William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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seule probable, surtout en presence de r6tnt g6n6ral de la malade qui croit
se trouverbien et semble 6tonn6e qu'on prenne tant de soins pour elle. —

iS juin, soir. Pouls 144 ; T. V. 4lo,3.

^9 juin^ matin. Pouls 144; T. V. 41o. La malade succombe a 1 beure de
Tapr^s-midi.

AuTOPSiE faile le 20 juin a 4 beures du soir, 27 heures apriljs la mort.
Vapparcil giniio-unnaire fut enlev6 compl^tement, les reins 6taient gras,
nullement enflamm^s. Les uretbres n'^taient point comprim^s h leur entree
dans la vessie. La vessic elle-m6me n'6tait le si6ge d'aucune alteration. Les
parois dtaient seulement relAchees par suite de leur distension habituellc :
on ne retrouvait sur la face interne aucune trace de la ponction. — A la face
exteme on constatait Texistencc d'un petit caillot bien limits dans le tissu
cellulaire, au point oQ le trocart capillaire avait p6netr6.

Du c6t6 de VuUtus, il exislait une tumeur fibreuse faisant saillie dans le
col et d6velopp6e aux d6pens do la partie inferieurc du corps. Un conduit
long de 8 a 10 centimetres 6tait situe sur la partie latt^rale droite de cette
tumeur et menait dans la cavit6 uterine proprement dite qui ctait placcc
au-dessus. En incisant le tissu ut6rin, k droite et un peu en arri^re on
trouva du pus dans une des vcines^ la pression en (it sourdre 4 ou 5 gouttes.
Les annexes 6taient saines, les ligaments larges, les trompes, les ovaires
n'eiaient ie si6ge d'aucune alteration : une vesicule de Graaf 6tait en pleine
voie de d6veloppement sur Povaire droit. 11 n*y avait pas trace de peritonite.
Les veines utero-ovariennes^ et la veine cave inf6rieure nYtaient le siege
d'aucunes lesions.

La rate 6tait normalc, un pou ramollic. Le foic ctait gras, en quclquos
endroits on trouva des tachcs blanch^tres, petites, arrondies. — Dans la
cage Iboraciquc, Ic piricardc et le cwiir etaient sains : les plhres no rcnfer-
maient aucun liquide; les poumons etaient normaux, il n'y avait qu'un peu
de coogesUon h la base et en arri^te*



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64 REVUE DES S6CIETES SAVANTES.

Reflexions. — En r6sum6, I'existence d'un corps fibreux avait amen6
chez cette femme une retention d'urine qui fut mcconnuc, la malade n*ayant
jamais 6prouv6 aucune douleur, la miction paraissant rdguli^re et normale,
les urines elles-mftmes n'Stant point alt6r6es. — L'cxistence de la tumeur
liquide form6e par la vessie, tumeur dont la veritable nature n'avait pas 6t6
soupQonn6e, avait rendu le diagnostic difficile. — La ponction do la vessie
faile avecle trocart capillaire de I'appareil Dieulafoy et I'aspiration n'avaient
6t6 suivies d'aucune inflammation de I'appareil urinaire. — La mnlade avait
succomb6 rapjdement avec des accidents de phlebile ut6rine : le toucher
vaginal, pratiqu6 tr6s-fr6quemment, n'6tait peut-^tre pas 6tranger au deve-
loppement de cette maladie.



Le secretaire de la redaction^ gerant : De Soyre.



Paris. — Typ. A. PARENT, rue Monsieur-le-Priuce, 29 et 31.



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ARCHIVES

DE TOGOLOGIE,



D£S



MALADIES DES FEMMES

BT

DES ENFAISTTS NOUVEAU-Ni^S.



MEMOIRES ORIGINAUX



DE LA

GROSSESSE EXTRA-UTERINE PERITONEALE.

DB SON DIAGNOSTIC ET DE SON TRAITEMENT.
(6e ARTICLE.) (I)



H arrive sou vent que la femme n'est soumise h rexamBn d'une me-
decin suflisamment experiments qu'^ une Spoque oii Tenfant a cesso
de vivre et oti d6j^ le kyste, sidge d'inflammations successives, a subi
des transformations qui I'ont plus ou moins d6naturS. Le diagnostic
est entourS dans ces cas de difficultSs beaucoiip plus grandes, cela est
inconstestable,mais pas toujours insurmontable. II faut accorder uno
certaine importance aux renseignementsfournis par la malade, ou par
des m6decins,surce qui s est passS dans JesmoisprScSdents; mais il nc

(i) Voir les num6ro3 de Janvier, f6vrier, mai, juinet septembre 1874.
Archives de Tocologie, — fevrier 1875. ^



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<i(j MEMOIRES ORIGIiXAUX.

faut pas, cependant, s'en rapporter absoJument h eux. Cost surtout
au palper abdominal, ^ Texamen de I'uterus par le vagin, et h cortaines
modiQcalions que peuvent avoir subics les organes qui jouent un r61e
dans Tacte de la reproduction, qu'il faut demander des notions qui,
renforciSes les unes par les autres, acquierent une importance de plus
en plus grande,

Laconstatation d'une poche ^ parois, d'dpaisseur souvent variable
dans ses divers points, et contenant une certaine quantite de liquide
dans laquelle on fait mouvoir des parties solides, en provoquant une
sorte de ballottement abdominal, a d6]h une signification trcs-grande.
Je sais bien qu'exceptionnellement la presence d'une tumeur mobile
avec dpanchement p^ritont^al pent fournir une sensation analogue;
mais les faits de ce genre sont tr5s-rares et n'ont pas 616 precedes,
d'ailleurs, par les phdnom6nes insolites qui accompagnent les pre-
miers mois de grossesses extra-utdrines. D'un autre c6te, le doplace-
ment de la matrice, condition ^ peu prfes constante dans ces dernieres,
fait d^faut dans les cas de tumeurs intra-p6ritoneales, enlourees de
liquide, mais non contenues dans un kyste special. II est ill peine ne-
cessaire d'ajouter qu'il en est de m6me des modifications les plus im-
portantes que subissent les mamelles, comme la coloration brune de
Taurdole, le d(§veloppement des tubercules papillaires, etc.

Les diverses observations de grossesse extra-uterine, telles qu'on
les rencontre dans la pratique, se pr^sentent avec des caract^res par-
ticuliers, de telle sorte qu'elles diflferent presque toujours entre elles,
etque le diagnostic de chacune demande un examenattentif et raisonne
si on ne veut pas s'dgarer. Tant6t la double constatation des batte-
ments du coeur d'un enfant et de la vacuity de Tutdrus (quoique un
peu augments de volume) met immediatement sur la voie; lanl6t le
premier de ces phdnom^nes n'existe plus, mais tons les autres carac-
tdres importants ont 6i6 reconnus : ddplacement de Tuterus, col un
peu modifie dans sa consistance, tumeur abdominale plus ou moins
irrdguli^re, sensation de ballottement incontestable par le palper du
ventre, apparition d'accidents inflammatoires dans les premiers mois,
et se reproduisant plus tard k I'epoque de la cessation des mouvements
actifs, que la femme afflrme avoir pergusjusqu'alors. Enfin, et surtout,
le rdsultat ndgatif du cathdtdrisme uterin bien fait, soit avec la sonde,
soit avec le doigt. Dans ce cas encore, qui pourrait h^siter, en rappro-
chantde tout ce qui prdctde, les renseignements fournis par. la femme,
ct qui acquidrent, dans ces conditions une valeur r^elle.



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GROSSESSE EXTRA-UTERINE PERITONEALE. 67

II est possible que la fern me n'ait pergu h aucune epoque les
mouvements de Tenfaiit, et que les recherches les plus atlentives, avec
le stethoscope, soi en t restdes infructueuses ; parfois aussi la tumeur ab-
dominale, au lieu d'etre fluctuante, est dure et ofTre une forme irr6-
guliereparce que Tabsence ou la petite quantity de liquide ont pcrmis
k ses parois de se mouler sur les saillies foetales. Encore alors on peut
trouver dans la marche et la succession des accidents, des indications
qui ont une valeur tres-grande. L'apparition de lambeaux de l<i mu-
queuse uterine qu'on retrouve au milieu de certains ecoulements san-
^uinolenls, qui ne sont pas rares dans le cours des grossessos extra-
uterines, peut venir peser d*un grand poids. Dans d'autres cas, au
contraire. Texageration du liquide qui entoure I'enfant pout donner
^ la poche des dimensions excessives et une forme si reguli5rement
arrondie, que, de prime abord, si la femme est vue pour la promiere
fois, on est conduit a songer a un kyste de I'ovaire; mais en rappro-
chant toutes les phases de la maladie, en tenant compte do I'augmen-
tation du volume de Tuterus, d'un certain degre d'assouplissement du
col, des changements que les mamelles peuvent presenter, de mouve-
ments que certaines femmes, intelligentes et exp6rimentuos, disent
percevoir ou avoir perQus, etc., elc, on peut sortir d'embarraset, pres-
-que tou jours, formuler un diagnostic qui a beaucoup de chances pour
Hre Texpression d^ la verite.

Je n'en (inirais pas si je voulais passer en revue tons les faits parti-
culiers,. pouvant se produire, dans Jesquels on eprouverait de Tem-
barras pour obtenir d'une mani^re neite la v(5ritable situation; mais
je crois en avoir dit suffisamment pour montrer qu'il devra uLre bien
rare qu'on ne parvienne pas ^ la debrouiller, en y apportant le soin
necessaire et en mettant la femme en observation pendant un temps
suffisamment long.

Je reconnais cependant que les complications peuvent se multiplier
ei se combiner de fagon ^ d^router le pralicien le plus exerce, et plus
que personne .je comprends combien il faut ^tre indulgent pour ceux
qui ont pu se tromper et pour ceux qui se tromperont encore.

Avant de parler du traitement que peuvent rdclamer ces sortes de
grossesses extra- utdrines, je desire en faire connaltre un nouvel
<5xempleque j'ai euToccasion d'l^tudier longuement dans mon service
d'hOpital, et pour lequel j'ai pratique la gastrotomie.



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68 MfiMOIRES ORIGINAUX.

NEUVIEME OBSERVATION.

Grossesse extra-ut^rlne durant depuis quatorze mois. — Mort de
Tenfant vers la fin dn neuvi^me. — Plusieurs inflammations suc-
cessives. — Etat g^n^ral tr^s-grave. — Gastrotomie pratiqn6e
comme ressource extreme apr^s plusieurs retards imposes par
la malade. — Mort trois jours apr^s. — R^sultats de Tautopsie.
— Examen histologique des parois du kyste.

A. Gercet, Ag6e de 35 ans est regue dans men service le 8avTili874 et
couch6e au lit n° 3. Cettc^femrae avait 6t6 envoy6e k ma consultation par
un confrere do la ville qui n'avait pas soupgonn6 la situation exception-
nelle qui existait, et c'est d'apr^s mes conseils qu'elle se d6cida k rester
dans mes salles.

Elle me raconta que, depuis quelque temps, elle avait beau coup maigri,
que jusqu'^il y a quelques mois, elle avait toujours 6t6 forte et robuste
et qu'elle avait m6me un certain embonpoint. Aujourd'hui son visage
osseux parait alt6r6 et exprime la souf franco. La peau a une coloration
jaun^tre et un aspect terreux qui semble indiquer un 6tat cacbectique. La
voix est faible, plaintive, entrecoup6e ; la respiration est courtc et presque
haletante.

Elle est d'ailleurs fort intelligente et voici les renseignements qu'elle me
donne sur ses antecedents. Elle avait 6t6 r6glee pour la premiere fois ^i
14 ans, et depuis, cette fonction s'6tait reproduite r6guli6rement cbaquc
mois, jusqu'k I'Age de 18 ans,6poque oCi survint une premiere grossesse qui
n'offrit rion de particulier dans sa marche et qui se termina par un accou-
chement tres-r6gulier. Aux suites de couches qui fureftt simples, succ6da
un 6tat de sant6 tr6s-satisiaisant; seulement h. partir de ce moment les
regies ne se r6tablirent pas avec leur regularit6 habitueile et il a'6couIait
60u\ent deux et trois mois sans qu'elles se montrassent : un peu plus tard
(la malade nc pent pr6ciser la date) a Toccasion d'un violent effort pen-
dant une p6riode menstruelle, le sang s'arrSta brusquement, ce qui fut
suivi de vives douleurs abdominales qui persistdrent pendant pr6s de
trois mois. La femme G... attache b. ce fait une tr^s-grande importance :
il est pour elle le point de depart de tons les accidents qu'elle a 6prouves
posturieurement. Quoi qu'il ensoit, rirr6gularit6de la menstruation n'a pas
discontinue depuis.

La derni^re 6poque des regies remonte au 22 mai 1873 ; elle est parfai-
tement sure de cette date. Ce qui fixe surtout ses souvenirs c'est qu'a ce
jourcorrespondaient la f6te de 1' Ascension et Tanniversaire de son premier
accouchement qui datait de 17 ans.

Le 24 juin suivant, elle fut prise tout k coup d'une violente douleurqui
s'etendit rapideraent k toute la cavit6 abdominale et qui signala le d6but
i'un etat inflammatoire caract6ris6 par dela fi^vre, des sueurs abondantes,
des naus6es, des vomissements, etc... Un m6decinfut appel6 qui prescrivit
le repos au lit, des cataplasmes sur le ventre, des lavements laudanises,
des potions calmantes et la diete.



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GROSSESSE EXTRA-UTERINE PERITONEALE. 69

L'^tat febrile persista quelque temps encore ; l'app6tit disparut ; de
ramaigrissement survint, et le volume du ventre augmenta d*une mani^re
sensible. D6s Torigine la malade ne douta pas un instant que tout cela ne
futla consequence d'un commencement de grossesse.

Cependant les douleurs abdominales qui avaient 6t6 si vives au debut
diminu^rent peu a peu d'intensit6, ct environ deux mois apr6s Tapparition
des accidents, c'est-k-dire vers le mois d'aoiit, I'^tat g6n6ral s'6tait beau-
coup am6lior6, Tapp^tit 6tait revenuet la fi6vre avait disparu; il ne restait
plus qu*une sensation de pesariteur localis6e dans le flanc gauche avcc le
caract^re d'une douleur obtuse et profonde.

Rassur^e par cette amelioration et toujours convaincue qu'elle 6tait en-
ceinte, la malade reprit ses occupations habituelles, qui furent cependant
plusieurs fois interrompues par des crises douloureuses si6geant dans la
cavit6abdominale, mais en des points variables. Elle vit son ventre aug-
menter progressivement de volume, les seinsse developper etleurs aureoles
brunir. Elle affirme avoir senti a divcrscs reprises et tr^s-distinctement
les mouvementsde son enfant. Quant aux regies, elles n'ont pas reparu de-
puis le 2i mai, careile ne tient pas comptc sous co rapport d'un petit 6cou-
lement roussAlre qui s'est reproduit deux fois seulement.

Tout resta dans cet 6tat k peu pr^s satisfuisant, j usque dans le courant
du mois de f6vrier 1874; h ce moment, le ventre avait pris les dimensions
qu'il oltre chez une femme parvenue au terme de sa grossesse. Les seins
6taient volumineux. Une aur6ole brunc, presque noire, existait autour du
mamelon.

Le 25 dece mois apparutsubitement une douleur intolerable dans le cote
gaucbe du ventre : elle 6tait si vive par moments qu'elle arrachait des cris
et des plaintes continuels. 11 s'y joignait parfois la sensation de dOchi-
rements tres-p^nibles. Rien cependant dans ces ph6nom6nes ne rappelait
les douleurs expulsives de-la dcrni^re p6riode d'un travail d'accoucheracnt.
Ces douleurs paraissaient et se supprimaient par instants apr^s s'elre 6ten-
dues a touts la cavite abdominale. Pendant tout ce temps la malade n*a pu
quitter son lit; une fi^vre intense n'a pas discontinue. Les mouvements
a&ifs du foetus ont absolument disparu. Les seins apnis etre devenus tur-
gescents se sont affaiss^s et ont fourni du lait qui coulait spontanOmcnt
ou qui s'ecbappait a la moindre pression.

Le 18 mars apparut un 6coulement de sang par les organes genitaux qui
prit de grandes proportions, mais qui ne tarda pas k diminuer de telle
tK>rtequ'au moment de Tentree de cette femme dans mon service, il necon-
sistait plus qu'en un suintement sero-sanguinolent insigniliant. Au dire
de lamalade il ne serait sorti, a aucune 6poque, ni caillots ni debris mem-
jbraaeux.

Examen de la malade au moment de son entr6e le 8 avril 1874. Ce qui
frappe de prime abord c'est le volume de I'abdomen qui rappcUe une gros-
sesse k terme. II ofTre une saillie un peu plus grande du c6t6 gauche que
du c6i6 droit. La depression ombilicale n'existc plus et la cicatrice est au
niveau de la peau des parties voisines. Une tache brun&tre presque noire la



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70 MEMOIRES ORIGINAUX.

recouvre. Une ligne de mfime couleur existe depuis la base de la poitrine
jusqu'au pubis sur la partie m6diane de Tabdomen. La peau parait g6n6ra-
lement tendue, sauf toutefois dans la region hypcgastrique ou ellc forme
un pli transNcrsal, ce que la malade est dispos^e k attribuer h. une dimi-
nution g6n6rale du ventre qui aurait coincide avec la pertc abondante dont
il a 6t6 parl6 plus baut.

Par Ic palpcr de Tabdomen on a la sensation d'une poche k parois un
peu tendues et r6sistantcs, mais contenant des parties solides et mobiles
au milieu d'un liquidc. Cette pression provoque des douleurs vivcs ; uno
sorte do point de c6t6 occupe Ic c6t6 gauche de la poitrine ; il est assez
Ibrt pour rcndre la respiration courte et tr6s-p6nible. L'auscultation per-
met de constaterqu'il n'y u rien dans les pl6vres et que les poumons sont
sains ; ccttc douleur s'explique, sans doute, par la propagation de Tinflam-
mation p6riton6ale k la r{*gion diaphragmatique.

Les seins sont volumincux; les mamelons sont entoures d'une large
aureole presque noire : les tubercules papillaires sont volumincux : par la
pression on fait facilement couler une notable quantity de lait parfaitement
blanc et 6pais.

Doja, avcc les antecedents dont il a 6t6 parl6 et en tenant compte des par-
ticuiarit6s que I'examen direct apcrmis de constater, le doute ne parait pas
possible; il s'agit bien d'une femme qui porte un produit de conception;
mais Tenfant mort est-il plac6dans la cavit6 uterine? ou bien est-il ren-
fcrm6 dans un kyste et s'agit-il d'une grossesse extra- uterine?

Le toucher devait me foumir des caract6res propres a 61ucider cette
question. Le col, peu d6plac6, est un peu plus port6 en arriere que d'babi-
tude ; sa portion vaginale a au moins un centimetre et demi de longueur ;
La 16vre ant6rieure est plus volumineuse que la post6rieure : rorifice ex-
terne est h peine entr'ouvert et n'admet pas rextr6mit6 du doigt. La con-
sistance diff^re notablement de celle qu'on trou\e dans les grossesses ul6-
rines arriv6es k terme : elle rappelle celle d'un tissu dur et resistant. Je
ne crus pas devoir pousser Texamcn plus loin parce qu'il provoquait des
douleurs, mais il me parut suffisant pour 6tre convaincu que j*avais sous
les yeux un nouvel exemple de grossesse extra-ut6rine periton6ale. La ma-
lade, dcvenue enceinte dans les premiers jours de juin 1873, ^prouva de
vives douleurs dans le ventre environ un mois apr^s. Ces douleurs peuvent
etre rapport6es k une p6ritonite partielle, provoqu6e par la formation et lo
d^veloppement du kyste. Peu i peu les accidents se calm^rent et une sorle
de tolt-rance s'6lablit pour ce corps stranger. Mais quand survint le terme
de la gestation, de nouveaux accidents inflammatoires apparurent. L'eniant,
qui parait avoir v6cu jusqu'^ cette 6poque, succomba alors. Des phlegmasies
multiples se succ6d6rent et alt6r6rent consid^rablement la sant^, de sorte
que, quand cette femme entra dans mon service, elle 6tait dans un 6tat assez
sCTieux. Le pouls 6tait petit et frequent (100 pulsations). Le thermomdtre
marquait 38 degr6s seulement.

Le lendemain 9 avril, je lis un nouvel examen qui me donna la conlir-
mation de tout ce que j'avais constats la veille, et qui, de plus, me permit



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GROSSESSE EXTRA-UTERINE P^RITONEALE. 7 i

de m'assurer que Tut^rus 6tait obliquement couch6, le col un pou dirig6 k
droite et le corps du c6t6 oppose. J'essaye, en outre, d'introdoire une sonde
dans la malrice ; je r6p^te plusieurs fois mes tentativcs en y mettant toute
la prudence voulue, et I'instrument ne p6n6lre qu'i 4 centimetres et demi.
A cette profondeur, je rencontre un obstacle qu'il est impossible de fran-
chir. Le d6placement lateral de i'ut^rus n'est probablement pas 6tranger Jt
cet arr^t de la sonde. Apr^s quelques jours de repos au lit, Temploi de cata-
plasm es et de pommade belladon^e, Mat s'am61ioresensiblement,lesdou-
leurs abdominales disparaissent et la malade commence h se lever et a se
promener dans les salles. Elle conserve encore un peu de fatigue ct de gSnc
quand elle veut se lever de sa chaise ou faire un mouvcmcnt un peu grand ;
les garde-robes sent faciles ; la dyspn6e et la douleur de c6t6 ont cess6 :
le pouls seul reste toujours un peu frequent (environ 90 puis.). J'avais laiss6
entrevoir a cette femme qu'une operation scrait peut-6tre nccessaire, et
quoique je lui eusse d<:»clar6 que rien nc serait fait sans son consentcmcnt,
la perspective que je lui avais fait entrevoir ne lui souriait pas, et cetto
circoDi^tance ne fut pas 6trang5re h la demande qu'elle me fit de retourncr
chez elle. Je signal sa sortie le 13 avril i874.

Le IT du mfime mois, la femme G... vint me trouver et mo demandcr de
la reprendre dans mon service. Son 6lat general ne parait pas s'elre beau-
coup aggrav6. L' abdomen est prcsqiie indolent; il n'y a pas de li^vre, le
pouls est k 7i et la temperature k 37, .H. Elle ^prouve du fourmillement et
comme un engourdissement du c6t6 du membre inf6rieur gauche; un peu
d'cederac existe au niveau de la malleole du m6me c6t6. Jusqu'au 28 avril,
rien de particulier ne se produit; on prend les mcsures de la tumeur qui
donnent, pour le diamStre vertical, 23 centimetres, et pour le diam6tre
transverse, 48 centimetres.

29 avril. Hier, dans la journee, douleurs au creux poplit6, bient6t suivies
de gonflement dans la jambe gauche et d'un l^ger mouvement f<^brile.

Ala visite du matin je trouve tout le membre inf6rieur gauche cedematie,
dur et luisant. Quelques veines superficielles sent distendues et violettes.
Pas de cordon dur a la face interne de la cuisse. Peau chaude, un peu de
IBevre.

Le 30. L'oBdeme a augment6 ; douleur vive sur- le trajet de la saph^ne
interne. Etat febrile k peu pr^s le m6me : Pouls k 86. Temperature k 37,9.
Le traitement a -consiste dans le repos et les onctions avec la pommade bel-
ladonee.

Jusqu'au 9 mai, les accidents locaux et g6n6raux ont diminu6 graduelle-
ment. Le gonflement a disparu k peu pr6s compietement; il ne reste plus
<iu'un peu de douleur quand on presse sur le trajet de la saphene. La tumeur
eslde nouveau raesuree; ses dimensions n'ont pour ainsi dire pas change.
L'etat general continue k etre assez bon.

Le il mai, k la suite d'une douleur profonde et peu considerable au ni-
veau de la fosse iliaque droite, apparalt un ecoulement sanguin par les
orjganes genitaox. Cela me fait soupQonner qu'il s'agit d'une premiere appa-
rition des regies. Le sang qui s'echappe est clair et peu abondant, et il s'aiv



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72 MEMOIRES ORIGINAUX.

r^te au bout de trois jours. Gette suppression est suivie d'une doulaur dans
la fosse iliaque gauche, qui est rapidement calm6e par quelques cataplasmes
laudanis^s.

Jusqu'au 30 mai tout se passe assez bien ; mais, ce jour. r6apparait la
douleur du flanc gauche, et le lendemain, 31, un nouvel 6coulement san-
guin se produit, qui, cette fois, prend tous les caractSres de v6ritables
regies. II dure six jours plus abondamment que la premiere fois, sans porter
Mucune atteinte ni k T^tat local ni k T^tat g6n6ral.

Le 9 juin, la malade demande, pour la seconde fois, k retourner chez elle;
elle se sent assez bien, mais die trouve que son app6tit diminue et elle
esp^re Taugmenter en changeant d'air. Elle se prom6ne facilement. De
temps en temps apparaissent quelques douleurs en diff6renls points du
ventre. A la vue, on distingue que la tumour a pris un peu plus de volume.
En la mesurant, on trouve* 47 centimetres pour le diamStre transverse et
24 et demi pour le vertical. Quoique la phl6bite du membre gauche soit
gu6rie, un peu d'oed^me persiste au niveau de la mall6ole.

Par le toucher, je trouve que la direction de I'ut^rus esttoujours la m6me,
le col incline k gauche et le corps pench6 k droite. II repr6sente comme une
sorte de base sur laquelle repose le kyste foetal qui, lui, est presque enti^re-
ment situ6 au-dessus du d6troit sup6rieur.

Seize jours s'6coulent pendant lesquels je n'entends plus parler de cette
pauvre femme lorsque, le 25 juin, elle se repr6sente k moi en me priant de
la recevoir de nouveau. Je constate que depuis son d6part son 6tat s*est
notublement aggrav6 ; elle a maigri et son visage est Ir6s-fatigu6. Elle me
raconte que, trois jours avant, elle a 6t6 prise d*une douleur subite, pro-
fonde, corrcspondant i la r6gion ombilicale, douleur qui a persists toute
la journ6e en .pr6sentant de frequents paroxismes et qui s'est termin^e par
r^vacuation, par le rectum, d*une quantity considerable de matieres f6-
cales dcmi-liquides, d'odeur extrfimement f6tide et de couleur tant6t jaune,
tant6t verte, contenant quelques fragments plus solides. La malade man-
geait fort peu ; elle prenait presque chaque jour un lavement laxatif et
elle ne comprend pas unpareil r6sultat.

Je la fis coucher et je lis mettre des cataplasmes laudanis^s surle ventre.
Quelques heures aprds son entr6e la douleur se calme, mais les selles con-
tinuent trfes-abondantes et ont bien les caract^res indiqu6s par la malade
(verdatres et tr6s-f6tides) ; i leur surface on voit nager des gouttelettes hui-
leuses. Malgr6 tous les moyens employes ce d6voiement persiste encore une
semaine et est suivi d'une diminution tr6s-notable de la tumeur abdomi-



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