William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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chement; six mois plus ta?d on la revoit, elle a repris sa profession de
sous-maitressejsans en 6lre fatigu^e.

Nous aurions voulu donner quelques details sur la lactation^ mais
nous trouvons peu de renseignements dans nos notes.

Chez Monot les seins ne sont pas gonfl^s.

Lemaire, tg^e de 42 ans, allaitait son enfant de 5 mois, quand elle
eut une embolic c^r^brale.

Pinseau n'a pu nourrir son dernier enfant que quinze jours.

Thirion nourrissait son troisi^me enfant, kg6 de 6 mois, quand elle
est devenue enceinte sans aucun accident.

Fialat a donn6 le sein quinze et dix-sept mois.

Railly, premier enfant, nourri sept mois (mort) ; deuxifeme, nourri,
vit encore; quatri^me, nourri 9 mois, mort; cinquifeme, nourri treize
mois. vit encore. Cette femme a un r^trdcissement mitral dont je ne
puis iixer la date; elle est rest^e bien portante jusqu'il y a deux mois.

Millard. L(§sion du cceur tr6s-probable, mais mod^r^e. Deuxi6me
enfant, nourri dix mois, puis nourrisson ; mais elle est obligee de cesser
au bout de deux mois.

Souillet. 1® nourrit son enfant et un autre pendant deux ans;
2^ enfants nourris facilement neuf mois.

Une femme atteinte de lesion grave du coeur pent done allaiter ses
enfants, mais ce sera 1^, je pense, une exception que la n6cessit6 seule
pourrajustifier.

Cyanose. — Souffle aupre^nier temps, suivant le trajet presuni6 de Vartere pu/-
monaire, — RHricissement congenital de Vartire pulnionaire, — R^glie a
22 ans, deux grossesses, — MHrorrhagie, — Elle nourrit,

Pialat, 46 ans, journali6re, entre k rH6tel-Dieu le 7 novembre 1863, et
sort le 5 d6cembre.

Etant enfant, elle court et monte difflcilement; on ne la laisse pas battre
le bl6. Elle souffle et se croit poitrinaire d^s sa jeunesse. Elle n est r6gl6e



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678 MEMOIRES ORIGINAIX.

qa'k 22 ana et Test mal jusqu'i 26. A 22 ans, clle a d6jk la jambe droite
enfl6e pendant quatrc h cinq jaura A 29 ans, premier accauchement, ac-
corapagn6 de pertes et d'enflure de la jambe droite. Elle dit n'avoir pas 6t6
g^n6e pendant ses grossesses. A 32 ans, seconde grossesse, pas d'oed^me^
nouvelle m^trorrbagie ; elle nourrit ses enfants quinze et dix-sept mois. A
36 ans, m^trorrhagie qui dure 6 ans et ne s'arrfite que pendant un an^
pour reparaftre il y a trois ans, fipoque & laquelle elle porte encore de gros
fardeaox. La maladie ne date pour elle que de ce moment : la cyanose ap-
paratt alors; auparavant elle 6tait fratche, active, nullement frileuse ; elle
redoute encore la cbaleur. La maladie a augments depuis deux ans el sur-
tout depuis un an. Jamais elle n'a de syncope.

Insuffisance et rStrecissement mitral, insuffistmce aortiq%te iegere. Emholie ve-
ribraU^ Rhumatisme articulaire aigu. lUglie a 20 anSy maladie de catur.
Palpitations a 32 ans, 5 enfants, le dernier il y a deux viois. Attaque de pa-
ralysie pendant Vallaitement,

Lemaire, 42 ans, jouraali6re, 18, Saint-fiernard, 5 septembrc 1865,
A 16 ans, elle a un rhumatisme articulaire aigu qui dure un mois, et n*est
r6gl6e qu'^20 ans. A 27 ans, elle ale premier de ses cinq enfants, qu'elle
nourrit tous. Des palpitations n'apparaissent qu'i 32 ans. Elle accouche il y
a deux mois ; poor cette senle grossesse, elle a des palpitations, de r^toul-
fement, des 6tourdissements. S€» jambes n'ont m^me enfl6 que depuis
qu'elle est accouch^e. A la fin d'octobre, elle donnait encore le sein h son
enfflnt lorsqu'elle perdit connaissance. Elle pouvait parler: le brasgaache
6tait paralyse.

Pronostic. — Quelque forte que soit notre tendance, guidee par les
seuls faits, h. rassurer les esprits sur les suites d'une grossesse com-
pliqu^ delusion du ccBur, nous ne pouvons dissimuleria gravity r^elle
du pronostic. Sous Tinfluencede cet ^tat morbide, la menstruation est
troubl^e, la st^rilit^ est possible, les fausses couches sont nombreuses,
les accouchements avant terme frequents, les enfants exposes ?i mou-
rir soit en naissant, soit peu de temps apr5s, la m6re est menacee de
mort plus ou moins rapide. Mais prenons garde de charger le tableau
de couleurs trop sombres. La femme atteinte de maladie du coeur peut
accoucher sans accidcnls graves et se retablir ^ peu pr^s complete-
ment, Parfois la maladie nesemblc pas aggravde par la grossesse et
reste ce qu'elle serait sans cette complication.

Traitement. — Le traitement est le mfime que pour toute maladie du
ccBur non compliquee de grossesse, mais ce nouvel Element impose
ridee d'un autre remade, qui nepeut 6tre que Tavortement ou I'accou-
chement pr^maturS. Jacquemier, dans son article du Diciionnaire en-
cyclopedique^ effleure le probteme qui m^rite cependani un e.\amen
attentif, s'il ne peut ^tre r^solu i I'aide des faits donl nous ciisposons.



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INFLUENCE DES MALADIES DU C(EUR SUR LA MENSTRUATION, ETC. 679

Dehous, dans sa ihhse inaugurale (1854), inspiree par Paul Dubois,
et dont M. Pajot m'a dit revendiquer une bonne part, pose ces deux
questions :

i^ Une femme enceinte de quatre ou cinq mois pr^sente tous ies
signes d'une maladie de cceur trte-grave, qui menace ses jours et qui
ne peut que croltre avec Ies progr5s de la grossesse ; est-6n autorise h
provoquer Tavortement?

2« Une femme enceinte de sept mois et demi au moins se trouve
dans Ies conditions pr^cddentes; faut-il provoquer Taccouchement
pr6matur6?

La premiere question n'a pas encore regu de r^ponse bien positive :
Ies dangers qui entourent le rem5de Iui-m6me sont la cause de doutes
et d'h^itations, que I'avenir 16vera peut-^tre un jour.

Quant ^ la seconde, en depit des idfes de Baudelocque et de Capu-
ron, elle tend de plus en plus h 6tre r^solue afSrmativement par la
plupart des praticiens. En effet, si Tart n'intervient pas, mort presque
certaine pour la femme comme pour le produit de la conception. Si
Part intervient, moins de chance de vie pourun enfant dont i'existence
est, malgr^ tout, bien compromise, mais conservation trfes-probable
de la m^re ^ sa famille, h ses autres enfants.

Dehous ne connaissait pas trSs-bien toutesles donn^esdu problfeme.
11 n'est pas juste de dire que Ies accidents ne peuvent que croltre avec
Ies progr^s de la grossesse; que, si Tart n'intervient pas, la mort est
presque certaine pour la femme comme pour le produit de la concep-
tion.

De plus, Dehous ne se demande pas quelle conduite il faut tenir en
face d'une maladie de coBur sansaccidents g^n^raux; il ne saitpasque,
mfime dans ces conditions, la mort peut avoir lieu h la suite de Taccou-
chement

Enfln ne faut-il pas tenir compte de Tendocardite puerperale qui
doit se d^velopper plus facilement sur un cceur 6^\k atteint, etn'y au-
rait-il pas avantage h d^livrer la m^re le plus tdt possible?

Nous avons montr6 la frequence de la st^rilit^, des pertes qui souven t
sont des fausses-couches, des avortements, des accoucbements pr^ma-
tur^s, des morts h terme, des morts pr(^matur6es; la route semblerail
done trac^e ; I'enfant est le plus souvent sacriiie m§me sans Tinlerven-
tion du m^decin. La question me parait beaucoup moins difficile ^ re-
soudre pour I'enfant que pour la m5re.

En g^n^ral Ies graves accidents et la mort n'apparaissent pour la



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680 MEMOIRES ORIGINAUX.

m^re que lorsque celle-ci a d6pass6 sept mois et demi. II y a done une
limite qui nous esten quelquesorte indiqu^e. L'enfant a-t-il beaucoup
ft gagner dans le sein de la mfere atteinte de l&ion du coeur h partir
de cette dpoque? C'est contestable pour le plus grand nombre des cas.
La m^re a -t-ellek gagner h la separation? Nous lepensons, puisquela
d^livrance a lieu le plussouvent avant terme. Nous pensons done que,
chez toule femme atteinte dc maladie grave du coeur, n'y eiit-il pas de
symptdmes g^n^raux, Taccouchement, provoqu^ h sept mois et demi,
doit se dresser devantla responsabilit^ du m^decin qui ne pent sed6-
rober h ce grave moyen que par des soins exceptionnels donn^ h la
femme : le m^decin doit savoir que la femme pent mourir subitement.
Sans doute, c'est Ih une exception, mais elle est effrayante.

Le m^decin doit-il provoquer Tavortement? II est bien difQcile de
proposer un pareil moyen s'il n'y a pas d'accidents g^n^raux, mais,
m6me dans ce cas, si la femme avait d^j^un ou plusieurs enfanlspour
<X)nstituer la famille, je crois que la discussion serait autoris^. Dans
le cas d'accidents g^n^raux, le m6decin devrait pr^venir la famille de
ce qui pourrait arriver et se poser la question : Si c*6tait h moi, que
ferais-je? La reponse ne meparalt pas douteuse.

Je n'ai trouv6 que deux observations d'accouchement pr^matur^pro-
voqud; Tuae a 6t6 donnee par M. Dubreuilb, de Bordeaux, A I'6'mon
medicate, en 1854, 1'autre m'a el6 remise par mon ami le docteur Le-
maire, ancien chef de clinique de la Faculty.

Le succfts a ^t^ absolument difTiSrent. M. Dubreuilb a eule bonbeur
de sauver la m5re et J'enfant. MM. Lemaire et Belin ont perdu Tun et
I'autre : la m^re a survdcu douze heures. Je dois dire que je suis beau-
coup plus sdr du diagnostic dans le cas de M. Lemaire que dans celui
deM. Dubreuilb.

Accouchement provoqu6 d, sept mois et demi pour une maladie de caur compli-
qxUe des plus graves accidents ; succ^ pour la mhre et Venfant, par le D"" Ch.
DuBRBUiLU de Bordeaux (Union medicate, !2i f^vrier 1854).

Mme D..., &g6e de 3i ans, a toujours h\jb bieo r^gl^e. Marine & i3 ans,
•elle a deux grossesses qui ne pr^sentent rien d'anormal. Apr^s son second ac-
couchement ^ 25 an8,elle a une h6cnorrhagie tr^s-forte, et depuis ce moment
restetr^s-p&le.Depuis deux ans, M™«D... 6prouve des palpitations si violentes
qu'elles produisentparfoisdes syncopes.LellO mai 1853 la menstruation se fait
pour la derniSre fois. A la On du mois d'aoilt, la physionomie est triste, la peau
d'une blancheur jaunAtre, le corps amaigri, le pouls petit k 80, Tapp^tit
presque nul, la digestion laborieuse ; les potages seuls ne sent pas vomis;
J'oppression et la dyspn6e emp6chent le sommeil . La malade tousse surtout



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INFLUENCE DES MALADIES DU C(EUR SUR LA MENSTRUATION, ETC. 08!

le matin et rend des crachats sanguinolents, quelquefois du sang pur. Le
soir elle a plus de chaleur k la peau et le matin elle transpire. Les palpita-
tions ont consid6rablement augments et produisent beaucoup plus souvent
des syncopes assez iongues. L'auscultation de la region pr6cordiale donne les
signes 6vidents d'une hypertrophic du coeur; celle des organes respira-
toires d6montre de la matit6 sur les parties ant6rieures et sous-clavicu-
laires. On constate des r^les muqueux et crepitants pendant I'inspiration.
11 n'y a ni oed^me, ni diarrh6e. Au mois de septembre, I'oppression aug-
mente encore, la toux est incessante. Le 3 d6cembre, Mme D..., enceinte de
six mois et demi est prise d'une c6phalalgie tr^s-violente pendant trois jours.
Les vomissements, les selles, les syncopes se r^p^tent, la malade ne se 16ve
plus. Le lOdecembre, la face est boufGe, les pieds et les jambes, les mains
ei les poigncts sont tr^s-enfl^s, les urines tr6s-albumineuses. Les membres
et la face sont agit6s par des mouvements nerveux. Le 1" Janvier elle est
beaucoup plus oppress6c, se tient assise dans un fauteuil et vomit continuel-
lenient. C^phalalgie fronlale tr6s-vive, poulsi 130, d6prim6; peau brtilante,.
puisfroide, exlr6mit6s inf^rieures tr6s-enfl6es ; I6gerd6lire.

AL Dubreuilh provoque Taccouchement le 6 et retire par la version un
infant vivant. Imm^diatement apr6s la d6pl6tion, une syncope fait craindre
la mort; la perte est mod6r6e, Le 7, 16gers mouvements convulsifs, poulfl
plus fort k 125, dyspn^e beaucoup moindre, la toux cesse. Le 8, vomisse-
ments et frisson ; ballonnement du ventre. Le 10, M'"° D...| peut dormir
compl6tement 6tendue. Depuis six jours tous les accidents se dissipent. Le
26, Mme D... peut 6tre port6e sur un fauteuil; la digestion est bonne, le
pouls a 80, le sommeil bon. Le i<" f6vrier elle part k la campagne. Les bat-
tements de cocur et Toppression persistent. »

- Je regrette quelques details sur Tauscultation du coeur: peut-6tre
A tort, je ne suis pas absolument convaincu que M™' D... edt une ma-
Jadie de coeur, mais tout le monde ne partagera pas mon opinion.
Observation communique par M, Lemaire^ ancien chef de clinique,

J'ai 6t6 appel6, fm d^cembre 1855, pour donner des soins k Mme B...,
ag6e de 30 ans environ. Cette dame present ait les signes caract6ristiques
d'une affection organique du cceur (Hypertrophic assez notable, insuffisancG
de la mitrale, avec r6tr6cissement de Torifice. Symptdmes g6n6raux com-
plets.) Je la vis de nouveau au mois de mars 1856; elle comptait six mois de
grossesse et se plaignait d'une g6ne consid6rable de la respiration ; la dys-
pn6e alia toujours croissant j usque dans le milieu du mois d'avril, etla
aufl'ocation devint telle qu*apr6s m*6tre concerts avec M. ledocteurBelin, il
fut d6cid6 qu'on aurait recours k Taccouchement pr6matur6 artificiel au
moyen d'injections. Le foetus ne v6cut qu'un quart d'heure au plus. L' ac-
couchement eut lieu vers les quatre heures du soir. A dix heures, le visage
6tait pMe. couvert d'une sueur froide, les traits profond6ment all6r6s; le
pouls, extrfimement petit, disparaissait quelquefois pendant plusieurs se-
condes ; la faiblesse 6tait extreme, les lipothymies se succ6daient. La mort
arriva vers les quatre heures du matin sans agonie.



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682 REYUE SCIENTIFIQUE ETRANGfiRE.

Cette femme parait n'avoir 6t6 accouch^e qn'h sept ou huit mois;
n'y a-t-il pas lieu de regretler qu'elle ne Fait pas 6\A plus t6t?

Quant au conseil h donner h une jeune fille atteinte de maladie grave
du ccBur, bien qu'elle ait quelques chances de ne pas aggraver par le
mariage sa maladie et d* avoir des enfants bien portants, comme la
femme du pasteup dont nous parlait M. Depaul, nous [appuyant sur
une observation faite h nous par Constantin Paul que, dans les cou-
vents, les maladies du coeur vivent longtemps, nous lui donnerions le
conseil de vivre dans le c^libat.

Elnfin, comme conclusion de ce travail, qui a besoin d'etre compl6t6
par d'autres, je dirai : Taccoucheur doit ausculter avec autant de soin
le ceeur de la m6re que celui du foetus.

REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGfiRE.



Du soullle uttoin et des battements da coBor foetal, par le D' James
Cnimntngy d'Edimbourg. (Snite.)

Deuxi^bie partie. — Du cceur foetal.

Histonque. — D y a un peu plus d'un demi-si6cle, M. Mayor, iiabile
chirurgien de Geneve, fut le premier qui, en appliquant Toreille sur
Tabdomen d'une femme trfes-ayanc^e dans sa grossesse, observa et
rapporta ensuile cette tr^s-importante d^ouverte des battements du
ccBur foetal. Tout ce que je puis afflrmer, quant h> ces observations, se
trouve relate dans le compte-rendu d'une stance de PAcadtaiie royale
des sciences de Paris, tenue le 29 juin 4818, quand M. Percy, rendant
compte d'un livre du D' Lenuce sur les avantages de TausculLation
dans les maladies de la poitrine, fait allusion dans une note de la d6-
couverte de Mayor.

Je cite cette note en entier : a Cette observation nous en rappelle une
de M. Mayor, habile chirurgien de Geneve, qui nous a sembl^ trfe-
intfiressante dans ses rapports avec Fart des accouchements et avec
la m6decine legale. II a d&ouvert qu'on pent reconnaltre avec certi-
tude si un enfant, arriv6 k peu pr^ h terme, est vivant ou non, en
appliquant Toreille sur le ventre de la m5re; si Tenfant est vivant, on
entend fort bien les battements de son coBur et on les dislingue faci-
lement de ceux du pouls de la m5re. »

II me semble probable que c est en 6tudiant les mouvemenls du
foBtusdans Tuterus, qu'il entendit accidentellement les pulsations car-
diaques. Mais ce n'est \h qu'une simple conjecture. Mayor parait s'^lre
contents d'avoir fait sa decouvcrte, no lui ayant pas pr^.tr) une tK.^-



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REVUE CLINIQUE. 683

grande attention, et n'ayant pas public, h tout 6v6nement, des obser-
vations plus 6tudi6es.

En 4821, M. Lejumeau de Kergaradec put done decouvrir aussi,
sans connattre les trayaux de Mayor, les battements du coeur foetal.
Cela rappelle la ddcouverte simultande que firent, chacun de leur c6t6,
Cagmard-Latour et Schwance, en i836, de la cellule vc^getale dans la
leviire. Quoique la priority de cette d^couverte appartienne tres-v^ri-
tablement h Mayor, cependant, le plus grand honneur revient h Ker-
garadec, qui, poursuivant, en outre, ses recherches plus loin, fit une
autre grande dto>uverte, celle du souffle ut^rin. Sa decouverle, comme
celle de Mayor, parait ne pas avoir 6t6 le r^sultat de Tinduction, mais
simplement un hasard. L'observation suivante est extraite de son
mtoioire :

€ Dans I'observation deM"*L..., jeune dame avanc^e dans sa gros-
sesse, il voulut savoir si, avec le [stethoscope, on pouvait entendre le
bruit de flot resultant de I'agitation du liquide amniotique. Un jour,
pendant quil^coulait le bruit resultant d'un mouvementdu foBtus, il
fut soudainement frapp^ par un bruit qu'il n'avait pas encore remarque
jusqu'alors. En comptant les pulsations, il en trouva de 143 ^ 148,
tandis que le pouls maternel, dans le m6me temps, ne battait que
TOfois par minute. U a conclu depuis qve le premier bruit dlait pro-
duit par la contraction du coeur foetal. Dans cette occasion, il entendit
ces battements sur le c6t6 gauche; ce qui, ajoute-t-il, indique la pre-
miere position etablie par les accoucheurs. » (A suivre.)



REVUE CLINIQUE.

Be remplol da chloral dans I'^clampsie paerp^rale.

Un des demiers num^ros du Bulletin de therapeutique renfermait
une note relative aux indications du chloral dans les accouchements.

Dans un espace de temps relativement tr&s-court, dans quinze mois,
j'ai eu I'occasion d'employer trois fois le chloral avec succ^s dans
r^lampsie puerp4rale.

Je ne vous enverrai pas ces observations en d(5tail, car elles n'oflfrent
rien de remarquable et elles ressemblent ^ toutes les observations de
ce genre; mais j'insisterai sur le mode d'emploi du medicament.

Mes trois malades 6taient albuminuriques : la premiere fut prise dc
ces attaques six heures apr^s I'accouchement, les deux autres pendant
le travail; Tune d'elles accoucha naturellement^ pendant les attaques,
d'un enfant mort; I'autrc n'cut plus aucune douleur quand les alia-



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684 hfiVUE CLINIQUE.

ques eiirent cess^, et je fus oblige de terminer raccouchement avec le
forceps : Tenfant naquit vivant et bien conform^.

La premiere de nos malades avail eu vingt-quatre attaques se succ^
dant r^guliferement tous les quarts d'heure ; deux potions contenanl

chacune

Hydrate de chloral 6 grammes.

Sirop de Tolu 60 —

Essence de menihe quelques gouttes.

iurent pr^par^es, et, me conformant aux rfegles poshes par un de nos
confreres dans un des num^ros pr^c^dents du Bulletin Qanvier 1874)
je fis prendre presque coup sur coup la premifere de ces potions : une
cuiller^e h bouche tous les quarts d'heure h peu pr^s. La malade eut
une vingt-cinqui6me attaque avant d'avoir achev^ la premiere potion;
puis les attaques se suspendirent complfetement, et, au bout de trois
ou quatre jours, elle avait recouvr6 enti6rement son intelligence. Je
donnai environ la moiti^ de la seconde potion par cuiller6es h caf^S
toutes Jes deux ou trois heures seulement.

La seconde de mes malades avait eu huit attaques quand j'arrivai
aupr5s d'elle; chaque attaque 6tait pr(5c6d6e d'une grande agitation
des bras et des jambes, accompagnee de oris plaintifs; je fis absorber
la moiti6 de la premiere potion : Taccouchement se fit natureJJement.
Les attaques se suspendirent pendant une heure et demie; alors Tagi-
tation des bras et des jambes ainsi que les cris recommencferent; une
nouvelle attaque 6tait imminente; je fis rapidement achever la pre-
miere potion etj'injectai 2o milligrammes de chlorbydrate de mor-
phine. II n'y eut pas de nouvelle attaque, et, malgr^ une pneumonie
trfes-s^rieuse que contracta la malade en se ddcouvrant pendant les
attaques, la guMson 6tait complete au bout de douze jours.

J'ai agi de m^me dans le troisifeme cas, qui est tout h fait recent
(24 mai 4875) : sept attaques avaient eu lieu; le chloral ^ la dose de
6 grammes, administr6 trfes-rapidement, et une injection de 25 milli-
grammes de morphine, ont fait cesser les convulsions.

On pent done, sans h^siter, donner presque coup sur coup 6 gr.
de chloral. Quant aux autres 6 grammes, on les tient en reserve pour
continuer le medicament si les attaques persistent; et, dans le cas
contraire, on continue h donner, toutes les deux ou trois heures, une
cuiller^e h, caf6 de chloral, pour tenir pendant quelque temps encore
la malade sous Tinfluence du remMe.

Ces trois faits m'ont d'autant.plusfrapp6 que j*avais eu ant^rieure-
ment six cas d'dclampsie que j'avais traitds par les sangsues et les
inhalations de chloroformes, et j'avais eu six d^c^s h d^plorer.



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REVUE CLINIQUE. 685

J'invite mes confreres de la campagne h pubJier les observations
des malades qui les auront vivement impressionnfe, et surtout h bien
insistersur tous les details qui peuvent permettre k celui qui les lit de *
suivre de point en point une m(5dication qui a r^ussi dans un cas se-
rieux. Notre journal de m^decine est souvent notre seule causerie
confraternelle que nous ayons pendant de longs mois, et nous sommes
toujours heureux quand nous y trouvons, avec beaucoup de details
pratiques, la relation d'un cas en presence duquel nous aurions b^sitd
quelquefois h, employer un moyen qui a bien reussi entre les mains
d'un de nos confreres. {Bull, de therap.)

D*" Portal.
Saint-Genifts de Malgoiro (Gard), 14 juillet.

Quatre cas d^^clampsie paerp^rale g^u^ris par r^th^rlsation et rap-
plication de sang^sues & la valve lorsque les lochies sont suppri-
m^es ou diminu^es.

Le D»" Portal, de Saint-Genids-de-Malgoire (Gard), aprte avoir publie
dans le Bulletin de iherapeutique trois cas d'^clampsie qu'il a gu^ris
par le chloral, invite ses confreres h faire connaltre les observations
int^ressantes de leur pratique sur lemfime sujel. Je rdponds avec em-
pressement ^ son appel, attendu qu'il existe entre lui et moi, h propos
de r^clampsie, une Irappante communaut^ de revers et^de succ^s. Get
honorable confrere dit, en effet, que les trois gu^risons qu'il a obte-
nues Tont d'autant plus impressionn^ qu'il avait eu ant^rieurement
six cas dVxlampsie qu'il avait traitds par les sangsues et les inhala-
tions de chloroforme et qu'il avait eu six d6c5s h deplorer. A mon tour,
depuis 1830.jusqu'^ 1868, j'ai rencontr^ dix fois Teclampsie puerpcj-
rale, et chaque Ibis la terminaison a 6t6 mortelle; puis, de 1868 au
8 aoAt 1875, j'ai observe quatre cas de cette redoutable maladie, et
mes quatre malades ont 6t6 promptement sauvees gr^ce h la medica-
tion que je vais d^crire.

Obs. I. — Mme F..., de la commune de Ch4tillon-la-Palud, Ag6e de 2t2 ans,
fortement constitu»''e, primipare, accouche k terme le 14 aoAt 1860; trois
heures apr^s la d6livrance, agitation, plaintes, respiration suspirieusc, puis
tout k coup gonfleraent des muscles du cou, convulsions g6n6rales, 6cume
sur les 16vre3, langue tir6e hors de la bouche et fortement serr^e par les
dents, perte de connaissance. Get 6tat dure dix minutes et se termine par
un coma profond, un rale trach6al bruyant, semblable a celui de I'agonie,
lequel est remplac6 au bout d'un quart d'heure par un sommeil assez tran-
quille, mais qui n'est qu'un masque trompeur, derri^re lequel on reconuait
que le cerveau a d6ji regu do graves atteintes! En efFet, Tintelligence est
obtuse, et la malade ne r6pond que difficilement aux questions qui lui sont
adress6es. 11 est doux heures du matin ; un second acc6s a lieu k trois heures,



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686 REVUE CLINIQUE.

et, k dater dece moment, les crises se renouvellentde demi-heure en demi-
heare, puis de quart d'heure en quart d'heure,et lorsque j'arrive aupr^sde
» la jeune femme, it sept heures^ elle 6tait h la dixi^me et n'avait plus con-
science de ce qui se passait autour d'elle.

Pendant vingt-neuf ans, j'avais us6 et abus6 de la saignfee, — qui a 6t&
vant6e par un grand nombre d'accoucheurs comme Tancre de salut dans
r6clampsiey et que je consid^re comme 6tant plus nuisibie qu'uiile, surtout
quand la spoliation sanguine est consid6rable, — des antispasraodiques ad-
ministr6s sous toutes les formes, de la glace et des affusions froides : rien
ne m'avait r6ussi. II 6tait done peu rationnel de m'^garer une fois de plus
dans une voie dans laquelle, pendant tant d'ann^es, .je n'avais recueilli que
des d6ceptions. Dans mes r6flexions sur cette cruelle maladie, partant de



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