William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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sont tordus 16g6rement en faisceaux, sans exercerle moindre tiraillement.
Vers la partie inf6rieure, un orifice est m6nag6 pour favoriser I'^coulement
des liquides p6ritoneaux, et rempli par une m6che.

Le tout, plaie et surface abdominale, est badigeonn6 avec le collodion,
morphine ; puis le pansement consiste dans TappHcation d'un linge c6rat6^
d'un peu de charpie seche et d'une grande quantite de coton card6, recou-
vrant tout le ventre et maintenu par un bandage de corps peu serre, k chefs
entrecroises comme le bandage unissant des plaies en travers.

Je dois maintenant signaler les particularites anatomo-pathologiques
observ6es pendant Toperation.

En introduisant la main dans I'uterus durant les differentes manoeuvres,
j'ai pu m'assurer que la tumeur fibreuse occupait reellement plus que la
partie inf6rieure de la face posterieure; elle s'eiendait plus haut en arriere,
et depassait en ce point le niveau du detroit sup6rieur; de plus, elle pro6-
minait fortement dans la cavite uterine, et Ton comprend tres-bien qu'elle
ait entrave la distension normale de Torgane au point de determiner Tac-
couchement k sept mois.



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7 1 2 MEMOIRES ORIGINAUX.

Elle transformait ainsi tout le segment inf6rieur de la cavity uterine en
un canal 6troit et aplati, dans lequel le membre sup6rieur ou le membre
pelvien pouvaient seuls s'engager comme dans une Cli^re.

J'ai de plus constats rimmobilit6 de la masse totale, ce quiindiquaitqu'il
existait assur^ment des adh6rences peut-6tre tr6s-solides avec les parties
voisines, circonstance qui rendait compte de Tinanitfe de nos efforts de r6-
tropulsion.

Le col ut6rin 6tait mou, dilatable, mcsurant environ 2 centimetres de
diam^tre, et compldtement ind6pendant de la tumeur.

Revenons k notre op6r6e.

Aussit6t r6veill6e etplac6e dans son lit, rop6r6e se plaint d'un sentiment
profond de brisement et de lassitude. On lui donne quelques cuiller6es i
caf6 de malaga, et on lui recommande Timmobilit^ la plus absolue. Le pouls
bat 80 fois par minute, et est r^gulier quoique faible. Je prescris de la
glace, une cuiller6e k caf6 de vin de Champagne de temps en temps, et
•toutes les heures pne pilule d'un centigramme d*extrait th6baique.

D6s le soir, apparition des vomissements, commencement de ballonne-
ment du ventre, sensation d'anxi6t6, hoquet, insomnie ; pas de frisson ; k
partir du lendemain, le cath6terisme est pratiqu6 quatre fois par jour et jus-
qu'au 16, il n*y a pas grande modification dans T^tat de la maladie; les vo-
missements sont incessants, verdatres, la face est contract6e, mais noa
gripp6e; les extr6mit6s ne deviennent pas froides, le pouls varie entre 80 et
90 ; r^coulement des locbies se fait tr6s-bien par le vagin ; du reste, le doigt
s'assure chaque jour de la perm6abilit6 du col et 6vite Parrfit des caillotsen
ce point.

Les ph^nomdnes 6taient done stationnaires ; mais bientotic ballonnement
augmenta et ne tarda pas k atteindre les derni^res limites ; la respiration
s'eri^barrasse, devient tr6s-courte et s'el^ve k 60 inspirations par minute.
L'estomac, fortement distendu, occupe pr6s des deux tiers de Tabdomen, et
fait sous les parois une saillie apparente; la pression sur ces points n'est
pas tr6s-douloureuse. La malade, k bout de forces, 6touffant, demande qu'4
tout prix on lui donne de Pair.

' Je pensai de suite k Tent^rocent^se. A onze heures du matin, j'enfonce un

trocart capillaire dans la cavit6 stomucalc, c*est done de fait une gast6-

rocent^se. II s'6chappe, avec un sifflement, une quantity considerable de

gaz, chass6s par r61asticit6 propre des parois abdominales, aid6c vers la

. iin par une 16g6re pression k Taide des mains pos6es k plat.

Le ventre devient sou pic : les vomissements cessent presque instantan^-
ment, pour ne reprendre qu'i quatre heures du soir. Continuation des
mfimes moyens m6dicaux; pansement simple de la plaie; la m6che est
chang6e chaque jour ; il ne s'6coule par cet orifice qu'un peu de s6rosil6
louche.

Le lendemain, une nouvelle ponction est jug6e n6cessaire h cause dela
reproduction du m6t6orisme; le pouls est mont6 ^122; les lochies conLi-
nucnt k couler modt^r6ment par la vulve; une l(§g6re traction exerc6e surle
<jordonnet qui r6unit les liis k ligature plac6s dans le tissu ut6rin, et qui, on



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DE L'OPfiRATlON CESARIENNE. 7 i 3

se le rappelle, 6tait fix6 en dehors des parties g^nitales, d6termine la chute
de ces ills, sans soulTrances, sans h6morrhagie.

11 n'y a eu aucune mont6e de lait jusquMci.

Les vomissements commencent ^ devenir rares ; un peu de bouillon glac6
peut 6tre conse?v6.

Le 19, le hoquet diminue; pouls k U4; on continue k sender la malade
quatre k cinq fois par jour.

Le 20 (sixi^me jour apr6s reparation), selle spontan6e. La malade a urin6
en m6me temps ; douleurs assez vives apr6s la d6f6cation ; tension p6nible
de I'abdomen; nouvelle ponction, demand6e par la malade, qui en ressent
toujours un bien-6tre extreme; pouls a 108 le matin, a 116 le soir. Tempe-
rature axillaire, 38-2. Quoique la malade ait urin6 une fois, il faut de nou-
veau recourir au cath6t6risme.

Le 21, le hoquet, les vomissements ont cess6; il n'y a pas eu de diarrh6e,
le ventre reste a demi affaiss6, pea douloureux k la pression ; pouls de
118^120.

Le 22, ablation des fils superficiels ; il n'y a eu reunion par premiere in-
tention qu'k la partie inf6rieure, un peu au-dessus de Torifice m6nag6. 11 ,
s'6couJe un flot depus bien li6 par la partie moyenne de la plaie; en mfime
temps du pus se fait jour aussi par le vagin. II s'est done probablement
form6 un abc^, une collection purulente prot^g6e, contenue par des adh6-
rences, entre Tuterus et es parois du ventre. Continuation des opiac6s;
infus6 de quinquina; un peu d'alimentation ; tapioca, lait de poule, vin
rouge sucr6.

Le 25 (douzi^me jour) j'enl^ve les fils profonds, les l^vres de I'incision
s'^cartent passablement, donnant de nouveau issue ^ une grande quantite
de pus bien 116; on rapproche par des bandelettes de sparadrap ; les Ills
d'argent de la suture ut6rine, vu le peu de retraction de la matrice, ne pa-
raissent pas avoir r6troc6d6, c*est-it-dire p6n6tr6 dans les profondeurs du
ventre.

Le 26, j'essaie d'enlever les ills de la suture uterine en exergant de limi-
des tractions ; je ne reussis qu'i determiner de vives douleurs.

Le 27, un peu plus de li6vre que j'attribue aux tentatives d'extraction des
fils. Malgre cela, la malade a urin6 naturellement pour la premiere fois.
Sulfate de quinine 0,50.

Le 28, le fil sup^rieur de la suture ut6rine, iSgerement tiraille, c^de. L'anse
est intacte, c'cst done par mortification locale du tissu ut6rin, et par stiite
de son ulceration qu'il a pu Stre d6gage. Les autres resistant k des efforts
moderesj je dus recourir k un petit stratagemc pour les extraire. J*enroule
chacun d'eux sur un petit bout d'allumette et chaque jour, je fais faire un
ou plusieurs tours au lil, qui est ensuite maintenu tendu par une grande
quantite de charpie seche interpos6e avec pression entre la parol abdomi-
nale et Tallumette.

C'est sous rinfluenco de cette tension continue et progressive que le
deuxiemefil metallique tombe le 29, le troisidme le l«^'juillet, le quatrieme
le 4 et le dernier le 6 ; je suis toutefois oblige d'attirer un peu ce dernier,



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714 MEMOIRES ORIGINAUX.

jusqu'a ce que le nccud de la suture, devenu visible, puisse etrc sectionn6
pardes ciseaux courbes tr^s-fins.

D^s le l*"" juillet, la malade a mang6 du poulet r6ti et T^tat s'est graduel-
lement am^liore jusqu'au "i^l juillct, jour oCi je lui permets de s'asseoir sur
le bord du lit, en donnant le conseil de se lever le Icndemain sur un lau-
teuil, en prenant la precaution de porter une bonne ceinture abdominale.

La cicatrisation 6tait complete ; j'avais dii caut6riser la plaie a plusieurs
reprises pour r6primer les bourgeons cbarnus et il no restait plus qu'un
tout petit pertuis A la partie inf^rieure de la plaie. Le pertuis livrait passage
k un stylet fin, qui s'y enfoncait tout cntier, et qui, par consequent, arrivait
jusque dans la cavit6 ut6rine.

La tumeur fibreuse examinee avec soin par le toucher vaginal et rectal a
maniiestement diminu6 de volume et permet d'atteindre le col.

Le 23 juillet, au moment oil la malade allait se lever, un acc^ febrile
avec congestion sanguine c6phalique se produit tout icoup ; le pouls, hiefr
k 80, monte subitement a I "20. En examinant la plaie,- je constate un 6cou-
lement sanguin par le pertuis que je vions de signaler. Peut-6tre un pcu
audacieusement, je declare h la famille que ces ph6nom6nes si effrayants
86 rattachent au retour des couches. En ellct, apr^s deux jours d'anxi6t6, de
douleurs, de sueurs profuses, les regies apparaissent assez abondamment^
le 25, c'est-i-dire jour pour jour six semaines apr6s rop6ration.

Le pouls tombe k 'lOO ; maisP^tat f6brile se continue pendant plus de buit
jours.

La fi^vre est accompagnee de douleurs intra-pelviennes qui, jointes aa
toucher, me permettant de percevoir un empatement general du cul-de-sac
vaginal post6rieur autour de la tumeur r6duite elle-mfime dans son volume,
me font craindre une pelvi-p6ritonite ; je n'6tais pas sans inquietudes non
plus sur la possibiiit6 d'une inflammation, d*un ramollissement central de
la tumeur elle-m6me.

Les choses cependant s'arrfitent bient6t ; les forces, grftce au sulfate de
quinine, au quinquina et k une alimentation puissamment r^paratrice se
reinvent.

La petite fistuie utero-cutan^e ne rSsiste pas 2i deux cauterisations au ni-
trate d'argeut (1).

La malade est en 6tat de se lever le 8 aoiit (huit semaines apr^ Top^ra-
tion); le 19, soutenue par des1)equilles, elle Tait quelquespas dans Ic jardin.

Le !•«■ octobre, j'examine de nouveau la tumeur et I'uterus ; le corps de
cet organe pent 6tre facilement senti derriere le pubis, un pea plus voiu-
mineux qu'k I'etat normal ; par la palpation, on ne pent que tr^s-difficile-
ment percevoir un empAtement profond, indiquantrexistencedelatumear,
Le toucher vaginal montre que cette derniere est reiegu6e presque au ni-
veau de Tangle du sacrum ot qu'elle a laiss6 libre rexcavation dans laquelle



(1) On sait que Stoltz a observe le passage des regies par une flstule
utero-cutan6€, pendant plus d'un an, chez une de ses op6r6e9.



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DE L'OPERATION CESARIENNE. 7 i 5

le col ut6rin k repris sa place et ses rapports. Certainement le fibromyoms
s'est atrophi6 au meins des 2/3 do son volume.

Pour la premiere fois, k la fin d'octobre, la menstruation a 6t6 exempte
de douleurs et de fi^vre, la malado commence a vaqucr ^ ses occupations.

La cicatrice abdominale est reguli^re, peu fronc6e et tres-resistante.

L'enfant, confi6 a une bonne nourrice, pesait k sa naissance 1 k. 330 gr. ;
11 6tait bien chetif ; mais, avec des bains aromatiques biquotidiens, I'enve-
loppement permanent dansTouate, et le s^jour dans une chambre oil, pen-
dant six semaines, latemp6rature futtoujours k 30°, cet enfant est aujour-
d'hui bien venant, sinon robuste.

Cette narration paraitra peut-dtre un peulongue. Mais un fait dans
sabrutalite, depouill6 de tons les details qui lui donnent la vie, ne
saurait ^tre instructif .

II ne devient utile que lorsqu'il se presente k I'esprit entoure de I'ex-
pos6 des circonslances speciales ou il s'est produit, des soins particu-
liers qu'il a ndcessitcs, des precautions infinies que sa gravity a sug-
g6r6es, et surtout lorsqu'on est parvenu ^ faire partager au lecteur
les poignantes emotions dont il a et^ la source.

En dehors des appreciations d'ordre g^n^ral quo cette observatron
peut faire naitre et sur losquelles je m'etendrai bient6t, on peut en
d^duire directement et d^s maintenant les reflexions suivantes :

Ce cas demontre une fois de plus que les corps Gbreux k T^tat rudi-
mentaire peuvent recevoir de la gestation une impulsion et une force
d'accroissement qu'explique Tabondance des materiaux nulritifs, ap-
pel^s vers la matrice par les besoins du nouvel 6tre et dont une partie
se Irouve detourn^e au profit du corps etranger.

II prouve aussi de la fagon la plus ^vidente que le fibrdme, apr^s la
cessation des fonctions exag^rees de Tuterus, presente une tendance k
un retour ^ son dtat primitif par atrophic graduelle.

La gu^rison obtenue ici malgr6 une peritonite g6n6ralisde me parait
reconnaltre plusieurs causes.

D'abord, Tabstention de toute operation chirurgicale ou obst^tri-
cale antdrieure^ rhystdrotomie; les cas bs plus rapidement mortels
ojit etd ceux ou on a pratiqud la ponction, tou jours ineflicace d'ail-
leurs, de latumeur. C'est avec ia plus grande raison, pensons-nous,
que Bourgeois {de Tourcoing) (i) avance que les statistiques dans les-
quelles on entasse les succ^s et les insucc^s n'ont aucune port^e scien-
tiflque et que Topdration cdsarienne ne saurait fitre responsable des

(i) Moniteur des H6pitaux, 4859, p. 479 et suiv.



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716 MEMOIRES ORIGINAUX.

morts qui surviennent quand elle a 616 faite apr^s des tentatives d'ex-

traction de toutes sortes. — Plus dangereux sont encore ces essais

lorsque la dystocie reconnait pour cause la presence d'un corps

iibreux.

La seconde condition favorable residait dans Tattenlion extreme que
nous avons d^ploy^e pour garantir la grandecavite sereuse de tout
^panchement; disons aussi que le milieu ^tait excellent. En derniSre
analyse, une grande partie du succ^s doit 6tre attribute k la ponclion
abdominale. — J'ai la ferme conviction que ma malade aurait suc-
comb^ h Tasphyxie par impossibilite d'abaissement du diaphragme, si
la gast^rocent^se n'elait pas venu vider le tube digestif des gaz qui le
ballonnaient. D^j^ le D' Eby, qui, en 1862, assistait le D' Putegnat
(obs. xvm), avait eu la pens^e de faire sortir les gaz au moyen de la
sonde CBSophagienne. Malgaigne (obs. vi), avait tentd le m6me moyen
en faisant p6n6trer cctte sonde par le rectum. Mais ces manoeuvres
ont ete insulBsantes.

La ponclion capillaire, pr^conis^e dans ces derniers temps par
Labric (1), I^argnier des Bancels (2) et Fonssagrives (3), a amene dans
le cas qui m'est personnel un soulagement tel que la malade, on se le
rappclle, en r^clamait instamment I'ex^cution {A).

La p^ritonitegdn^rale aet^ moderee, sans tendance kTalgidite. Des
adh^rences se sont rapidementetablies entre Tut^rus et la paroi abdo-
minale, et une collection purulente s'est form^e en ce point. L'iuflam-
mation locale suraigug produite par les manoeuvres necessities par
rhemorrhagie, et le contact des liquides astringents sur une portion
pen etendue toutefois du p^ritoine visceral, a-t-elle d6termin6 en ce
point la formation prompte d'adherences protectrices. C'est avec de
grandes reserves que Ton devrait donner credits cette opinion. Avec
de plus s^rieuses apparences de raison on pent admettre que les sutu-

(1) De la ponction de I'intcstin. Th^se de Paris, 4852.

(2) Etude sur le Iraitement chirurgical des 6tranglements internes. Paris,
1870.

(3) Traitement de la pneumafcose p6riton§ale et gastro-intestinale par la
ponction, in Bulletins de rAcad6mie de m6d., 11 juillet 1871 (Discussion).

(4) Depuis la r6daction de ce travail, Demarquay a communique a TAca-
d6mie des sciences un m6moire sur les bons eilets de la ponction dans le
ballonnement extreme , consecutif avec 6tranglements internes , p6rito-
nite, etc. Jedois aussi mentionQer une lecture faite parGuignet k\a Soci6t6 de
m6dccine de Lille. intitul6e : Ponctions capillaires de I'intestin etla discus-
sion qui s'en estsuivie. (Bull. m6d. du Nord, mai 1875, p. 125 et 173.)



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DE L'OPERATION CtSARIENNE. 717

res ut^rines ont ^i& favorables au succes, en assurant la coaptation
des 15vres de la plaie visc^rale et en emp6chant le passage des lochias
dans le peritoine, commecela a et^ trop souvent signale et est arrive ^
Malgaigne (obs. vi) qui n'avait fait qu'une suture.

Peut-6tre aussi les sutures uterines ont-elles emp6che la production
de ces hemorrhagies secondaires si meurtridres que Ton a citdes, et
dontl'etat de Tuterus ne faisait que trop prdvoir la possibility.

Cette opinion favorable sur Temploi des sutures est corrobor^e par
un detail de Tobs. xvu. Breslau pratiqua aussi la suture aprfes une
h^raorrhagie par inertie. Sa femme mourut d*epuisement 22 heures
aprds ; mais, & I'autopsie, les l^vres de la plaie uterine ^taient parfaite-
ment adapt^es (1).

(1) Une 6tude exp6rimentale et clinique bien fai to sur toutes les sutures de
la rcatrice apr^sTincisionde cet organe serait, dans r6tat actual de la science,
un grand service rendu. En cffet, « le plus souvent on a abandonn6 I'ut^rus
h lui-mOme at sur ce viscera saignant, on a referm6 Touverture abdomi-
nale, laissant ainsi la malade livr6a aux 6ventualit6s d'un 6panchemant qui
doit 6tra tr6s-fr6quent, si on songe que les lochias pendant las contractions
ut6rines ont autant de tendance h pasaar du c6t6 du p6ritoIne que du c6t6
du vagin. Cast vraiment faira la part trop belle k la nature, comptar par
trop sur un hasard heuraux at, en chiruigia, on ne doit rian lui abandon-
ner, il est de r^gle de tout pr6voir.

Cette pratiqua, an vigueur dcpufsplusdatrois cents ans, est, Ii61as I rest6e
la meme jusqu'a nos jours. Jusqu'ici les tentatives qui ont 6le faitas pour
sortir du sentier battu n'ont eu que hi valeur de fails isol6s et n'ont gu6ro
r^ussi h rallier les m6decins. » Ainsi s'axprime avec juste raison lo doc-
teur Baudin, qui, dans son livre intitul6: « rOvolomieabdominala, » p. 172,
s'est faille champion do la suture viscoro-pari6tale. 11 est seulement regret-
table quecet 6crivainn'eut jamais eu Toccasion dclapratiquer sur sa femme
etqu'an outre, des experiences sur les animaux aient 6*6 toutes termin6es
par la mort.

II est assaz difficile de s'assurer a qui ravient rid6e prami6re de la su-
ture. Nous savons seulement que, formeliement repouss6e par Lauverjat et
la plupart des op6ratours, elle a 6te suivie de sneers entrc les mains de Le-
bas et lie Wiesel de Hulsenbusch. Elle a aussi trouv6 pour defeaseurs, Mar-
tin (de Berlin), Seutin, Didot, Godet'roy, Pillore (a), Lestocquoy et Dus-
sart (b), Stoltz (c), sans an 6tre partisan, ne la condamne pas enti6rement, et



(a) Courrierm6dical, ISoi, 31 d6cembre.

{b) Thtjse de Paris, 4 d6ccmbre 1867, De la suture visc6ro-pari6tale.
(c) Nouvcau Diction, de m^'d. at de chir. pratiques, art. Op6ration c6sa-
rienne.



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718 MEMOIRES ORIGINAUX.

Nous aliens maintenant cssayer, ttTiiide ducas qui nous est propre,
et profitant de la lecture des observations publiik's par les anteurs, de
r(^,sumer ce que ces I'aits peuvent avoir d'Ins'ructif ; et de reclKTcher,
par une vue d'enscmble les resultats pratiques qui en decoulent.

Les considerations dans lesquelles nous sommes enlre etablissent

la reserve pour le cas d'h6morrhagie incoerciblc. Tout rt'ccmment, Barnes
a recommand6 un nouveau modc.du suture, rappelant un peu celle de Les-
tocquoy. Tarnierf^?), Fourrier (c), Baiidin (/), sesont occup6s activement de
dela question. II r6sulte de leurs travaux, dont Tanalyse d6passeraitle ca-
dre de notre 6tude, que la suture presente des avantages indubitables, mais
que de nouveaux perfectionnements sent encore k d6sirer dans son mode
d'ex6cution.

II m'a sembl6 que les precedes les plus simples, conime celui quej'aimis
en pratique, ceux qui font perdre le moins de temps et ne constituent pas
une complication dans reparation, 6taient les meilleurs. Lestocquoy a
r6ussi par la suture uttro-pari6tale, mais 38 jours apr^s Topdralion, il n'y
avait encore aucune trace de reunion, quoique Jes fds fussent rest^ en place
jusqu*k dix-huit jours.

La recommandation importante consiste ^ prendre le soin d'adosserles
s6reuses ut6rines, et cette donn6e repose sur les observations du profeasenr
Kilian (^), 6tabh'ssant que la reunion des plaies ut6rines se fait presque ex-
clusivement aux depens de la s6reuse p6riton6alc.

Baudin, qui a th6oriquement cohqu un.mode dc suture assez compliqu^,
calqu6 du reste sur celui de Lestocquoy, reproche k la suture isol6c de Vut6-
rus d'une part et des parois abdominales de I'autre, de laisser dans Tangle
inferieurde la plaie 12 k 13 fils qui devront rester en place huit, quinze
jours etplus, et pourront devenir une cause d'inflammations des plus gra-
ves. Ces fils, selon lui, empScheraient, la reunion complete do la plaie ab-
dominale. Cette observation a sa raison d'etre. Mais, en prenant la precau-
tion de ne pas multiplier autant les (ils, dc s6parer chacun d*eu-\ comme
nousl'avons fait, et de leur donner ur.e direction oblique de haut en baset
d*arri6re en avant, une partie de I'objection se trouve r^Fut^e. De plus, il
fautbien avouer que dans des circonstances sembloblos, les plus beaux rai-
sonnements cedent le pas aux faits. Or, on a r6ussi, avec cette suture m6tal-
lique simple et cela noussuffit.

Cependant nous devons dire que le mode de suture que nous avons em-
ploy6 a un inconvenient, c'est la difficult^ d'ablation des fils. L'ing6nieuse



(d) Revue photographique, num6ros de Janvier et f6vrier 1869.

(e) Bulletin de therapeutique, 15 f6vrier 1873.

if) De Povotomie abdoininale ou Operation c^sarienne. Paris, 1873.
(g) Bulletin de TAcad^mie royale de m6decine de Belgiquo, 1830 t IX
p. 4'*9. ' ' '



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DE L'OPERATION CESARIENNE. 7 i 9

nettement que lorsqu'une tumeur pelvierxne occupe Texcavation, et
que par suite de son volume, de sa p^diculisation, ou des aiherences
qu'elle a coiitractees, cette tumeur ne se deplace pas, si enlin I'espace
reste libre est insuffisant pour Texecution des autres manoeuvres ob-
stetricales que nous avons ^numer^es, il ne reste plus qu'^ pratiquer
rhyst^rotomie.

Mais combien de temps convient-il d'attendre avantd'en arriverli?
Les insucces ne sont-ils pas dus h cetle temporisalion basee du reste
sur Tespoir de Tascension spontanee ou facilitde du fibrfime? — En
effet, dans loutes les operations faites jusqu'ici, I'^coulement des eaux
avail lieu depuis plusieurs jours. Une seule fois (obs. i), ifne datait
que de 15 heures.

Pendant ce temps la femme, si elle souffre, s'dpuise dans des con-
tractions sans effet, et Tut^rus ext^nue ne peut plus revenir sur lui-
mfime apr^s Top^ration, ou bien ces vains efforts I'ont predispose k
rinflammation.

Laconduiteatenirestembarrassante et Tonne saurait^tablirder^gle
general. — Autant de cas, autant de maniferesd'agir. — Je pense, ce-
pendant, que, sauf indication particuiifere, il est prudent de ne tempo-
riser que de 24 h 48 heures, en surveillant toutefois les battements du
ccBiiT de renlant, s'il est vivant, et la resistance de la ra&re.

L'operation etant ddcidee, y a-t-il une m^thode particuli5re k
suivre ?

id6e qu'a eue Tarnier dUntroduire chacun des chefs de ses fils dans le m6me
tube de Irocart capillaire et de serrer ^ I'aide d'un bAtonnet, les deux chefs
ainsi r6unis,devaientlui6pargner, silamaladen'avaitpassuccomb6, les dif-
licultes contre lesquelles dous avons eu flutter. Fourrier a dii n*cnlever les
rsutures que deux mois apr^s rop6ration.

Quant k TarrSt de rh6morrhagie, il se produit presque k coup sAr apr5s
la suture, ainsi qu'il ressortdu fait de Breslau (obs. xvii), d'un plus recent
<lil h Kob (de Stolp) (a), d'une autre observation relat6e par Gurtler(6) et de
notre propre experience. J'allais oublier de signaler aussi Fourrier, comme
ayant r^ussi, avec trois sutures, a maltriser une perte effroyable caus6e par
I'inertie uterine.

Pourachever d'6tablir rinnocuit6 relative des sutures, ajoutons que Gurt-
ler, imitant la pratique de certains ovariotomistes, a laiss6 les fils (de chan-
vre)dans la cavit6 p6riton6ale. La malade se levait au bout de seize jours.



(a) BeitrSge zurCasuistik des Kaisersghnittss, in Beitrage zur Geburts.
und Gynaekologie, t. II, fasc. 2. Berlin, 1873.

(&) In Archiv Gynflekologie, t. V, fasc. 3. Berlin, 1873.



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720 MEMOIRES ORIGINAUX.

D'une fagon generale, ^videmment, non. dependant, il existe ic
des dispositions anatomo-pathologiques fort importantes ^ noter. Ed
effet, ou la tumeur est seulement pelvienne (comme dana notre cas),
oil elle deborde dans Tabdomen, ou bien encore en m^me temps que
celle qui cause la dystocie il en existe d'autres, plus ou moins volumi-
neuses, faisant saillie sous les parois abdominales (obs. xvi et xxi).

Dans la premiere supposition, Tincision doit 6tre faite sur laligne
blanche, au lieu classique.

Dans la seconde et latroisi5me, on se demande s'il faudrait suivre
Texemple do Bird (obs. xxi) qui sectionna la ligne blanche et tomba



Online LibraryWilliam H. (William Henry) PowellArchives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] → online text (page 77 of 82)