William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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Le 7 juillet, Barbe Th. est prise des douleurs de i'enfantement, la t^te du
fa?tus ploDgeant dans Texcavation en premiere position. A 11 h. i/-2 du soir,



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()!>^ REVLE CLINKJUE.

expulsion spontunee d'un enfant du sexc f6minin a terme. Dilivrancc nor-
male, environ ^0 minutes aprds ; ('coulement de sang raod6r6.

Vers 1 heure du matin, Taccouch^e, qui venait de dormir prol'ondi^ment
et avec ronflement pendant un quart d'heure, se r6veilia et se plaignit de
c6phalalgie frontale intense, puis elle se rendormit jusqu'k ,5 heures du
matin ; k son r6veil elle se plaignit de nouveau de douleurs de t§te et d'e-
blouissements, declarant ne plus distinguer les personnes qui Pentouraieni
A 6 heures, eutlieu une premiere attaque dont Tinvasion etla periode toni-
que ne furent point observ^es, la malade se trouvant seule a ce moment.
La p6riode clonique fut assez longue et suivie de coma tr6s-court, la con-
naissance revint aussit6t. A 7 heures moins le quart, second acc6s plus long
et suivi d'un coma plus profond ; ^ 7 h. 1/4, troisieme attaque suivie de
perte de connaissance ; k 8 heures, quatri^me crisc ; c'est alors seulemeot
que jc vols la malade : le pouls est.tr^s-faible, peu frequent : la face cyaDO-
s6e, bouflie ; les pupillea contractees ; les extr^mit6s inf^ricures m^diocre-
ment infiltr6es. Les urines, qui sont tr^s-abondanles, contiennent une tres-
grande proportion d'albumine. On commence imm^diatement les inhala-
tions de chloroformc; apros une cinqui^me attaque survenue k8 h. 1/i, la
malade repose d'unsommeil paisible jusqu'k 1 h. i/'l de I'apr^s-midi ; son
intelligence est a peu pr^s revenue ; lea inhalations de chloroforme ontct^
6loign6es de plus en plus, raais elles sont reprises avcc plus d'activil6 apr^s
un sixi^me acc^s d'une dur6e assez longue. A 3 heures, septidme attaque,
suivie d'agitation, puis de rctour k la connaissance. La malade demande.
vers 4 h. i/5l, un peu de bouillon qu'elle n'a pas le temps de boire parce
qu'elle est surprise par une huitieme crise courte, mais suivie do coma.
Une demi-heure seulement s'ecoulc avant qu'une nouvelle attaque, longue
et violente, se d^?cl?.re ; la malade n'a pas recouvre connaissance, la face se
cyanose, des convulsions cloniques agitent le cor[)stout ontier.M. le protes-
seur Stoltz fait cesser les inhalations de chlnrolormc qui n'ont pas eL6 dis-
continu6es depuis le matin, il fait mettre en permanence deux sangsues
derri^re les oreille8(lO ont 6t^ appliqu6es), glace sur la tete, cataplasme
]audanis6 sur Je ventre, lavement avec "1 grammes de chloral. Les acces n* en
continuent pas moins, en augmcntantdo fr6quencc et d'intensit6.

A 9 h. i/2 du soir, la dix-huiti6mo attaque vient d'avoir lieu, la respira-
tion est extromement haletante, la face violac6e, bouflie, les yeux ouverts,
le regard fixe, le pouls miserable, tr6s-fr6quent (environ 160).

A minuit, r6tat de la malade s'cst encore aggrav^r : la face est devenue
pAle, le visage et le cou sont gonfles, la respiration anxieuse, rapide ; pas
de ronflement. On retire avec la sonde une petite quantite d'urinc tres-
fonc6e, contenant une grande quantity d'albumine.

A minuit et demi, la malade se renverse, sa colonne vert^brale s'incurve
et Ton peut passer les deux poings entre elle et le lit (opisthotonos). On
pratique une injection hypodermique de t! centigrammes de chlorhydrate
de morphine ; un quart d'heure apr^s, vingt-uni^mc attaque conipl6te: p^
riode tonique et p6riode clonique, puis ronflemenls suivis de coma : la fare
ne se cyanose plus autant qu'aux precc'dents acces.



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REVUE CLINIQIE. 605

Une vingt-deuxi^me et derni^re attaque a eu lieu a I heure du matin,
puis le coma devient de plus en plus profond ; la malado n'a plus que des
soubresauts avec raidcur des membres et de la colonne vert6brale. Lamort
arrive le 9 juillet, k 9 heures du matin.

Autopsie. — derveau an6mi6, pas de suffusion s^reuse dans les ventri-
cules ; poumons tr6s-congestionn6s. Le cceur gauche contient deux caillots
d'agonie ; le cceur droit est gorg6 de sang noir, fluids ; 11 renfermeen outre
deux 6normes caillots d6color6s. La rate est congestionn6e, les reins forte-
ment hyper6mi6s, avec hypertrophic de I'^pith^lium des canaux s6cr6teurs
sans deformation de ces canaux, ni alteration du tissu conjonctif. Le foie
est gras, k sa surface com me h sa coupe. On trouve de nombreux foyers he-
morrhagiques de la grod«jeur d'une lentillc et entre lesquels la substance
h6patique est d^color^e. Les vaisseaux capillaires sanguins pr6sentent la
mdme alteration que ceux de la fille N. (voir Tobserv. II).

En dehors m6me de Tint^r^l que peut offrir chacune de ces observa-
tions, au point de vue de la clinique et de Tanatomie pathologique, on
est frapp^ tout d'abord de ce fait, que 3 cas d'^clampsie avec terininai-
son fatale se sont succ^d^ en moins de huit mois dans une petite ma-
ternity cumme celle de Nancy. Si Ton consulte la statistique de V6'
clampsie h rh6pital des Cliniques i Paris, oil il se fait annuellement
600 accouchements, on ne trouve que 133 Eclampsies dans unepEriode
de trente-huit ans, soit un pen moins de 4 cas par ann^e. Sur ce nom-
bre, 50 ferames, c'est-^-dire plus du tiers des malades ont succomb6 ;
etil est remarquable que, dans certaines ann^es, les convulsions puer-
p^rales on etE incomparablement plus frc^quentes et ont affects un ca-
ractere tout particulier de gravity : en 4867, par exemple, on en a ob-
serve 11 cas, dont 5 sesont terminus par la mort. II n'est pas n^cessaire
de dire qu'on ne peut voir dans cette succession de faits analogues
qu'une simple coincidence, et qu*on ne sauraitTattribuer h Tinfluence
d'une cause epidemique ou autre, comme quelques auteurs avaient
voulu le faire.

L'Eclampsie a delate chez chacune de nos trois malades dans des
conditions tout h fait difl6rentes. L'une, femme mariee, ddj^ m^re de
quatre enfants, malade depuis led^but de la grossesse, n'elait pas in-
filtree, mais ses urines Etaient albumineuses. L'eclampsie provoqua
chez elle, au terme de six mois, un travail premature avant la fin du-
quel (^lle succomba k cause de revolution rapide de la maladie. La se-
conde etait primipare, comme la grande majorite des eclamptiques,
bien portante pendant sa grossesse h peu prf*»s h terme, infiltree et al-
buminurique; le travail n'aboutit pas non plus, a cause dela mort ra-



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696 REVUE CLINIQUE.

pidede la malade. Dansle troisi^me cas, unefilJe primipare, accouche
h terme d'une fagon normale, fut atteinte d*dclampsie, sept heures seu-
lement apr^s la d^livrance, et mourut au bout do vingt-six heures,
dans un 6tat d'opisthotonos h peu pr§s permanent. L'infiltralion gen^
rale et I'albuminuriefurent ^galement observ(§es chez elle.

A c6l6 de ces dill(5rences, nous retrouvons un grand nombre de ca-
ractt^jres coramuns; ainsi, les prodronjcs n'ont manqu^ dans aucun
des cas et principalement dans les deux derniers, qui ont 6i6 plus par-
ticulidrement observes. lis ont consists en c^phalalgie frontale, dou-
leur ^pigastriquc, vertiges, troubles de la vue allant jmqu'^ la cecite.
Ni Tune ni Tautre de nos malades n'eut de vomissements. La femme
P. et la fille Th. ont pr^sent^ ceci de particulier que, lorsqu'elles ont
succombe, elles n'avaient plus eu d'attaque depuis six et huit heures,
mais ^laient tomb^es dans un coma profond. Chez la fille N., au con-
traire, les convulsions ^clamptiques se continu^rent presque jusqu'au
moment de la mort.

La medication n'a pas et^identique dans ces trois cas, parce que les
indications ont paru differentes. Chez la premiere malade, la petitesse
du pouls, la vioience des attaques semblaient justifier remploi des
anesthdsiques et celui de moyens propres h activer le travail (rupture
artificielle des membranes). Sous Tinfluence de Tanesth^sie, les con-
vulsions se sont en effet (51oign(§es, mais la malade* n'en a pas raoins
succombe dans le coma. II en a ete de meme dans les cas d'6clampsie
cons^cutifs h Taccouchement. D6s les premieres inhalations dechloro-
forme, les attaques, qui se succ^daient de demi-heure en demi-heure,
ont 616 supprimees pendant cinq heures, pour reparaitre, il est vrai,
avec une frequence et une intensity sur lesquelles Tanesth^sie est re&-
tee sans effet aussi bien que les Amissions sanguines locales, le chloral
et les injections hypodermiques de morphine. La seule malade qui ait
ete traitee par la saign^e etait plethorique, et les phenom^nes d'as-
phyxie, de congestion pulmonaire, paraissaient menagants. C'esl sur
ces accidents que remission sanguine a paru momentan^ment agir,
sans modifier toutefois la marche ulterieure de la maladie.

On serait peut-6tre en droit d'affirmer que I'inefficacite de ces medi-
cations a tenu principalement h la periode dej^ avancee de rafieclion
et que si un traitement energique, la saignee, avait ete mis en usage
di^s que les sympt6mes prodromiques ont ete observes, la terminaison
n'etlt pas ete la mSme. Ce qui autoriserait h penser ainsi, c'est le peu
de gravite des lesions renales qui, comme on I'a vu, consistaient dans



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aEVUE DES SOCIETKS SAVANTES. 697

les alterations caract^risant le premier degr^ dela loaladie de Bright.
A cdlc de ce r^sultat de Texamen n^croscopique, qui ccncorde avec les
i^sions generalement observees chez les ^clamptiques, les deux der-
nieres autopsies ont revels une alteration toute particuli5re des capil-
laires du foie qui demande h 6tre ^tudi^e de nouveau avec soin avant
•qu'on puisse en tirer des conclusions relatives h la pathogenic de Te-
clampsie. (Bevue mcdicale de rEst).



REVUE DES SOCIETES SAVANTES.



ACADEMIE DE MEDEGINE.

Seance du 10 aout 1875

— M. Herard presente ^ TAcademie une observation de monstruo-
site, recueillie par M. le D*" Pasquet-Labroue, de Charroux (Vienne),
chez une lemme de sa clientele, recemment accouchde.

Dans ce fait intdressant et rare, il s'agit de deux enfants du sexe
masculin, de grosseur moyenne, paraissant bien constitu^s et unis
^troitement, non pas par la region dorsale, comme les soeurs Millie-
Christine, mais par la partie antdrieure du corps. Lies deux tfiteset les
deux cous, de m§me volume, etaient compl5tement libres, ainsi que
les deux bras et les deux raembres inferieurs de chaque su^jet : les
deux t'^oncs etaient independants dans toute leur partie posterieure.
Les organes gdnitaux etaient dgalement bien conformes. L'autopsie
demontra Tabsence du sternum et la reunion en une seule des deux
cavites thoraciques et des deux cavites abdominales. La cavite thoracis
que contenait quatre poumons normaux, mais un seul pericarde enve-
loppait les deux coeurs, etroitement unis, de telle sorte qu'il fut im-
possible de les separer sans entamer la substance mSme de Torgane,
bien qu'il y eAi une ligne de demarcation assez apparente. Un seul
diaphragms separait le thorax de Tabdomen. En ouvrant la cavite ab-
dominale, on trouvait un foie unique, plus volumineux qu'^ Tetat nor-
mal, et une seule vesicule biliaire. II existait deux cesophages, venant
s'ouvrir par deux orifices distincts dans un estomac unique, d'oti, par
deux orifices egalement distincts, partaient deux appareils intestinaux
•complets, allant aboutir, chacun, h un anus perfore. On trouvait qua-



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698 RliVUE DES SOCIETES SAVANTES.

tre reins et deux rales, dont le volume et la situation n'offraient rien
de particulier.

Je n'insisterai pas, dit M. Herard, sur les autres details de ce cas
curieux. On comprend sans peine qu'elle difficult^s a dii presenter
Texpulsion de ce monstre. Ce n'est qu'apr^s avoir op6r6 la criniotomie
de Tun des deux enfants que M. le !> Pasquet-Labroue, assisle d'un
deses confreres, M. Ghevrier, a pu terminer heureusement Taccouche-
ment. J'ajoaterai que la femme avait eu ant^rieurement 9 enfants tous
vivants et bien portants.



SOCIBTE ANATOMIQUE.

Seance du 28 7nai 1875.
Imperforation du ool ut^rin ; par Ferdinand Drbyfous, interne des hdpitaax.

Annette S., Ag6e de 39 ans, entre dans Ic service de M. Fournier pour les
accidents d'une syphilis datant de 1873, et soignee ant6rieurement dans le
service de M. Dubrueil.

En I'examinant au sp6culum, on trouve une imperforation du col at6rin.
Voici les renseignements que nous avons obtcnus. Jamais de cauterisations
et m6me jamais cette malade n*avait 6t6 examin6e au sp6culum avant son
entr6e dans le service de M. Dubrueil. Jamais non plus aucune injection.
Enfin pas de maladies g6n6rales, de cellesqu*on aaccus6es de produiredes
obliterations da col.

La malade ne fut r6gl6e qu'k TAge de 20 ans, sans accidents ayant pr6ced6
ou accompagn^ I'apparition des menstrues. Pendant quatre ans, r^les reve.
nant r6guli6reroent tous les mois, k 6poque lixe, durant 3 & 4 jours. L^eeou-
lement de sang 6taitassez abondant, et le liquide d*un beau rouge. A V^ge
de 24 ans, apr6s avoir mis les mains dans I'eau froide au moment de ses
regies, r6couIement sanguin s'arr6ta, sans provoquer aucun accident. Mais
cet arr6t n'6tait pas d6finitif; r6coulement sanguin reparut de temps en
temps, tr^s-peu abondant. La malade ditqu'ellc ne voyait presque pas.

Enfin, il y a 12 ou 13 ansqu'elle n'a vu le moindre 6coulement sanguin
se faire par levagin, et cela, sans h6morrhagies supplfementaires, et tntoe
sans malaise. Tout au plus dans le premier mois eut-elle des frissons ; elle
6prouva quelques douleurs de ventre, mais jamais elle n*a 6t6 malade au
point de se mettre au lit un scul jour. Jamais de grossesse. Jamais de
flueurs blanches.

tiat actueU — Pas d*6coulement sanguin. Vulve sainej cyslocdle vagi-
nale. Par le palpcr on ne sent aucune tumcur k Phypogastre, ni dans les
losses iliaques. Au toucher vaginal, col ant^rieur, de consistance normalf.
de longueur ordinaire : (les culsjde-sac vaginaux sont normaux.) Sa fomn*
arrondie n'offre rien de special, si ce n'est qu'on ne trouve pas I'orilice. Tou-



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REVUE DES SOCIETES SAYANTES. 699

tefois, au centre, le doigt, en pressant 16g^rement, sent une d6pressioii se
produire : il semble alors qu'il sente rorilJce, mais a t|^versune membrane
6paisse de i millim. 1/2 i2 millim.

Par le toucher rectal on constate le volume de Tutferus, qui n'est ni atro-
phi6 ni trop d6velopp6.

Au speculum : col cylindrique; au centre, dans unc 6tendue de 2 millim.
de longsur 5ou 6 de large, une membrane blanchAtre passe au-devant du
col. Ce point peut 6tre d6prim6 avec I'hy&teromdtrc : la sonde ut6rine ne
peut p6n6trer nulle part, elle fait seulement saigner la membrane au point
indiqu6. On ne trouve pas d'oriflce, si petit qu'il soit.

Tous ces fails sont bien indiqu6s sur cette pi6ce moul6o par M. Jumelin,
mouleur de Lourcine.

fie flexions, — Ce qui frappe tout d'aborddans ccfait, c'est Tabsence
complete d'accidents chez une femme robuste, qui, depuis 13 ans,n'a
pas eu ses regies. D'autre part, il faut remarquer Tabsence de toute
cause pouvant expliquer I'atrdsie. On est done amene ^ penser ^ une
atresia cong^nitale. L'^coulement sanguin p^riodique par le vagin,
simulant les regies, est signal^ par Courty, Puech, etc., dans les cas
de ce genre.

Ces diverses donn^es etl'examen direct dela maladenous font pen-
ser qu'il y a 1^ un de ces cas oh la muqueuse vaginale se continue au
devanldu colet determine Timperforation.

M. DupuY. Je crois qu'il s'agit plut6t ici d'un cas d'agglutination
des l^vres du col que d'une imperforation de roriflce. Je me base sur
la pito elle-mSme telle qu'elle est moulee, sur I'apparition de la mens-
truation et sur sa persistance.



SOCIETE DE BIOLOGIE.

T^tanos chez an nouveau-n^, par M. Ribemont.

Le iO juillet 4875, la nomm6e Honfenbeck est admise avec son enfant a
rh6pital Saint- Antoine, salle Sainte-Marie, n« H, dans le service de M. le
D*" Dumontpallier, pour y 6tre trait6e, la mt>re de dyspepsie, et Penfant
d'une 16g6re ophthalmie purulente.

Get enfant, du sexe masculin, n6 le 1<^' juillet 1875, est allait^ exclusive-
mcnt avec le sein, et, sans avoir un embonpoint remarquable, oCTre les ap-
parences d'une bonne santfe. II ne vomit pas et n'a pas de diarrh^e.

L'ophthalmie se modiliait rapidement sous Tinfluence des instillations
de collyre au sulfate de zinc, lorsque, le 13 juillet, la m^re attira I'attention
sur la raideur du cou de I'enfant et sur I'extr^me difffcult^ que celui-ci
^prouvait k iHov.



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700 REVUE DES SOCIETES SAVANTES.

II pouvait encore saisir le mamelon, ce quMl faisait m6me avec avidity,
mais n'exerQait auqpn mouvement de succion.

Le facies grimaQantdu petit malade exprime une vive sou ff ranee; le front
est rid6, les commissures des 16vres tir6es en dehors et en haut. la bouche
entr'ouverte luissant voir les rebords alv6olaires des mAchoires distants de
7 a 8 millimetres.

On ne peut les 6carter davantage ni les amener au contact .

La souplesse de la peau des joues permet de constater, par le toucher, la
duret6 des raass6tors contractures.

Si Ton verse, k Taide d'une cuiller, une petite quantity de lait dans la ca-
vity buccale, Tenfant semble I'avaler. 11 n*en est rien cependant ; car, apr^
avoir sdjourne plus ou moins longtemps dans la bouche, le liquide s*en
6coule d6s qu'on la place dans une position d6clive. Cette dysphagie est
absolue et rend toute esp6ce d*alimentation impossible.

La tfite, rejet6e en arridre, ne peut 6tre fl6chie ; mais on lui imprime asscz
facilement quelques mouvcments de Iat6ralit6.

L'enfant, saisi par la t6te, est rQlev6, et dress6 sur les pieds, sans que le
cou ni le tronc ne se fl6chissent.

L'existence d'unt6ianos, d'abord admiseavec reserve, conduisiti recher-
cher retat de la plaie ombilicale. Celle-ci 6tait bien cicatris^e et dans son
voisinage, la peau parfaitement saine.

La plaie ombilicale ne pouvait done 6tre accus6e d'avoir 6t6 le point de
depart du t6tanos. Avait-on affaire kun Utanos cicatriciel? Avant d'admettre
cotte origine il 6tait n6cessaire d'examiner avecsoin tousles points du corps
de Penfant.

On ne tarda pas k d«^couvrir sur la partie post^ro-externe du cinqui^me
orteil du pied gauche une croftte longue de 15 millimetres et large de 5 i
(i millimetres environ.

La plaie k laquelle elle a succ6d6 a passe inapenjue pour la mere. Celle-ci
a constate Texistence de la croiite, le 9 juillet pour la premiere fois, en ha-
billant son enfant, qui jusqu'alors avait 6t6 conli6 a la sage-femme.

On pause la croiite avec un pen de pommade belladon6e. Potion avec
I gramme de chloral.

Le lendemain, 44 juillet, on constate une amelioration notable. Les mou-
vements de flexion de la t6te sont assez faciles. Le trismus moins accentu^
permet k l'enfant d'ecarter ses maxillaires de 2 cent. 4/2 environ, Hier il a
pu boire quelques cuiller6es de sa potion. Aujourd'hui la dysphagie est
presque absolue.

Cette amelioration est passag^re; et le 15, de nouveaux symptOmes s'a-
joutent k ceux qui avaient ^te observes des les premiers jours. La contrac-
tion envahit les membres inferieurs. Les cuisses, un peu fl6chies sur Tabdo-
men, sont dans une demi-abduction. Les jambes ^ moitie fiechies sur les
cuisses sont croisees au niveau de leur partie inf6rieure , la jambe droile
recouvrant la gauche.

L'ali mentation demeurant impossible am6ne chez Tenfant un amaigris-
sement rapide. La peau flasque, ridee de nombreux plis, conserve toute sa



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REVUE DES SOCIETES SAVANTES. 701

souplesse, et permet de voir la saillie des muscles couturiers contractures.
Get 6tat de lapeau contraste singuli^rement avec celui qu'on rencontre dans
le scl6r6me du nouveau-n6.

Les tentatives de redressement des membres inf6rieurssont infructueuses,
et en outre d6terminent une exag6ration de la contracture musculaire bien
appreciable pour les couturiers, .et exasp6rent rintenbit6 des souffrances,
comme en temoignent les cris et I'expression de la physionomie de I'en-
fant. On provoque en outre par ces manoeuvres de petitcs convulsions toni-
ques d'ordre r6flexe, dans les membres sup6r:eurs.

Le 16 juillet, on constate, k la visite du matin, los progr^s du mal. Les
membres sup6rieurs sont, eux aussi, t6tauis6s : les bras coll6s au corps, les
avant-bras fiechis h angle droit sur les bras, et les poignets sur les avant-
bras.

Les pouces, couches dans la paume de la main, sont recouverts par les
trois derniers doigts fl6chis sur eux.

LMndex est comme repli6 dans le premier espace interdigital, et sa pha-
lange ungu^ale repose par sa face dorsale sur la face interne de I'articula-
tionm6tacarpo-phalangienne du pouce.

On remarque que le tronc de I'enfant d^crit une courbure k concavity
tourn6e k droite. Ce pleurosthonos a d6but6 hier dans la soir6e.

Les membres inf6rieurs sont toujours dans la m6me position. Toutefois,
il y a par intervalle une sorte de detente qui permet quelquos mouvements
limites de flexion et d*extension des jambes.

Mais, en determinant ces mouvements, on provoque par acte r6flexe une
serie de petites convulsions cloniques plus marqu6es aux membres supe-
rieurs.

Le 19 juillct, retat est peu modifie. Quelques mouvements spontanes,
mais peu etendus, des membres iniericurs,

Le "20, la contraction s'est generalisee; on peut enlevcr I'enfant par un
point quelconque du corps, sans moiiiier la position de ses diversos
parties.

L'enfant succombe le 20 juillet, k 1 heure du matin.

Depuis le debut de sa maladie, il n'a pu .s'alimentcr ; aussi est-il arrive k
un degre extreme d'amaigrissement.

II n'a jamais vomi etn'a eu que doux selles noiratres.

La temperature prise plusieurs jours de suite dans le rectum ne s'est pas
seijsiblement ecartee du chiffre normal.

11 en aete de mSme du nombre des pulsations. La respiration etait regu-
li^re.

Uauiopsie faite trente-trois heures apres la mort, avec le concours dc
M. le D' Parrot, a donne les resultats suivants ;

Le poumon droit est atelectasie dans une notable etendue de son paren-
chyme. Ses lobes moyen et inf6rieurs sont accoies par une pseudo-mem-
brane pleuretique, jaunAtre, assez mince.

II cxiste un noyau apoplectique au sommet du poumon droit, et deux
noyaux semblablcs a la base du poumon gauche.



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702 CORRESPONDANCE.

La pl6vre pari6tale droite, tr6s-hyper6mi6e, pr6sentc, k un centimtitre
environ au-dessus du diaphragme, les traces de l*adh6rence de la pseudo-
membrane inlerlobaire k la parol tboracique.

Le p^ricarde contient une petite quantit6 de liquide sanguinolent.

Le coeur est volumineux, ce qui tient surtouti ce que les cavites auricu-
laires sont gorg^es de sang.

Le canal arL6riel, en voie d 'obliteration, persiste encore.

Le trou de Botal estcios.

Le ventricule gauchs pr6sente une dilatation assez notable.

L'estomac et le reste du tube digestif sont parfaitement sains.

Le foie est congestionn6, bruna.tre, la v6sicule est remplie de bile verte.

Infarctus uriques dans les deux reins. Capsules surr6nales volumineuses.

L'enc6phale ne pr6scnte rien de particulier h Text^rieur. Aucune trace de
m6ningite. A la coupe quelques points de st6atose dans les lobes sph^nol-
daux.

La protuberance et le bulbe n'offrent rien d*appr6ciable k Toeil nu.

La colonne vert6brale d6crit une courbure dont la concavity est tourn6e i
droite, et porte sur toule la colonne dorso-lombaire.

La moelle, dont les enveloppes sont peu congestionn6es, offpe sur les
coi;pes faites h diverses bauteurs une coloration hortensia de la substance
grise, qui, chez un adulte, sufflrait pour affirmer Texistence d'un travail
inflammatoire.

L'examen microscopique de la moelle n^cessitant le durcissement de la
piece, n'a pu encore etre fait.



CORRESPONDANCE



Nous avons regu, ainsi que le Lyon medical, Ja lettre suivante de
M. le professeur Pajot.

Nous la faisons suivre, comme le journal de Lyon, de la r^ponse de
M. le professeur Bouchacourt auquel s'adressent, en"realit6, les re-
flexions de M. Pajot.

Monsieur le secretaire de la Redaction,

On a facilement raison de ses contradicteurs en leur prfitant gratuitement
des inepties. CW un mode d'argumentation trjs-apprecie des souteneurs
de la liberie de renseignement... que nous avons. Je veux croire que ce
n'est pas ici le cas.

« Quant a la curette de Pajot, c'est un instrument a avoir pour te montrer ft
non pour s'en servir, »

D'apres votre compto rendu, cette phrase a et^ dite par M. B^uchacjurt,
medecin i Lyon, a propos des moyens d' extraction de ciillots con^enus da^s li
cavity uterine apres V accouchement.



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C0RRE2P0NDANCE. 703

Comment un accoucheur un peu intelligent a-t-il pu penser que cette
curette a 6t6 consfcruite dans un pareil but !



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