William H. (William Henry) Powell.

Archives de gynécologie et de tocologie. ... . Première annéetome XXIII, [1874-1896] online

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gn^es de pertes sanguines plus abondantes que d'habitude. Cette derni^ro
grossesse, qui venait de prendre finaccidentellement, datait d'environ trois
mois et une semaine, et n'avait rien pn5sent6 de particilier jusqu'au di-
manche 19 septembre, od, i la suite de fatigue exag6r6e, un peu de sang
6tait apparu,ainsi que quelques contractions uterines. Pendant la nuit du
dimanchc au lundi, la perte, fort 16g^re du reste, se suspendit, les douleurs
se caim^renl, et la grossesse aurait sans doute pu so continuer jusqu'a
terme, si Mme S... n'avait, le lendemain lundi, repris ses occupations ct scs
promenades comme si rien n*6tait trriv6. Le lundi soir, T^coulemcnt san-
guin reprit avec plus d'abondance et les douleurs se ranim^rent, e\ ceite
fois, la nuit n'apporta pas le m6me calme que la pr636dentc, et lo travail sc
continua avec sa forme habituelle dans les avortemcnts de cclto 6poque de
la gestation. Le soir, vers buit beures, sentant les douleurs devenir de plus
en plus vivos, et comprenant bien'que ce travail ne s'arrfiterait plus.



I



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REVUE CLINIQUE. 749

Mmc S. r6clania un m6decin. Les gens de la maison se mirenten campagne
el all^rent frapper k plusicurs portes. qui, pour une raison ou pour une
autre, ne s'ouvrirent point. Enlin le D' X. se rendit aupr^s de la malade et
se pr^para h lui douner ses soins. L'avortemcnt eut lieu ^ neuf heures ct
demie le mardi -2i, s'accompagnant d'un 6coulement sanguin assez mod6r6 ;
mais le fa3tus seul fut expuls6 ; le placenta resta dans la raatrice. Apr^s
avoir attendu un quart d'heure b. vingt minutes, et sans que la perte filt
tr^s-intense, le D' X. crut devoir aller a la rechercbe de ce placenta, en in-
troduisant la main enti^re dans le vagin. Malgr6 tous ses efforts, il ne put
inlroduire qu'un ou deux doigts dans la cavit6 uterine, ct ne retira que dcs
fragments de membranes. Mais ces mancEuvres qu'il prolongea pendant
plus d'une beure, malgr6 leur insucccis, determin^rent chez la malade des
douleurs violentes et provoqu^rent des accidents nerveux qui oblig^rent a
susperidre toute intervention. C'est alors que le D' X. lit prendre k la ma-
lade une petite dose d'ergot de seigle. Apr^s avoir laiss6 reposer sa cliente,
le m6decin voulut recommencer ses tenlatives d'extraction, mais il rencon-
tra une resistance 6nergique de la part de la fcmme et de celle du mari. Ce
fut sur ces entrefaites que Ton vint me chercher, et qu'on me mit au cou-
rant de ce qui venait de se passer.

Je trouvai la malade lrtjs-excit6c, Icsyeux brillants, la respiration courte,
rapide, le facies color6, ^ demi soulev6e sur son s6ant, tremblante, commc
une femme qui vient d'avoir un acc^s de colore, ou qui est menac6e d'ali6-
nation. Cependant elle r^pondit assez bicn k loutcs les questions que je lui
fis, mais ellene se remit compl^tement qu'apr^s m'avoir entendu afOrmer
qu'il n'y avait Hen k faire pour le moment, et qu'il fallait attendre. En
elfet, apres avoir pass6 en revue tous les linges qui avaient 6te macules, et
m'^tre assur6 qu'il n'y avait pas de perte grave, je pratiquai le toucher, qui
me fit reconnaitre un col reform6, dans Icquel on introduisait facilement le
doigt jusqu'^ I'orifice interne, impossible k franchir ; rien en outre ne fai-
sant constater I'engagement d'une portion quelconque de placenta.

Je me retirai en conseillant le repos le plus absolu, le cahne autour de la
malade ct une surveillance active afin de se mettre en garde contre uneb6-
morrhagie possible.

Le lendemain matin, M. S. vint me prier de donner compldtement mes
soins ii sa femme, me disant que Ic D' X. .., venu laveille, lui 6tait totale-
ment inconnu. que sa femme en avait grand'peur et que sa vue seule suf-
fisait, apr^s les douletirs violentes causees par les manoeuvres de la veille,
h lui d6terminer des acc^s nerveux.

Je continuai mes visiles k partir de ce moment.

Le 22, au matin. L'6tat general est satisfaisant, I'ecoulement sanguin ex-
tr^mement mod6r6 ; pas de fievre. Lc soir rien departiculier.

Le 23. Mme S... est un peu plus abattue que laveille. Perte sanguine tr^s-
faible. Lc pouls est plus 61ev6. Les seins ne sont ni gonfl6s ni scnsibles.

Lc 24. Ecoulement k peine ros6, sans odeur, le pouls plus calme, 6tat ge-
n6ral satisfaisant. Quelques picotements dans les seins, un peu de g6ne
quand elle veut rapprocher les bras du tronc.



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730 UEVUE GLTNIQUE.

Le 25. Pas de sang. Lochies un peu plus odorantes que dc coutumc. La
mont6e du lait s'est faite sans fi^vre et sans douleurs, mais las6cr^tionlacUic
est tr6s-peu abondante. A parlir de ce jour, j'ordonne 50 centigrammes de
sulfate de quinine et des injections trois fois par jour.

Le 26. L6g6rc reaction febrile. Lcs seins s'affaissent. Pas de sang. Lochies
k peine odorantes. Dcpuis le 21, il ne s'est pas prodUit une seule contrac-
tion de I'ut^rus. Par le toucher, je trouve le colentr'ouvert, maisil est im-
possible de franchir I'orilice interne. Par le vagin on sent nettement la ma-
trice developp6 comme pour une grossessede trois mois, quoique le foetus
ait 6t6 expuls6. Pendant touta cette p6riode et jusqu'au 28, Tapp^tit restc
bon, et c'est h peine ei les lochies ont pr6sent6 un peu d'odeur. encore n'a-
vaient-elles pas Todeur sp6ciale du placenta en putrefaction. Si bicn que
plus d'une fois j*ai interroge la malade et les assistants pour savoir si le
D' X n'avait pas retir6 le d61ivre par fragments.

Le 28 dans la matin6e on vint me pr6venir que Mme S... perdait du sang.
Jc me rendis pr6s d'elle et trouvai en effet plusicurs serviettes tacb^cs d'un
song trds-rouge, sans odeur. Par le toucber, je constatai un col presque
efrac6, et le doigt p6n6trant dans I'ouvcrture perccvait nettement une por-
tion du d6livre tendant k s*engager. Le doigt 6tait teint de sang plus fonc6
que celui des serviettes et ayant une odeur caracteristique de putrefaction.
Dans la journ^e le travail ayant continue, le placenta franchit roriiico. Les
contractions avaient peu d'6nergie ct ne se renouvelaicnt qu*a des interval-
les assez eloignes, si bien que ce ne futque dans la soir6e que la matrice
finit par se d6barrasserenti6rement du d6livre. Cette expulsion ne s'i'cc^jra-
pagnaque d'une tr6s-16g^re quantit6de sang.Le placenta examine aussiWt
apr^s sa sortie, 6tait rose et frais dans toutes ses parties sauf dans un poinl
large comme une pidce de quarante sous environ oh. il pr6sentaitune teiate
fonc^e noiratre. C'6tait la partie qui en contact avec le col avail commence
h se putr6fier. Ce d6livre 6tait reste sept jours entiers dans la matrice.

Les suites de cet avortement furent si naturelles que dix jours apr^s cette
expulsion tardive du d6livre, Mme S... put prendre le chemin de fcr pour
rentrer chez elle k 100 lieuesde Paris environ.



Pneomonie chez one femme enceinte. Par lo D' Gillet (do Beauzee).

La question de V influence vraie de la grossesse sur la marche et Fissue
de la pneumonie 6tant un sujet de desaccord entre les auteurs, je crois
de mon devoir de publier le cas suivant que je viens d'observer. Ne
pouvant kluiseul servir ^ juger la question pendante, ce sera tou-
jours un element destine h faciliter, plus tard, un travail capable dM-
tablir sur ce point une loi pathologique solide.

Une jeune femme de 31 ans, de tr6s-petite taille et de sant6 d6licale, ha-
bitant le village de Heippes, est enceinte de six mois*
Dans le courant d*avril, elle s'cxpose a un refroidissoment ; aprds deux ou



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REVUE CLINIQUE. T51

trois jours do malaise, le sainedi 21 avril, elle 6prouve lo matin un violent
frisson, le samedi soir elle commence h ressentir uii vif point dc c6t6 k
dtoite. Elle tousse, forte 116vre, etc.

Le dimanche 2-2, m6me 6tat.

Lelundije constate une pneumonie h droite, soufQc, etc. La malade sent
encore son enfant remuer, mais moins fort.

Le pouls k 120. la respiration est h 40.

Lo mardi soir le mal augmente beaucoup ; violentos quintos de toux tr6s-
p^nibles et oppression tr^s-grande, avec cyanose de la face.
' ■ Le mercredi, m6me 6tat : pouls, 130 : respiration, 42.

Depuis le mardi soir elle n'a plus senti son enfant remuer ; do I'herpds
lahialis apparait le m6me jour.

Le jeudi elle est un peu mieux, a eu moins do quintes: pouls a liO ; res-
piration, 34.

Mais le vendredi elle est plus mal que jamais; lo pouls k 132, la respira-
tion passe 40.

Enfin le samedi matin ily a une d6tente, le pouls est k 100, la respiration
^33. Elle commence k sentir son enfant remuer. Pendant trois jours il lui
avait scmbl6 mort, et pendant ces trois jours elle 6prouvait descoliqucs ut6-
rinesintcrmittentes a chaque quinte violente, mais il n'a pasparu do sang.

Au meme jour le point c6de. Los crachats, plus liquides et plus blancs,
indiquent lagu^rison pulmonaire, qui chaque jour est allee se compl6tant.

Le traitement employe a consist6 en sangsues sur le c6te droit et potions
hernietis6es. Lavements Emollients. Quelques opiac6es k titre antiabortif
surtout.

Car, pour moi, je crois qu'on'doit a tout prix cbercher k empficher un
avortcmcnt en pareil cas, et Topium est indiqu6 parson action sedative ^ tant
sur Ics fibres uterincs que sur Vappatril respiratoirc.

La durde et la marche ont dte tout ordinaires. et Tissue favorable.
Uncas seul ne dit rien; mais, si j'en appelle h mes souvenirs, i'opi-
nion de Grisolles sur rinfluence desastreuse de la grosscsse en cas de
pneumonie est tr6s-exagdr6e, et n'est guere vraie que pour les cas oil il
y a avortement. (Gaz, des Mpita^ix,)



Kyste de I'ovalre comme cause de dystocie. Par M. Baader {Coi^es-
pondenzblatt f. Schweiz. Acrte, 1875, no 16.)

La femme Sch., 32 ans, primipare, arrive k terme le 21 octobre 1874,
apr^s une grosscsse normal e.

Lrs douleurs continuent presque sans interruption pendant deux jours*
Au bout de ce laps de temps, on appelle le m6decin. II constate une t6te
volumineuse solidement enclav6e au detroit sup6rieur. Douleurs continues.
Bassin normal.

Le troisi^me jour, m^me 6tat. Les contractions ont diminu6 d'intensit6 ;
Ic pouls est plus petit, fr6quent (124 pulsations) ; tout le ventre est den-



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752 REVUE DES S.»CIETES SAVANTES.

sible. L'exploration digitale r6v61 k droite et h gauche de l*ut6rus, une
tumeur sonore a la percussion tj ipanitique, qu'on prend pour la masse
intestinale. L'enfant vit toujours. Application du forceps apr^s anesthesia
chloroformique. Tractions vaines pendant cinq quarts d'heure. Une heure
apr6s, nouvelle application du forceps sans r6sultat aucun, en presence
d'un confrere appel6 en consultation. 11 ne restait plus qui pratiquer la
cfphalotripsie. Ainsi fut fait. La t6te broy^e, I'accouchement ne se lit tou-
jours pas. On introduit alors un crochet aigu courbe dans la plaiedu cr4ne,
ct apr6s I'avoir fait passer par un point sym6trique du c6t6 oppose, on
r6us8it apr^s plusieurs tractions k attircr l'enfant au dehors.' II d6passait
de beauccup comme dimensions ct comme poids la moyenne des enfants
n6s k terme.

Malgr6 la perte de substance qu'on lui avait fait ^prouver, il pesait
4 125 grammes et mesurait 60 centimetres de long. L'ut^rus se contracla
bien et expulsa le placenta au bout d'un quart d'heure. La palpation du
-ventre r6v6la ensuite la presence d'unc tumeur arrondie, du volume du
poing, situ6e du c6t6 droit, vers le fond de la matrice. On crut i une col-
lection sanguine par suite de rupture de la matrice. Le lende.Tiain matin
la malade succomba.

L'autopsie montra les d6tails suivants : k droite de rut6rus existe une
tumeur de la grosseur d*une t^te de foetus k terme, p6dicul6e et d^gagec
d*adh6rences dans toute son ^tendue. L'ineision de la tumeur donne issue
k un liquido trouble, cas6eux, dans lequel nagent des cheveux blonds et
des polls en grande quantit6. L'origine de la tumeur est Tovaire droit, e£ la
vari6t6 appartient k la classe des tumours dermoides. P6ritonile partielle
vers le fond de la matrice. Pas d'6panchement dans la cavit6 periton6ale.
Ut6rus intact.

L'auteur conclut en disant que la section abdominale scule edt pu offrlr
quelque chance do vie k la m^re ct k l'enfant, en supposant que le diag-
nostic eUt pu 6tre pos6 avant Taccouchement ou pendant la grossessc.

{Gaz. nUd. de Strasbourg,)



REV UK DES SOGIETES SAY ANTES.



SOCIETE ANATOMIQUB.

Description d^an foetus liumain monstraeux de la famiile des
ac^plialiens ; par lo Dr H. Rendu.

Ce monslre estn6 en novembre 1874, k Crenelle, au bout de sept mois de
gestation, d'une couche g6mellaire. L'autre foetus 6tait bien conforme et
a v6cu quelqucs' jours. L'accouchement, comme la grossesse, n*ont rien
pr6sent6 d'anormal. La m^re avait deji eu d'autres enfants; aucun d'eux
n'avait offert de vice do conformation.



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RE VIE DES SOCIETES SAVANTES. 753

Le placenta 6tait unique pour les deuxsujets : c'est 1&, du reste, une par-
ticularity qui a toujours 6t6 observ6e en pareil cas. 11 6tait volumineux et
s'est d6tache facilement apr6s I'accouchement.

Un seul point ra6rite d'etre signals, qui peut-6tre a de la voleur ; c'est
que sur certaines regions les cotyledons faisaient d6faut et les membranes
apparaissaient k nu. Ceci se voyait notamraent au niveau do I'intersection
du cordon ombilical du foetus monstrueux. Ce cordon, long et grftle, d*une
dizaine de centimetres environ, prenait sa naissance k la p6riph6rie du
disque placentaire et se trouvait directement en contact avec les mem-
branes.

Quant au monstre lui-m6me, voici ses caracthres exUrxeurs : c'est une
masse ovoide, arrondic aux deux extr6mit6s qui forment deux renflements,
k peine r6trecie i la parlic moyennc, sans qu*on puisse voir \k un 6trangle-
ment veritable, ni une limite entre la portion c6phalique etla portion cau-
dole. Toute cette masse est molle, tromblotante, s'affaissantsur ellem^me.
La peau est bien conform6e et a Tapparence du tegument normal, mais
ellc est sur quelques points, particuli^rement au niveau du renflement su-
p6rieur, cDdomaleuse et comme infiltree de s6rosit6. A sa surface se mon-
trent des polls foUets assez longs, analogues au duvet qui tapisse le corps
des enfants nouveau-n6s.

Ln partie post^rieure de cette masse n'offre rien k signaler. Elle est curvi-
ligne, parfaitement homogftne, sans aucune saillic ni depression autre que
les plis determines par I'affaissement des parties molles. Elle pent fitrecom-
paree tout k fait au bord post6rieur du rein, dont elle pr6senle k peu pr^s
la courbure.

La region anterieure, au contraire (qui correspondrait au bile du rein),
offre quelques particularites k noter.

A Tunion de son tiers sup6rieur avec les deux tiers inferieur«, elle est
coupee par un sillon transversal assez accuse. C'est en ce point que vien^
s'inserer le cordon ombilical. Au-dessus, on ne trouve rien qui soit I'indice
d'une ebauche d*organisation de la tete ; pas une fente qui annonce la
bouche, pas une depression qui puisse etre consideree comme des yeux ou
des oreilles ; k peine une ou deux phlyctenes sans signification, et qui ne
repondent 5, aucun organe. En un mot, cette extr6mite superieure est ex-
clusivement constituee par un renflement amorphe reconvert par la peau;
on n*y trouve pas trace d*organe des sens sur la ligne mediane. Toutefois, du
c6te gauche de la depression ombilicale, il existe une leg^re depression cir-
culairc tapissee par une sorte de bourrelet d'oCi s'6chappent des polls plus
longs et plus nombreux que sur les parties voisines. Cette depression
pourrait peut-etre repondre k la description d'une paupiere; mais la
dissection des parties sous-jacentes n'a montr6 aucun rudiment d'organe
analogue k un globe oculaire; la seule particularite k noter, est que le
fond de la depression en question vient s'aboucber k une sorte de cordon
fibreux long de i centimetre environ, et dans lequel on ne saurait voir un
nerf optique, car le microscope n'y fait d6couvrir aucun tube nerveux.

Les membres sont representes par des esp^ces de bourgeons informes qui
Archivet de Tocolcgie — di&cbmbbb ^875. 48



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754 REVUE DES SOGIETES SAVANTES.

different notablement suivant qu'on les examine dana le segment supdrieur
ou dans le segment inf6rieur.

Imm6diatement au niveau de la depression ombilicale, on voit, de chaquc
cdt6 de ]a ligne m^diane, deux appendices qui paraissent des rudimeats
de membres sup6rieurs. — Ces deux appendices ne sont pas ins6r68 k la
m6me hauteur : celui du c6t6 droit est plus bas que son cong6n6re du odt6
gauche, en sorte que, lorsqu'on regarde le fajtus par sa partie lat6rale, h
droite, le cordon ombilical paralt s'ins6rer au-dessous du membre, et a
gauche au-dessus. — Ces deux moignons pr6sentont des caract6res communs :
ils sont form6s par une duplicature de la peau, qui est plus serr6e, moins
oed6mateuse, et qui dessine des plis plus accuses ;. les polls y sont plus
nombreux que sur le reste du corps. Du reste, aucune trace appreciable
d'ongles ni de digitations. On ne peut donner oe nom, en effet, k des inci-
sures peu prot'ondes qui se voient lat6ralement au niveau de ces appendices
et qui constituent de simples fronoements de Tenveloppe cutanee. Ajoutons
qu'ils se terminent par une extr6mit6 mousse, arrondie, 16g6rement spatu-
1605 qu'ils sont manifestement constitu6s exclusivement par des parties
niolles, sans vestige de charpente osseuse. La dissection la plus minutieuse
n'a montre dans I'^paisscur de ces moignons aucun noyau cartilagineux ou
osseux..Ce sont done des t6moins qui repr6sentent la place des membres su-
p6rieurs, maisleur organisation est k peine k Tetat d'6bauche. Tout autres
se pr6sentent les membres inf6rieurs. lei, on est d'abord frapp^ de la
aym6trie qui existe entre le c6t6 droit et le gauche. — A droite, il n'existo
pas trace de membres inferieurs, pas le moindre bourgeon, aucune elevure
indiquant la position du pied : la seule particularit6 que Ton constate est
I'existence d'une 16gere depression, qui correspond k peu pr^s au si6ge
presume du membre inf6rieur droit, mais qui ne se rattache k aucun detail
d'organisation interieure, comme I'a d6montre I'autopsie, — A gauche, au
oontraire, le membre inferieur estreiativementbienconforme. On distingue
un appendice qui simule grossierement la forme d'un pied (fig. 1, 4), dont la
plante regarderait en haut et en dedans, et qui aurait subi sur lui-meme
une assez forte torsion. A Textromite de ce moignon se voient deux tuber-
cules qui peu vent etreconsid6r6s comme des rudiments d*orteils, mais qui ne
pr6sentent pas la moindre trace do productions ungu6ales.Ge qui differencie
surtout cet append! cedes precedents, c*est qu'il est facile desentir la presence
d'une veritable voutetarsienne. On peu tconstater6galementparle toucher que
les OS se continuent^ la partie posterieuredu moignon puis slnfiechissent brus-
quement sur eux-memes en formant une saillie angulaire : cette saillie te
dessine d'ailleurs par un relief tres-accentue lorsque Ton examine la moiti6
laterale gauche du foetus. Comme pour les membres superieurs, d'ailleura,
il n'y a pas de digitations bien prononcees, et Ton ne rencontre que des in-
cisures irreguliercs, au nombro de quatre, qui divisent la face plantaire du
membre inferieur en segments inegaux.

Telles sont les particularit6s que reveie I'etudc de la conformation exte-
rieure chez ce foetus : p6netrons malntenant dans les details de son organi-
sation .



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REVUE DES SOCI^TES SAVANTES. 7o5

Une incision longiludinale, pratiqu6e le long du bord convexe post6rieur,
fait d'abord constaterque la majeure partie de la masse totale est constitute
par du tissu conjonctif assez lAche, infiltr6 de s6ro8it6, et qui s'affaisse con-
8id6rableroent apr^s que le liquide qui rimpr6gnait a eu le temps de 8'6-
couler. — Ce tissu cellulaire est travers6 par des trainees fibreuses dispo-
86es suivant diff^rentes directions, et qui circonscrivent des espaces remplis
de pelotons adipeux ~ II occupe une 6paisseur de pr6s do 3 centimetres,
avant que Ton rencontre aucun vestige d'organisation. Cettecouche une fois
iranchie, on se trouve en presence de ce qui constitue la charpente osseuse
du foetus.

Cette charpente osseuse se compose de trois pieces principales : !• un
membre inf6rieur complet, comprenant f6mur, tibia et p6ron6, ps du tarse
ct du m6tatarse : "l** un bassin form6 de deux os distincts, I'illiaque et Tis-
chion : 3® enfin une masse osseuse, de forme irr6guli6ro, superpos6e k Ti-
liaque, et qui constitue le rudiment de la colonne vert6brale.

Ainsi, le fait le plus saillant de Torganisation de ce foetus, c'est Tabsence
totale du squelctte du crAne, de la face et des membrcs sup6ri2ur8. Pas
une pi^ce ne repr^sente soit Ics debris du frontal ou du temporal, soit Jes
vestiges d'une omoplate ou d'une clavicule. La pi^cc m6me qui sert do t6-
moin de la colonne vert6brale est atropbi^e, incomplete, et n'a pas s,uivi i
beaucoup pr6s le d6veloppement des os qui constituent le membre inf6rieur
gaucbc, le sciil qui existe. Cclui-ci semble avoir absorbs k son profit la nu-
trition de toutes les autres parties du squelette. Ainsi, le f6mur, k lui seul
(fig. % 6), mesure plus de six centimetres de longueur, c'est-i-dire qu'il est
presque aussi dovelopp^ que celui d'un foetus normal de 9 mois. De mfime
le tibia et le p6ron6 ont environ 4 centimetres, le pied 2 centimetres, di-
mensions enormes, surtout si on les compare k la longueur totale du foetus,
qui n'excede guere 15 k 17 centimetres. Aussi, ces diverses pieces du sque-
iette du membre inferieur sont-ellts pliees sur elles-memes; le f6mur et
I'iliaque occupant la ligne m6diane, les os de la jambe sont fiechis, et le
pied est tordu & son tour sur la jambe, dans Tattitude du bied-bot varus.
Toutes ces parties sont d'ailleurs parfaitement conformees et remarquable-
ment d6velopp6es. Ainsi on distingue les diverses faces de I'os iliaquc, les
apophyses et les echancrures du bassin ; le femur s'y articule par un col qui
p6netre dans une cavite cotyloide : les articulations de la hanche, du genou,
du p6rone et du tibia ont toutes leurs ligaments et presentent, aux dimen-
sions pr»^s, I'aspect qu'elles auront plus tard : un ligament interosseux deji
tres-fort s6pare le tibia du peron6 ; enfin Ton pent reconnaltre dans le massif
osseux du pied, la plupart des pieces du tarse, particulierement le calca-
n6um et Tastragale. Tons ces os, indopendamment des ligaments qui les re-
lient entrc eux, envoient des tissus fibreux qui se continuent avoc le tissu
cellulaire voisin, et finalement s'inserent k la face profonde du derrne.

Au-dessus de Tiliaque so voit une piece osseuse qui est loin d'etre aussi
bien d6velopp6e. — Cost une sortc de masse osteo-fibreuse allongee, solide
tormin6o par une arrCtc saillante triangulaire, et dirig6e obliquement par
rapport a Tiliaquc et au femur; il semble que cette masse ait subi une in-



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7o6 REVUE DES SOCIETES SAVANTES.

flexion sur elle m6me, etsc soit recourbeo de fagon a pr6senter sa conca-
vit6 vers le hile du foetus. Bien que les divers fragments qui constituent ce
massif osseux soit intimement soud6s, il est facile d'y reconnaitre des rudi-
ments de vertebras, grAce k ia disposition reguli^rement alternante du tissu
osteo-cartilagineux. G'est done la colonne vert^brale qui setrouve situ6e kce
niveau, mais la colonne vert6bralc tr6s-attenu6e ct tr6s-r6duite, puisque
Ton distingue k peine trois vert^bres, etque laquatri6raen'e&t qu'un noyau
cartilagineux informe. En raisonnant par analogic, il est done presumable
que la porton sacr6e seule, ou au maximum la portion sacro-lombaire du ra-
chis, a subi un commencement de d6veloppement ; toutes les parties sup6-
rieures de I'axe osseux cer6bro-rachidien n'ont rcQu aucune 6bauche d*orga-
nisation.

L'6tude des autres organes de Tembryon montre des arrets de d6veloppe-
ments analogues. On ne rencontre aucune trace des poumons ni du ccEur : la
partie sup6rieure du canal intestinal ne paralt pas non plus representee. II
en est de mSme de ces organes qui souvent acqui^rent chez le foetus des di-
mensions considerables : je veux parler du thymus et du corps tyroide. En
un mot, tons' les visc^res destines k occuper la cavite thoracique, k plus
forte raison la region cervicale, font absolument deiaut, au meme titre que
la charpente osseuse de la moitie superieure du corps.

Seuls, iQSvisceres abdominaux ont regu un commencement d'organisation .
Immediatement k gauche de Tos iliaque (en regardant Je foetus par sa par-
tie anterieure) se dessine une sorte d'intumescence, de poche circonscrife
par une membrane fibreuse. Gette membrane, qui prend ses insertions sur
le pourtour de la crete iliaque, selnble un rudiment des apon6vroses abdo-



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