneau, docteur en m6-
decine de la Faculi^ de Paris, pr^parateur d'anthropologie, au Museum
d'histoire naturelle, membre de la Soci6t6 d'anthropologie. Paris 18T5,
in-8ode 156 pages avec 16 planches lithographi6es, par M. J. Formant. 6fr.

Special Rules lor the Management of Infants daring the Hot Season- -

Philadelphia.

Clinical memoir on Turning in pelres narrowed in the conjagate diamettf'
— Bey. W. Goodell. - Philadelphie.

Fibre mioma uterino esportato f elioemente coUo schiacciamento linearei

par le D' Calderini. — Parma.

Gonsiderazioni generali sulle infezioni nolle puerpere e relazione didima^
oasi di scarlatina nelpuerperio, par le D** Caldbrini. — Parma.



Le secretaire de la redaction^ gerant : Db Sotrb.



laris. — Typ. A. PARENT, rue Monsieur-le-Prince, 29 et 31.



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ARCHIVES

DE TOGOLOGIE,



DES



MALADIES DES FEMMES



ET



DES ENFANTS N0UTEAU-IT:6S.



MEMOIRES ORIGINAUX



DE L'OPfiRATlON CfiSARlENNE



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