William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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particuliers, qu'on n'y rencontre que dans le cas d'enfants morts et
maceres.

Ce liquide etait en effet parfaitement fluide, mais il etait rouge vi-
neux, et contenait evidemment une quantite notable de matiere colo-
rante du sang. Or, ce sang d'oh pouvait-il venir? Le placenta et les
membranes examines avec soin n'ont presente aucune trace d'hemor-
rhagie, soit pouvant tenir h un epanchemen t placentaire, soit ^ un
epanchement entre les membranes, soit enQn h une insertion vicieuse
<le ce placenta. Le placenta, les membranes etaient parfaitement in-
tacts, et le sac forme par ces membranes presentait les memes dimen-
sions de tons les cdtes, le placenta s'inserait directement au fond de la
matrice. D'oii pouvait done provenir ce sang? Pour nous, voici com-
ment nous nous I'expliquons.G'est par transsudation qu'il est arrive
dans rinterieur des membranes, et c'est lentement, progressivement
qu'il a passe dans la cavite ovulaire. Le col etait primitivement obli-
tore dans tout ou partie de sa longueur. Sous Tinfluence des douleurs
que la femme a eprouvees dans le dernier mois de sa grossesse, le col
s'est Irouve tirailie, distendu, et roriflce externe a cede le premier en



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660 MEMOIRES ORIGINAUX.

donnant issue h une petite quantity de sang. Puis le travail se decla-
rant franchement et le tiraillement du col continuant, le tissu cica-
triciel a cede h son tour en partie, donnant lui aussi lieu h un nouvel
dcoulement sanguin, qui a, h son tour, pu p^n^trer dans la cavity de
ToDufet en quantity suffisante pour venir donner au liquidc amnio-
tique cette coloration anormale. Quant li rorifice externe surlequel les
cauterisations avaient port^plus sp^cialement, ila r6sist6 jusqu'lilafin ;
del^la possibility de reffacement complet du col, mais non de sa dila-
tation. De 1^, la sensation particuli^re que donnait au doigt le point
repr^sentant les restes du col, et la facility avec laquelle nous
avons pu y p6n6trer. C'esi & cette destruction progressive du tissu
cicatriciel, c'est au peu d'^paisseur de la couche restante que nous
avons dt de pouvoir ainsi p^netrer avec le doigt seul dans cet orifice,
et c'est Ik la cause consecutive de sa dilatation. Aussil6t en effet la
resistance vaincue le col a c6d6 rapidement, et si nous sommes inter-
venu par le forceps, c'est dans I'inter^t de Tenfant qui commengait h
souffrir. Nous sommes convaincu, en effet, que Taccouchement aurait
pu se terminer seul et rapidement une fois la dilatation produite, car
le col etait redevenu souple et ne pouvait ptus opposer d'obslacle h la
propulsion de Tenfant. D'un autre cdte, I'dtat de malaise dans lequel
celui-ci se trouvait s'explique bien par cette anomalie du liquide am-
niotique dans lequel il etait plough. C'est done pour nous, surtout au
moment du travail, que s'est produite cette d^chirure du tissu cicatri-
ciel, etpeut-^tre si nousavions pu attendre, aurions-nous pu conslaler
I'ouverture spontan^e de Torifice externe. Si done nous avons cm
devoir intervenir, c'est surtout Tint^rdt de Tenfant qui nous a guide
et nous n'avons qu'Ji nous applaudir du r^sullat, puisque la mere el
Tenfantsont aujourd'hui parfaitement bien portanfs.

Rested discuterTopinion que nous noussommes faite de la cause de
cette coloration du liquide amniotique. Nous n'en voyons pas d'nutre
que la transsudation k travers les membranes du sang provenant du
col, car encore une fois nous avons vainement cherche dans le placenta
ou les membranes, dans leur structure ouleur insertion, une cause quel-
conque de cette hemorrhagic et nous n'avons pas pu la decouvrir.

Nous devons h Tobligeance de M. le docteur de Soyre Tobser-
vation suivante qu'il a eu occasion d'observer avec M. le professeur
Depaul, et qu'il a bien voulu nous communiquer.

Au mois de juin 1870, on vint prier M. le professeur Depaul de se rendrc
a-ipr^s d'uncdamc qu'il devait aceoucher, et qui se trouvait alors dans sa



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OBLITERATION COMPLETE DU COL. «iOI

maison de campagne aux environs de Paris. M. Depaul donnant ce meme
jour ses soins k uae dame qui accoucbait pour la troisiSme fois, et qu'il tie
pouvait quitter, me fit prier de le remplacer.et de me rendre k sa place a
X... chez la jeune dame dont j'ai parl6, primipare, et n*6tant pas arriv69 au
terme de sa gestation.

Je me rendis au d^sirdu professeur et je partis. Je n'arrivai aupr^s de la
patiente qu'k l2 heures du matin, et voici ce qui me fut racont6 par les per-
sonnes de son entourage. D6s le matin de ce jour (un dimanche) de pre-
mieres douleurs s'6taient manifestoes kintervalles d'abord assez 6loign6s
qui se rapprochaient insensiblement, et vers midi les douleurs devinrent
assez 6nergiques pour qu'on songeftt k faire pr6venir M. Depaul. tJn domes-
tique partit done vers 2 heures de I'apr^s-midi pour Paris ; mais k cette
<5poque (on sortait de la Commune), les communications 6taient difliciles,
leschemins d6fonc6s obligeaient i de longs d6tours, si Lien queTonn'arriva
jusqu'k M. Depaul que vers 6 heures du soir. Dans I'impossibilitO oCi
se trouvait le professeur, il fallut se roettre k ma recherche, et ce ne fut
en r6alit6 qa'k 10 heures du soir que je pus me mettre en route. De telle
sorte que j*arri\ai pr^s de la malade douze heures apr^s que son 6missaire
I'avaitquittO, et j'avais la crainte de trouver Taccouchemejit termini. Ce-
pendant les douleurs qui avaient6t6 tr6s-violentes dans la journ6e s'6taient
peu k peu apais^es, elles ne se renouvelaient plus que de loin en loin, pr6-
sentant principalement le caract^re de douleurs de reins qui sont 'si fr6-
quentes et si p6nibles a shpporter dans la premiere p6riode du travail.

Je pris soin, d^s mon arriv6e, de rassurer cette jeune dame sur Tissue
probable de son accouchement, et apr^s m*6tre enquis des details que je
viens de donncr, je proc6dai k un examen plus direct.

J*observai avec la main appliqu6e sur le ventre des contractions mani-
lestes dans Tut^rus qui conservait m6me dans Tintervalle des douleurs une
eertaine tension. Lc volume de la matrice n*indiquait pas une grossesse de
plus de huit mois, et les comm6moratifs, derni6re 6poque des regies, pre-
miers mouvements actifs, corroboraient cette opinion. L'auscultation me fit
nettement entendre les battements du coeur foetal en avant et k gauche.
Apr^s quelque hesitation cette jeune dame me permit de Texaminer ; mais
quel ne fut pas mon etonnement de trouver malgr6 le commencement
evident du travail un col encore long et ferm6. La longueur de cet appen-
dice ramolli 6tait d*environ 1 cent. 1/2. Le segment inferieur de la matrice
recouvrait la t6te engag6e dans Texcavation, et 6taittres-tendu. II n'y avait
qu*une trOs-petite quantity d'eau emprisonn6e au-dessous de rextr6mit6
cephalique.

En presence d'une telle d6couverte, j'abandonnai I'idee d'un travail r6eJ
en voie d'etablissement, j*interrogeai de nouveau, cherchant quelle pouvait
etre la cause de ces douleurs, et apr^s avoir admis et successivement rejete
differents diagnostics, je pensai, sans y insister autrement, soit k un rhu-
matisme uterin, soit au commencement d'un travail d'accouchemenl prema-
ture ; maisl'absence de toutecoulement d'eau, deglaires, de sang, laferme-
ture du col, etc. mefirent plul6t incliner vers la premiere de ces deux causes.



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6e»2 MEMOIRES ORIGINAUX.

Je conseillai deux quarts de lavements laudanis^s, un cataplasmc sur le
ventre ^galement laudanis6 et une potion culmante, puis jc me relirai,
apr^s avoir dit k la femme, k son marl et aux parents alarm^s, qu'aucun
6v6nement ne pourrait arriver avant le lendemain, et que dans la matinee
M. Depaul viendrait siirement les visiter.

Je rendig compte au professeur de ma visite, et le lundi matin M. Depaul
alia voir sa cliente.

Le mardi, aprds la visite des malades k ThCpital, M. Depaul me pria de
Taccompagner chez cette m6me dame, et dans le trajet, il me mit au cou-
rants des faits suivants.

La m6dkation caiman te que vous avez ordonn6e, me dit-il, d^termina un
pcu de calme, mais ce repos ne fut pas de longue dur^e, et les douleursre-
commencdrent si bien le matin (Lundi) que Ton m'envoyait chercher pen-
dant que je me rendais^X... J' assistai k plusieurs de ces douleurs, et il n'y
avait pas k se m6prendre, c'6tait bien 1^ le d6but d'un travail d'accouche-
ment. Mais, cequc vous n'avez pas reconnu et que je crois bien avoir ob-
8erv6, c*est que nous avons affaire, tr6s-probabIement a une obliteration du
col. J'ai d6clar6 qu*il m*6tait impossible de soigner cette dame dans sa
maison de campagne, et j'ai demand^ qu'on Tam^nat k Paris, ce que Ton a
dii faire le soir m6me, c*est-i-dire hier, et nous aliens la trouver chez elle
en ce moment.

M. Depaul me raconta alors qu'il avait 6t6 appel6 Tannic pr6cedenlc h
donner des soins k cette jeune dame, qui, mari6e depuis quelqucs aBn6es.
n'avait pas encore eu d'enfants. II avait trouv6 sur Tune des Idvres du col
une ulceration pour laquelle quelques cauterisations avec le fcr rouge
avaientete n6ce:5saires. A la suite de ce traitement M. Depaul avait con-
seill6 une saison k Luchon, et c'6tait Ici que s'6tait oper^e la fecondalion.

II n'avait pas eu du reste a examiner localcment cette jeune dame depuis
le debut de sa grossesse, et nepouvait dire en conse'^ucnce it quel moment
de la gestation pouvait remonter cette obliteration .

Nous arrivAmes bientfit chez la patientc, et M. Uepaul, aprds s'etre as-
sure de Texistence de Tenfant, pratiqua le toucher avec lepJus grand soia et
se convainquit ainsidelajustesse de son diagnostic. II me pria d'examiner
k mon tour, et voici ce que je trouvai : Le col, comme je Tavais deja re-
marque, avait environ 1 centimetre 1/2 de longueur. II n*avait done pas di-
minue d*6tendue depuis trente heures environ oil je Tavais observ6 pour la
premiere fois; il 6tait mou, petit, conique, la pointe ironquee, libre dansle
vagin. Le museau de tanche, k section ovalaire, presentait une depression
dans son centre, et cette depression n'etait ni lineaire, ni arrondie, mais
plut6tetoilee; il 6tait de toute impossibility d'introduire le doigt, ni meme
des6parer avec Tongle les deux levres de ce col, elles etaicnt intimement
soudees. Pour completer cet examen, le professeur se servit du sp6culum
avec lequel il verifia tout ce que je viens de dire, et ne put, avec la pointe
d*un hysterometre, separer les deux levres, ni penetrer si pen que ce flit
dans la cavite cervicale. J*ai dit que les battements du cocur fecial s'enten-
daient manifestement. Les contractions uterines se reproduisaient par in-



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OBLITERATION COMPLETE DU COL. (jiul

tervalles, mais sans grande r6gularit6. Le pouls 6tait k 92 et la malade pa-
raissait faligu6e. La grossesse n'etant pas arriv6e a son terme normal, il y
avail lieu desedemanders'il 6tait pr6f6rable de calmer les douleurs par des
narcotiques ou de proc6der sur-le-champ h I'ouverlure de rorifice. M. De-
paul, considerant que Tenfant k ce terme 6tait viable et trds en 6tat d'etre
61ev6, tenant compte en outre de la fatigue g6n6rale de la m^re, et du peu
de succ6s des premieres tentatives faites dans le but d'arr6ter le travail, se
d6cida pour I'op^ration.

11 tenta d'abord de d^truire Ics adh^rences des deux 16vres avec une
pointe mousse, mais, n'y parvenant pas, il fit avec la pointe du bistouri une
incision dans le centre du museau de tanche, incision ayant environ 5 mil-
limdtres de profondeur, et ne s6parant pas du reste le col en deux 16vres
compl^tement distinctes. Puis, reprenant ensuite la pointe mousse dont il
s'6tait servi au d6but, il essaya en la poussant peu kpeu et en imprimant a
rinstrumep.t un mouvement de rotation alternativement k gauche et k droite,
il chercha a s6parer les parois du col. Apr^s un quart d'heuro d'efforts en ce
sens, la femme 6tant fatigu6e, cette premiere stance fut suspendue. Par le
toucher que je fus invito k pratiquer aussit6t, on sentait dislinctement au
militju du museau de tanche une petite cupule dans laquelle on faisait p6-
n6trer une tr6s-faible portion du bout du doigt. Un grand bain, une potion
calmante, furent ordonn6s, et nous primes rendez-vous pour le soir k
8 heures.

Le soir, les choses n'avaient pas chang6. M. Depaul essaya de nouveau de
s6parer les parois du col en introduisant encore la pointe mousse, puis en
remplagant cet instrument par une pince ferm6e et dont il ouvraitles bran-
ches quand le bout de la pince avait p6n6tr6 dans I'ouverture cr6^*e le matin,
operant avec cette pince comme avec un dilatateur k deux ou trois branches.
Maisces efforts furent vains, et il fallutrecourir une fois encore au bistouri
avec lequel M. Depaul fit une nouvelle ponction de 5 millimetres environ,
qui fut, comme pour la premiere, agrandie ensuite avec un instrument
mousse.

Nous re\ inmos le mercredi matin ou M. Depaul fit une troisi^me ponc-
tion comme les deux premieres, et, entin, le mercredi soir, k la suite d'ef-
forts^faits surtout avec un instrument mousse dans la crainte d'ouvrir les
membranes, M. Depaul i>arvint jusque dans la cavit6 de la matrice, et intro-
duisit son doigt k frottement dans ce canal de nouvelle formation qui avait
k peu pr^s :2 centimetres de longueur et parvint k parcourir circulairement
avec ce doigt lout le pourtour de I'orifice interne, d^collant ainsi Tajuf tout
aulour dans une 6tendue de 2 i 3 centimetres. Le professeur, aprds m'avoir
ditco qu'il avail fait, mepria de constaterde mon cdt6 I'etat de choses que
je vi»^ns dc relater.

Lo Icndemain matin, jeudi, le col 6tait effac6, mais les herds de I'orifice
Otaient assez rigides et menaQaient de ne pas se laisser dilater franche-
ment. La femme se fatiguait de plus en plus, quoique les contractions se
fussent exerc6es tr6s-irr6guli6rement pendant tout-'s ces manoeuvres, iln'en
^tait pas moins evident qu une fin prochaine etait tres-d6sirable. L' enfant



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"664 MEMOIRES ORIGINAUX.

vivait tou jours, mais toutes reserves avaient 6t6 faites au sujet de son exis-
tence.

Le jeudi soir, la dilatation 6tait grande commeune pi6ce de 2 francs, ppuU
6tre un peu plus. Les bords avaient un peu perdu de leur rigid il6, aussi
M. Depaul se contenta de rompre les membranes.

En(in, le vendredi, k six heuresdu matin, apr^s une nuit tr^s-fatigante
pour la femme dont le pouls s*6tait 6lev6 h 112, M. Depaul se d6cida k ter-
miner Taccouchement par une application de forceps. II avail pens6 6tre
oblig6 de faire quelques debridements surle pourtour de roriiice qui ne se
dilatait qu*avec peine. Mais, contrairement k ses provisions, nous trouvAmes
roriiice ^fllsamment dilate, et les bords assez mous pour permettre Tap-
plication de rinstrument. Cette op6ration no fut pas trop laborieuse, elle
donna naissance k un enfant vivant, mais peu d6velopp6 pour le terme qui
lui 6tait assign6. II mourut du reste, cinq jours aprOs, de convulsions et
d'impuissance vitale.

Quant k la m6re, elle se remit trOs-bien de ce long travail. Elle eul, de-
puis cette 6poque, un autre enfant bien portant, et ce second accouchement
ne n6cessita qu'une application de forceps pour insuffisance de contractions
ut^rines.

Get observation diflfere notablemenl de la ndtre, et ici le diagnostic
d'oblit^ration complfele est absoluraent incontestable. Ce qu'il y a de
remarquable c*est cette int^grit^ complete du col qui a persistc jusqu'^
la fin et qui a exig6 I'intervention chirurgicale. Comme dans noire
observation, la cause de roblit^ralion semble devoir 6tre rapporl^e k
la cauterisation qui a ^t^pratiqu^e avec le fer rouge. Mais, si roblil6-
ration a 616 bien plus complete et surtout bien plus r^sistanle, elle a
port6 k lafoissurles deux orifices et la longueur du canal cervical . Aussi
le col avait-il conserve ses caractdresj usque pendant le travail. Quant
au traitement, il a de m^me exig6 une intervention bien autrement ac-
tive que la n6tre, puisqu'il a fallu entaraer successivement avec le
l)istouri et couche par couche ce tissu de cicatrice. Ce n'est que pro-
gressivement et lentement que M. Depaul a proced^ k Top^ration, lais-
«ant ainsi la nature produire tous ses effets.

Le succ^s est venu couronner ses efforts, puisque, malgr^ les trois
jours qui se sont ^coul^s depuis Tintervention chirurgicale, le col a fmi
par se dilater suffisamment pour permettre la lerminaison de Taccou-
chement k Paide du forceps et sans nouveau debridement. L'enfant,
il est vrai, n'a pas surv^cu plus de cinq jours k sa naissance, mais la
mfere, elle, a surv^cu et lefait est venujustifier unefois de plus cette
v^rite que la patience est une des qualites les plus n^cessaires ^Tac-
coucheur et quesavoir atiendre est un prdceple qui devrait etre inscrit
^n t^te de tous nos trait^s classiques.



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INFLUENCE DES MALADIES DU C(EUR SUR LA MENSTRUATION, ETC, «C5

DE L'INFLTJENGE DES MALADIES DU CCEUR

SUR LA MENSraUATION, LA GROSSESSE ET SON PRODUIT : DE L*ACCOUCHEMEXT
ET DE l'aVORTEMBNT PROVOQUES.

Par le D' P. Dnroziez^ ancien chef de clinique de la Faculty.
(Suite et On.)



Iiisuf^ance et rUreclssement mitral. — Imuffisance aortique, — Accidents
graves. — Accouchement a sept mois et demi,'^ Enfant mort-M. — RetabUsse-
ment passable.

Toussaint, 22 ans, Clinique d'accouchements, entre le 23 juiliet 1865 et
sort le 24 aoilt.

Elle n'a jamais facilement mont6 les escaliers, ni couru , ni dans6, mais
n'a jamais eu de palpitations. Rougeole k 7 ans. Ragles normales. Rhuma-
tisme articulaire du bras droit. Elle tousse depuis longtemps, surtout de-
puis le d6but de sagrossesse. Les regies ont paru pour la derni6re fois le
8 d6cembre 1864. Vomissementscontinuels depuis quelques mois. Ses jam-
besn'avaient jamais 6t6 entires avant cesquinze derniers j ours, c'est-k-dire
avant le commencement de juiliet. Depuis trois jours, elle ne peut pas re-
muer I'^paule gauche- A la main droite, on trouve les traces de son ancien
rhumatisme, les doigts sont coud^s, ankyloses, parfois la main est un peu
boufOe.

23 juiliet. Voix 6teinte. Orthopn^e. L^vres vlolatres, teinte un peu plom-
bee, conjonitives assez blanches ; un peu de pAleur g6n6rale, sans cyanose.
Jambes oed6mati6es. Pouls^k 120, petit, h peu pr^s 6gal et r6gulier. CcBur
^norme. Impulsion vive ci la pointe. Souffle court au second temps k Tori-
iice aortique. A la pointe, bruits roulants au premier et au second temps.
Pouls veineux douteux. R4les muqueux dans les deux tiers inf6rieurs des
deux c6tes.

Le 27. Pouls 112, r6gulier.

Le 29. CEd^me des mains et de la face. Pouls k 120, r6gulier, peu d6ve-
lopp6.

Le 31. Pouls k 108, petit, r6gulier. Pale, plomb6e, inQltr6e des pieds k la
t^te. Albumine abondante. C6phalalgie.

Elle accouche ^ 7 mois i/2.

« Apparition des premieres douleurs i 3 h. 1/2 du soir.

Rupture des membranes k 4 heures du soir.

Terminaison k 5 heures du soir.

Sommet. 0. L D. A.



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666 MEMOIRES ORIGINAUX.

D61ivrance naturelle.

Enfant mdle, mort-n6.

Poids, 1780.

Longueur totale, 43 centimetres.

Longueur du cordon, 60 centimetres. »

{Extrait du Bulletin de la Clinique.)

3 aoflt. Demi-orthopn6e. Grande 16vTe droito enfl6e : ajd6me des mom-
bres et de la face. Toux. Crachats abondants non sanglants ; Pouls k H2
Y6gulier, petit. CcEur toujours6norme; m6mes signes. Peau blanche. Figure
seule plomb6e. Les jugulaires ne battent pas.

Le 5. Anxi6t6. Selles sanglantes. L'oDd^me des jambes diminue. Respi-
ration encore rude. Peau plomb6e. La malade appuyee sur le c6t6 gauche
sufToque aussit6t qu'elle se met sur le c6t6 droit. Pouls a 112, rfegulier.

Le 10. Pouls ^ 120, r6gulier. Albumine abondante.

Le 12. Toujours de Torthopnee. Bouffissure. PAleur. Cyanose mod6r6e.
Pouls kiiO, petit, r^gulier. Peu d*albumine.

Le 16. Pouls h 120, r6gulier, 6gal, passablcment d6velopp6, non vibrant
cependant. Orthopn6e. 0Ed6me des jambes et de la figure. Peu d'albumine.

Le22. Un peu mieux. Moinsd'oedeme des jambes. Pouls r6gulier.

Le 24 (jour de la sortie). Pouls presque r^gulier, peu d6velopp6. CcEur
toujours 6norme. MSmes signes au cccur. La malade a d6senfl6. Encore de
Voedfemedes pieds.

Remarque. — Cettefemme, &g6e de 22 ans, prdsente un grand inlerct
au point de vue qui nous occupe. J'ai eu roccasion de la suivre k la
Clinique d'accouchementslorsqueM.Bailly 6tait chef de clinique. Elle
est enceinte de sept mois environ lorsque je la vols pour la premiere
fois. Elle n'a jamais pu monter facilement, ni courir, ni danser. Elle
tousse depuis longtemps.' A la main droite on trouve les traces d'une
ancienne aflection rhumatismale ; les doigts sont coudes, ankylosi'^;
h Tentr^ elle ne pent rcmuer I'^paule gauche. Je ne sais de quand
date la maladie de cceur actuelle (rdtrdcissement mitral, insuflisance
aortique), mais on peut aisdment admettre qu'elle a pr(^cM6 la gros-
sesse. Les accidents generaux sont tr5s-graves. Elle accouche ^ sept
ou huit mois et sort dans un dtat, sinon tr5s-bon, du moins passable.
Remarquons raccouchement avant terme et Tenfant morl-ne. A la
suite de la parturition I'urine contient heaucoup d'albumine ; les selles
sont sanglantes, la femme est infiltree des pieds h la t^te, puis lout so
calme.

Quand sora-t-elle morte? Je n^en sais i-ien. Elle c^tait dans un elat
passable h sa sortie, bagrossessc nc Favait pas tuee : c'esL tout ccquc
nous pouvons dire.



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INFLUENCE DES MALADIES DU C(EUR SUR LA MENSTRUATION, ETC. 667

Insnffisance et relr^cisseinent mitral, — Insuffisance aoriique, — Rhumatisme
art icul aire aigu n 25 ans. — Palpitations a 27, — Trois grossesses a partir
de 31 ans. — Hemoptysies. — Etat passable trois semaines apres la derniere
grossesse.

Flachat, 34 ans, lingSre, 24, Saint-Antoine. H6tel-Dieu, 4 avril 1866.

Pi^vre typhoide k 45 ans. Rhumatisme articulaire aigu k 25, palpitations
h 57. Second rhumatisme g6n6ralis6 li 28 : alit^e trois mois. EIlc reste au
convent depuis TAgede 40 ans jusqu'k 30 ans ; pendant ce temps elle a des
h6moptysies. A 31 ans, elle a son premier enfant, suivi de deux autres qui
vivent. Elle accouche il y a 3 semaines. La malade est pftle, rcstc (^tendue
dans son lit la nuit. Pas de cyanose.

Remarque. — Cette femme est certainement atteinte de maladie du
cCBur avant sa premiere grossesse & 34 ans, et a parfaitement sup-
porle ses trois grossesses. Malgr^ sa grave maladie de coeur, nous la
trouvonsdans un ^tat tr^passable.

Insuffisance et. reirecisseinent mitral. — Insuffisance de'la tricuspids — In-
suf finance aortique. — Chor6e. — Accidents cardiaqxies, — Ilcnioptgsie, —
Deux enfantSy une faussc couche.^ Aggravation mod^rde. — Pas d^wdemr. —
Existe encore qualre mois aprcs sa faiisse couche,

llaquillet, 31 ans, tapissi^re. Salle Saint-Antoine, *). Hotol-Dieu. I'+juin
1865.

EUo a une fi^vre typhoide tres-grave a II ans,etla chor6c de 14^21 ans.
Depuis longtemps la gene pour monter est grando. Lea rtJglcs, sont nor-
males. Six mois avant son niariage k 28 ans, elle arrive un jour chcz six
tanle, tout essouftlije. Depuis ce moment, les palpitations ct la toux ne la
quittent pas. 11 y a quinze mois elle cracha du sang pendant deux ou trois-
jours. Elle a deux enfants ot fait une fausse couche de 6 mois, il y a trois se-
maines : dcjiuis ce inoiwmt cite a de la jaunisse et de VcLscite, Les jambcs nc
sont enfl6es que depuis quinze jours.

Je Tobsen'e en dernier lieu le 8 septcmbre; elle n'a pas d'oeddme, quatrc
mois apr^s sa fausse couche.

Les accidents ont 6videmment augments k partir de la fausse couche,
tnais cette femme r^siste encore.

La religieuse de lasalle Saiate-Martine,^rH6tel-Dieu, me cite une
femme qui a accouch6 dans sa salle, lorsque M. Peter faisait le service
en 1872; elle avait tous les signes d'une maladie grave du ca3ur; la
religieuse Pa revue ces jours dermiers encore gdn^e de !a respiration,
mais pouvant monter les cinq stages qui menent h la salle Sainte-Mar-
tine Cjuin 1873.)



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668 MEMOIRES ORIGINAUX.

Rhumatisme articulaire aigu, — PalpUalions. — Deux grossesses sans accitUiiL
— Accidents aprhs la troisibmc grossesse, — La malade existe encore trois
ans aprhs ^ mais tres -compromise, — Insufflsance ei rilricissement mitral. —
Insuffisance aortique et tricuspidienne,

Bouillet, veuve Desbois, ag6e de 37 ans, couturi6re, entre salle Saint-
Antoine, i THStel-Dieu, n*> 7, le 26 juin 1873. Je la vols le 25 juillet.

Elle sent des palpitations depuis qu'elle se connatt. Elleest r6gl6e kii ans,
bien, jusqu'il y a huit mois. A 18 ans elle a un rbumatisme articulaire
aigu qui dure sept semaines, et vers la mSme 6poque une fausse couche.
A 125 ans, premier enfant h terme qui vit encore. Rien de notable pendant



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