William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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grande dnergie dcs contractions ut(5rines : en d'autres termes, en so
reportnnt aux conseils que je vous ai donnds ^ propos du traitement,
on peut dire queTenfant vient presque tou jours vivant quand il vient
spontandment ; que le pronostic n'est pas aussi favorable quand on
est obligd d'avoir recours au forceps; enQn qu'il doit dtre beaucoup
plus rdservd quand on est obligd de faire la version.

La procidence d*un membre dans un bassin retrdci, si ce membre
ne SR rdduit pas spontandment, est tou jours une circonstance tr6s-
defavorable qui vient s'ajouter aux mauvaises conditions resultant
dej^ de Taugustie pelvienne.

La procidence d'un pied, quand ce membre ne se rdduit pas ou ne
peut 6tre rcduit, est plus filcheuse que la procidence d'une main,
quelle que soit d'ailleurs la conformation du bassin.

Ceci s'applique egalement aux procidences qui accompagnenl une
presentation cephalique'

Les procidences des membres supdrieurs dans les prdsentations de
I'extremite pelvienne n'offrent presque jamais d'inconvenients s6-
rieux, pas plus que les procidences du pied dans les presentations du
tronc.

Enfin, en ce qui conccrne les grossesses gdmellaires, gr&ce au vo-
lume presque toujours moindre des enfants, les procidences, do quel-
que nature qu'elles soient, ont moins de gravitd que dans les condi-
tions ordinaires, et je ne crains pas de dire qu'avec un mddecin
attentif et instruit elles apportent rarement quelque complication h
laquelle il ne soit pas possible de remddier.

DB

L'ELONGATION HYPERTROPHIQUE DE LA PORTION
VAGINALE DU COL DE L'UTfiRUS.

Par Ic Dr L.-E. Dupuy,
Ancien interne dcs hdpilaux de Paris (I).

On ddsigne sous le nora d' elongation sous-vaginale, intra-vaginale, ou
vaginale du col de Vutevus^ une hypertrophie partielle do cet organe,

(I) Extrait du Progrijs medical.



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740 MEMOIRES ORIGINAUX.

n'atteignant que la portion situ^e au-dessous de Tinsertion du vagin.
Les consequences de cette Elongation sont iaciles h prevoir : lorsque
rhypertrophie est pen prononcee, le col fait saillie en has et en avant
dansle vagin ; il apparalt h la vulve, ou m6me entre les cuisses, lors-
qu'elle est accentuee.

On ne saurait confondre cet allongement hypertrophique du col
avec le prolapsus uterin. En effet, ou bien ces deux affections existent
isolement, et dans ce cas, la situation do la matrice, constatee par la
palpation hypogastrique et le toucher vaginal ou rectal, fixe le dia-
gnostic ; — ou bien elles coexistent, et alors la mensuration h Thyst^
rom^tre indique un allongement du col compliquant le prolapsus.

En apparence rien n'est plus simple, et il semble impossible de m6-
connaltre une affection dont les signes ont, en quelque sorte, une ri-
gueur mathdmatique. Mais en realitd, il n'en est point ainsi ; la con-
fusion de r^longation du col avec la prolapsus uterin a dte faite sou-
vent par des chirurgiens, m^me exp6rimentds, et cette erreur a eu,
pour un grand nombre de malades, des resultutsd^sastreux. L'emploi
de pessaires ou de divers autres moyens pour faire rertionter un uterus
'hypertrophic dont la situation dtait parfaitement normale, devait, on
• le congoit ais6ment, entrainer les accidents les plus fdcbeux.

Le principal merite d'avoir attire I'attention des praticiens sur ce
point, revient ^ M. Huguier, qui presenta ^ TAcad^mie, en 1859, un
meraoire sur lequel nous aurons Toccasion de revenir souvent dans le
cours de ce travail :, Thistoire des diverses hypertrophies du col dc
Tuterus y est traitCe de main de maltre.

Depuis cette Cpoque, un grand nombre d'observatioYis d*61ongation
du col ont (^td reproduites par la presse medicale ; plusieurs mono-
graphics du plus haut intCr^t ont contribu6 h Clucider certains
points qui n'avaient encore ete qu*ebauch6s.

Rassembler ces divers faits 6pars dans la science, en y ajoutant
quelques observations inCdites, et faire de toutes ces parties un tout
homog^ne, tel est le.but que nous nous proposons ici. Nous le croirons
sutBsamment rempli si nous rCussissons ^ frapper Tesprit du lecteur
des progr^s considerables accomplis depuis quinze ans sur ce point,
en apparence si reslreint, de*la pathologic uti^rine.

HiSTORiQUE. — Tout en faisant une large part aux travaux ante-
rieursde Desormeaux, Boyer, etc., M. Huguier s'est attribu6 d'avoir,
le premier, demontre Terreur oil Ton Ctait tombC depuis longtemps



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DE L'ELONGATION HYPERTROPHIQUE DU COL DE L'UTERUS. 741

relativement au pr^tendu prolapsus [de la matrice. Cette pretention
souleva de nombreuses protestations, parmi lesquelles nous citerons
celles deM. Depaul h TAcademie (J), et de M. Stoltz, dans la Gazette
hebdomataire (2). Neanmoins quelques auteurs, M. Courty entre au-
tres, ont maintenu la priority de M. Huguier. II nous semble done
utile d'entrer dans quelques details historiques, en remontant auxvd-
ritables sources. — Certains passages d'un livre reste c^lfebre (3) indi-
quent que Morgagni connaissait Telongation du col de I'ut^rus. En
effet, il ddcrit nettement, chez une femme de 33 ans, un corps cylin-
drique, semblable h, un p^nis, pendant dans I'int^rieur du vagin, et il
reconnait le col de Tut^rus descendu au voisinage de la vuive. Ail-
leurs, il pense que c'est h une laxity primitive du col qu'il faut attri-
buer une Elongation si rare (4).

Dans le memoire de Levret (5), public quelques ann^es plus tard,
nous trouvons plusieurs observations claires et d^taill^es de Taffection
qui nous occupe. — Les conclusions de Levret sont assez curieuses
pour que nous reproduisions ce document :

« Cette maladie est, comme on vient de le voir, un renversement
total du vagin, avec un allongement considerable du colpropre delama-
triccj sans que le corps, de cet organe y ait presque part. En effet, on
voit que les quatre tumeurs dont il vient d'etre question avaient do
commun entre elles, savoir : i* la figure conique dont le moindre vo-
lume etait en bas ; 2<» qu'i la partie declive de chacune d'elles Etait
situ6 Tos tincoB ; 3<» que de cette ouverture s'Ecoulaient les regies;
4** qu'une sonde introduile par cette ouverture a p^ndtrE jusqu'a six

pouces de profondeur, et h, mfime pu parvenir h toucher le fond

-Ces tumeurs difKrent de la descente complete de la matrice sans ren-
versement en ce que, quoique Vos tincx soit r^ellement \ la partie dd-
clive de la tumeur, si on introduit une sonde par son ouverture, elle
ne va gu^re au del^ de deux pouces de profondeur, tandis que, dans
notre cas, ona vu qu'elle va de six Ji huit, quelquefois plus. »

Cette description est remarquable, surtout si Ton songe h TEpoque

(1) Depaul. Comptes-rendus de rAcad6mie de m§decine, 1859.

(2) Stolz (de Strasbourg). Gazette hebdomadaire, vol. VI, 1859, p. 356.

(3) Morgagni. De sedibus et causis morborum, 1761.

(4) Istam raram longitudinem.

(5) Levret. M6moire sur un allongement considerable qui survient quel-
quefois au col de la matrice. Dans le Journal de m6decine-chirurgie, par
Roux, vol. XL, 1773.



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742 MEMOIRES ORIGINAUX.

oil elle a 6te faite. Sans aucun doute le lecleur a <5t6 surpris, comme
nous, en voyantqu'en 1773 I'usage du cath(5terisine ut6rin etaitconnu
et qu'il avail dej^ servi h (^tablir, d'une iagon indubitable, le diagnos-
tic difKrentiel de I'hypertrophie du col et de la descente complete de
la matrice.

II existe n^anmoins une lacune regrettable dans le m^moire quo
nouscitons, nousvoulons parler du traitement chimrgical deTelonga-
tion. Levretet ses contomporains semblent bien 61oign63 de songer h
Tamputation possible du col de I'utdrus hypertrophic.

C'est^ Brest (1), en i780, qu'on pratiqua pour la premiere fois une
operation de ce genre, par suite d'une erreur de diagnostic. On fit la
ligature de la tumeur qui avait Cto prise pour un polype utCrin, et la
malade mourut de metro-pCritonite. Nous ne retrouvons, vers la m^me
Cpoque, le rdcit d'aucune operation analogue, et il nous faut arriver
en 1846 pour citer les deux exemplea d'61ongation du col, auxquels
Ph. Boyer appliqua lar(^,section.

D5s lors Patten tion Ctait attirde sur ce point, et la science put en-
registrer successivement les remarquables travaux de Bennett ,
Virchow, Herpin, Boivin, Scanzoni et Huguier. L'important memoire
de ce dernier a etC, depuis son apparition, sujet h, de vives critiques.
On a reprochd h son auteur d'etre trop absolu dans ses opinions, et de
ne point tenir sufOsamment comple des etudes de ses devanciers et do
Tobservation gendrale. Poussant ses opinions k Textrfeme, au point de
nier compl5tement I'abaissement de TutCrus et Telongation congCni-
tale du col. M. Huguier aCtCformellement contredit par MM. Depaul,
Bennett, West (2), et plusieursautrescontemporains. Nous t&cherons
plus loin d*appr6cier la veritable valeur deces objections.

II nous reste maintenant ^ passer rapidementen revue les princi-
pales monographies traitant de Tdlongation du col, et post6rieures au
mtooire de Huguier.

L'une des plus intdressantes est la thfese de Rumbach (3), qui a ele

(1) Segurd. Dissertation sur les polypes ut6rins; Paris, 18 Jk
(-2) Bonnet. Traits pratique dc rinflammation de I'ut^rus, dc son col ct
dc ses annexes. Trad, frang. 1861. — Bennett. Des ulc6rat'ons et des en-
gorgements du col ut6rin. Th^se dc Paris, 1843. —Virchow. In Versuche
der Gessellschuft fur Geburt in Berlin, 1847. —Herpin. De rallongement
(Iern6sur6 du col de I'utdrus. Janvier 1856. — Scanzoni. De la m6rite cbro-
nique. Trad. Sibberman. 1866.

(3) Rumbach. Des ailongements hypertrophiques du col dc Tul^rus.
Th^se dc Strasbourg, 1865.



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DE L'ELONGATION HYPERTROPHIQUE DU col DE L'UTfiR-US. 743

inspirde par lo professeur SLoltz (de Nancy) ; Tauleur insiste sur Tam-
putation du col h Taide de Tecraseur lindaire employd, de prdfdrence
nu bistouri, et cile plusieurs observations inddites h I'appui de sa ma-
niero de voir.

Dans une these (i), soutenue h pen pr5s h la mfime epoque que celle
do Rumbach, un dl5ve d'Estevenet, publie quelques faits provenant
de la clinique chirurgicale de Toulouse. Plusieurs innovations propo-
sees par I'auteur de ce travail ne nous semblent point trds-heureuses.
Ainsi, I'application de Pdcraseur faite i plusieurs reprises differentes,
et apr5s avoir prealablement attird le col h la vulve, nous semble une
pratique dangereuse. Si elle a pu donner h Estevenet quelque rdsultat
heureux, la grande majority des faits se prononce centre elle ; aussi
a-t-elle etd compl5tement abandonnde.

Plus rdcemment, M. Gueniot (2) a ddcrit sous le nom d'allongement
oeddmateux du col uterin une affection particuliSre de cet organe,
presque toujours mdconnue avant lui, et qui est encore aujourd'hui
I'objet des plus grossidres mdprises dela part des gyndcologistes alle -
mands. Le chirurgien de Thospice des Enfants-Assistds diffdrencie
nettement cet allongement oeddmateux de Taddmc proprement dit du
col, dA h la compression par latdte fa3tale, fait vulgaire et bien connu
des accoucheurs. L'altdration dtudide par lui est constitude parun en-
gorgement hyperdmiquc du col, rdsullat probable de Tinertie des
fibres musculaires amenant consdcutivement une surimbibition se-
reuse de cet organe. Nous aurons I'occasion de revenir plusieurs fois
Bur cette forme particulidre d'dlongation du museau de tanche.

♦ Amatomie pathologique. — I. Considerations sur fanatomie normale
et relongation congenitale du col uterin, — Le col de I'utdrus se trouve
divisd naturellement en deux portions distinctes par Tinsertion du
vagin qui forme une vdritable rigole circulaire autour du museau de
tanche. Nous n'avons pas h nous occuper ici de la partie supdrieure,
situde au-dessus de cctte insertion etnommdc, pour cette raison, poT"
tion suS'Vaginale du col, L'cxtrdmitd infdrieure, qui fait le sujet de cette
etude, est designde sous le nom de portion sous-vaginale ou vaginale,
elle est entourde compldtcment par I'extrdmitd supdrieure du vagin

(I) Silvestrc. Gonsiddrations sur Thypertrophie intra-vaginale du col do
Tutdrus et de son traitement. Th^se de Montpellier, 4866.

(-2) Gueniot. De rallongemeut oDd^.mateux avec prolapsus du col utdrin
[jciidant lu grosscsse ct raccou<^hcracnt. Asselin, i87"2.



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744 MEMOIRES ORIGINAUX.

dans lequel elle plonge librement. Sa longueur varie, h Tetat normal,
entre 6 et 12 millimetres. Deux circonstances ont une influence mani-
feste sur ces dimensions : la portion vaginale diminne de longueur en
raisondu nombre des grossesses (Cazeaux). D*autre part, Gruveilhier
fait remarquer qu'il existe fr^quemment, chez les femmes avanc^es en
Age, un eflacement complet du museau de tanche, et il m\ comprend
pas comment il a pu se faire que V elongation de ce dernier ait ete con-
sid^r^e, pendant silongtemps, comme T^tat r^gulier^ cctte p^riode de
la vie. C*est done chez les jeunes femmes nuUipares, que la longueur
du col est la plus considerable.

Trfes-souvent, le coU ne modifie point cette longueur; il tend, au
contraire, h Texag^rer par le m^canisme suivant : la pression du
membre viril s'effectuant, vu la conicit^ du col, en arri^re de cet or-
gane, a pour effet d'augmenter la profondeur du cul-de-sac utero-
vaginal posterieur, ce qui rend n^cessairement plus considerable la
saillie du museau de tanche. Ces derniers details anatomiques nous
expliquent un dissentiment qui existe entre MM. Bennett et Huguier.
Ce dernier, qui semble n'avoir observe que des femmes d'un certain
age, a ete amene h nier formellement que Teiongation piit exister h
titre de malformation congenitale, sans aucun etat pathologique. Telle
n'est point Topinion de M. Bennett qui a constate, chez plusieurs fem-
mes non mariees, un allongement plus ou moins prononc6 du col
uterin, sans aucune espfece de cause inflammatoire. Nous ne voyons,
dans ces cas, qu'une exageration parfaitement admissible ,de la dispo-
sition que nous venons de signaler, comme etant la plus habituelle ^
cet &ge.

Nous demontrerons, du reste. dans le cours dece travail, que non-
seulement reiongation congenitale existe, mais qu*elle»se distingue
encore, au point de vue de la structure histologique, par un certain
nombre de caracteres qui lui sont propres.

II. De la coexistence possible des hypertrophies sus-vaginale et vaginale
du col. — Nous n'avons en vue, dans cette etude, que reioAgation por-
tant sur la portion vaginale du col. — Cette variete constitue une affec-
tion parfaitement distincte, se manifestant par des caract6res qui la
differencient, avec la plus grande nettete, deVhypertropkie sus-vayinale.
II ne faut pas oublier neanmoins que, malgre ces differences sympto-
matiques, les deux affections ont presque toujours un point de depart
commun, c'est-^-diro une lesion de nutrition. Elles peuvent done
coexister, mais c'estl^ unfaitassez rare; et, poursa part, M. Huguier



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DE L'KLONGATION HYPERTROPHIQUE DU COL DE L'UTERUS. 74:»

dit ne jamais Tavoir rencontre. L'observation suivante en est uTn
exemple frappant : I'hypertrophie ayant pori6 dgalement sur la portion
sus-vaginale, le vagin fut entrain^ dans la descente du col. Gette dis-
position vint compliquer singuli^rement Toperation et la rendit plus
dangereuse; aussi M. Alph. Gu^rin dut-il pratiquer la resection du
col assez bas, pour ne point 16ser la parol vaginale.

Observation I. — Hypertrophie des portions sus et sous-vaginales du col de
Vut^rus ; chute du vagin ; ulceration de la tunieur ; resection du col a Vaide de
Vecraseur; gu&rison, (Obs. commnniqu6e par M. Guerin kla Soci^td de chi-
rurgie le 15 f6vrier I860.)

Jeune femme de 23 ans; r6gl6e entre i6 et 17 ans, elle a eu, jusqu'ici, ses
menstrues tr6s-r6guli6rement. Le sang qu'elle perdait 6tait rouge et abon-
dant. La dur6e des regies, qui 6tait d'abord de 3 ^ 5 jours, ayant augment6
dans les derni^res ann6es jusqu'i 8 et 10 jours, la malade a 6t6 quelquefois
effray6e de la quantit6 de sang qu'elle perdait.

A I'age de 19 ans, devenue grosse, elle accoucha k rhdpital Saint-Antoine.
L'accoucbement se fit naturellement k terme, et les douleurs ne durdrent
gu6re plus d'une beure. C'est pourtant k une 6poque voisine de son accou-
chement que la malade rapporte le d6but de sa maladie, sans qu'elle puisse
bien pr6ciser. n'ayant jamais ressenti la moindre douleur dans la region.

iitat de la malade au moment de Vop^ralion. Le museau de tanche, consi-
d^rablement hypertrophic, faisait hors do la vulve, entre les petites 16vres,
une saillie du volume d'une pomme d'api. Rouge dans la plus grahde partio
de son 6tendue, il 6tait le si6ge d'une ulceration h fond gris&tre, dont r6-
tendue 6tait h pen pres celle d'une pi^ce d'un franc. L'hyst6rom6tre, intro-
duit dans le col de l'ut6rus, p6n6trait k une profondeur de 10 ^ H centi-
metres, suivant la pression exerc6e sur le manche de Tinstrument. En
portant le doigt indicateur dans le vagin, on sentait distinctement une sorte
de calus indiquant le point ou finissait le col et oil commenQait le corps de
Tuterus. La cavity du corps de Tuterus, ayant la direction et le volume de
retat normal, est de 3 centimetres, tandisque la longueur du col est de plus
de 7 centimetres.

L'operation ayant 6te decid6e, M. Guerin s'attache k fixer Tetendue du
col qu'il devait enlever et reconnait ainsi la disposition suivante ;

V hypertrophie n' ayant pas seutement parte sur la portion sous-vaginale du

coly mais aus$i sur la portion sus-vaginale^ le vagin reldch6 a suivi le col dans sa

descente el le tapisse jusqu'd la distance de 3 centimetres de son orifice exterieur,

' de telle sorte qu'il eut 6t6 infailliblement coup6 si la chalne de I'ecraseur

eut porte un peu au-dessus de ce point.

Operation, La malade ayant 6t6 endormie par le chloroforme, M. Guerin
opere k Taide de I'ecraseur. Bien que la section eilt 6t6 faite promptement
en 13 ou 14 minutes, il ne s'6coule que quelques gouttes de sang. L'utepus,
devenu libre, remonte aussitdt, et il est impossible de constater si la coupe
etait concave ou convcxe.

R^sultat, 9 jours apres l'operation, la malade dit n'avoir point souffert ;



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740 REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGERE.

elie mange bien,et, quoiqu'elle n'eilt pas encore quitt6 son lit que pouraller
au bout de la salle, on peut la consid6rer comme gu6rie. Notons, en outre,
que la cavit6 du col n'a point disparu sous la constriction de r^craseur, bien
qu'aucune precaution n'ait 6t6 prise pour s*opposer h son obliteration.

Cette observation n'est pas intdressante seulement au point de vue
oti nous nous sommes places plus haut; notons dfes -maintenant plu-
sieurs particularites sur lesquelles nous aurons Toccasion de revenir
plus loin, & savoir , VulcSration de la tumeur, Vabsence (thimorrhagie
malgre la vascularity ^vidente du col, la persistance de la cavite cervicak
aprfes la resection, V influence dune grossesse ayant agi comme cause de-
terminante du processus hypertrophique.

Nous avonstrouv6 dans la presse am^ricaine un second cas qui nous
semble devoir 6tre rapproch^ de celiii de M. Alph. Gudrin. II appar-
tientau docteur Waren (de Boston). Les diff^rents details de ceLle
observation sont trop dcourtfe et trop obscurs, pour se prdter ^ uno
discussion s^rieuse; nous les r6sumons ici sans aucune esp6ce de com'
mentaires :

Observation II. — Elongation hypeHrophique du col ; descente du vagin et
de la moitie delavessie\ r^ection du coly par M. Waren {American Joum. of
the med. Sciences^ 4864).

Una femme de 66 ans pr6sente un allongement hypertrophique datant de
26 ans. Le col a atleint une longtieur de 3 « 4 pouces et fait saillie entre les
grandes levres^ entrainant lamoitid de la vessie et une grandepariie du cul-de^
sac pMtonM, Apr^s avoir 86par6 avec soin ces parties du col hyperlrophie,
M; Waren r6s6qua oet organe, ct d^s lors le col ut6rin et les organes adja-
cents reprirent leur position naturelle dans le bassin.

Nous reviendrons, du reste, dans la suite de cette (Stude, sur la
coexistence des hypertrophies vaginaleet sus-vaginalo, car nous aurons
h envisager cette forme particulifere au point de vue du traitement
chirurgical.

{Amivre.)

REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGERE.



Du souffle ut^rin et des battements du coeur foetal, par Ic IK James
Gumming^ d'Edimbourg. (Suite.)

Pendant les quinzo jours que durdrent les observations de M. de
Kergaradec sur cette jeune femme, lo pouls maternel oscilla entre 54
et 72, tandis que les battements du coour foetal se comptSrent de 423



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REVUE SCIENTIFIQUE ETRANGERE. 747

h 160. Une fois, les pulsations foBtales furent si rapides qu'il ne put
les compter, quoique le pouls maternel eilt conserve le type normal.
Aussi arrive-t-il^ cette conclusion importante, que ce dernier n'a pas
d'influence sur le premier.

II formula une autre proposition, h savoir que T^tat de sant6 ou de
maladie de Tenfant peut 6tre reconnu par T^nergie et la frequence des
battements de ccBur ; de m6me, la presence de deux ou de trois en-
fants peut 6tre diagnostiquee par Tauscultation, et que les pulsations
cardiaques peuvent s'aj outer aux autres signes pour le diagnostic des
grossesses extra-ut^rines. U est ^galement partisan de Tauscultation
mediate.

Ge que.je viens da dire est un bref abr6g6des remarques, observations
et deductions contenues dans le m^moire de Kergaradec, lequel, j'ai Ji
peine besoin de le dire, mf^rite bien d'6tre lu. Cela paratt 6tonnant
que, sans aide d'aucune sorte, cet auteur ait pu d^couvrir et analyser
si bien le seul veritable signe de la grossesse.

Peu apr6s que Kergaradec eut fait cette lecture sur ce qu'il pense
6tre sa d(§couverte, M. Foderd, dans un article du tome LVII du Die-
tionnaire des sciences medlcales , appelle I'attention sur ce fait que
M. Mayor, habile chirurgien de Geneve, Ta prdcdd^, et a consigne ses
recherches dans la Bibliotheque universelle. A cela, M. de Kergaradec
rdpond d'abord en accordant la priority de I'auscultation obst6tricale
k Mayor, puis en dc^fendant ses droits comme ayant approlbndi ce
sujet plus completement que le chirurgierl g^nevois. Du reste, je ne
puis mieux faire que de citer ses propres paroles :

« Je ne cherchcrai pas h. revendiquer cette ddcouverte puisque, bien
que je I'ignorasse completement, Tobservation de M. Mayor est eflec-
tivement anterieure aux miennes. Mais ce chirurgien n*a rien en-
tendu avant la fin de la grossesse; et je suis certain qu'il est possible
de percevoir bien plus t6t le bruit des contractions du coeur du foetus.
II ne parle pas non plus des pulsations simples avec souffle, et celles-ci
m'ont paru dans deux circonstances telloment sensibles h. cinq mois,
que je ne doute pas qu'il ne soit pas possible de les distinguer avant
cette dpoque, » ct cite un cas oti il a entendu la pulsation k 4 mois et
demi. Kergaradec ctait vraimentun savant accoucheur.

Depuis ce temps, de nombreux observateurs ont toit sur ce sujet.
Parmi les plus remarquables fut Every Kennedy, de Dublin, dont
j'ai dej^ eu precedemment Toccasion de parler ^ propos du souffle ute-
rin. II dit a que chez Tenfant nouveau-ne, les battements du ccEur se



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748 REVUE CLINIQUE.

propagent mieux et peuvent 6tre distinctement entendus sous Tomo-

plate droite, dans toute la poitrine,' en auscultant les bras pr<Sala-

blement ramen^s et serr^s contre la poitrine, et quelquefois en has du

dos, aux reins et aux fesses. » II dit egalement que le coeur foetal est

plus gros en proportion, et ses cavit^s ontune plus grande capaciW

par rapport h T^paisseur de leurs parois que dans le coeur de Tadulte,

ce qui explique comment, malgro une epaisseur anormale de la paroi

abdominale et une grande quantity de liquide amniotique, les batte-

mentitetaux sont entendus tr6s-distinctement. II dit qu'il existe une

influence sympathique sensible entre la circulation maternelle etcelle

du foetus. J'espfere expliquer plus loin que c'est l^une erreur complete.

II a, le premier, entendu les pulsations qui ont lieu dans le cordon om-

bilical, et avance qu'on pent les entendre quand une portion de cetle

tige ombilicale est interpos^e entre la paroi ant^rieure de Tuterus et

une partiepro^minente du corps du foetus.

Naegele fils a dgalement fait mention de ce bruit. !

{A suivre,)



REVUE CLINIQUE.



Avortement de trois mois.— B^livrance tardive^ — Gu^rison. —

Parle D' A. De Soy re.

Dans la nuit du 21 septembre dernier, on vint me cbercber ponr donner
mes soins a une jeune dame, qui venait de faire une fausse couche.

Mme S..., tgde de 26 ans, avait d6ja eu trois enfanls. Les suites de cou-
cbes avaient 6t6 chaque fois r^guli^res, mais toutes avaicnt ete accom[5a-



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